COVID: La 3e dose très efficace chez les immunodéprimés, note une première étude
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COVID: La 3e dose très efficace chez les immunodéprimés, note une première étude

Une recherche de l'hôpital Beilinson établit que deux fois plus de receveurs de greffe ont développé des anticorps suite au rappel par rapport à ceux qui ont reçu deux doses

Des Israéliens de plus de 60 ans reçoivent leur injection de rappel contre la COVID-19 dans un centre temporaire de vaccination de la Clalit à Tel Aviv, le 10 août 2021. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Des Israéliens de plus de 60 ans reçoivent leur injection de rappel contre la COVID-19 dans un centre temporaire de vaccination de la Clalit à Tel Aviv, le 10 août 2021. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

L’injection de rappel contre la COVID-19 est hautement efficace chez les personnes immunodéprimées et permet de multiplier par deux le nombre d’individus développant des anticorps parmi les malades ayant reçu des greffes du cœur, des poumons ou du rein, selon les tout premiers résultats d’une recherche actuellement réalisée à l’hôpital Beilinson de Petah Tikva.

Les résultats initiaux de l’étude, qui ont été rendus publics mardi et qui sont actuellement relus par des pairs en vue d’une publication dans un journal médical, ont établi que 73 % des personnes ayant antérieurement reçu une greffe de rein avaient développé des anticorps et une réaction immunitaire suite à la troisième dose tandis que seulement 35 % en avaient développé après la deuxième.

Ces résultats se basent sur l’étude de 40 patients immuno-déprimés qui ont été testés aux anticorps avant et après l’administration de l’injection de rappel. L’étude toute entière portera sur 300 personnes, a annoncé l’hôpital.

Parmi ceux qui ont reçu une greffe du poumon, 33 % ont développé des anticorps après la troisième dose alors que seulement 18 % en avaient développé après la deuxième. Concernant les receveurs d’une greffe du cœur, 58 % ont développé une réponse immunitaire contre 31 % après les deux premières injections.

Aucun effet secondaire majeur n’a été observé à l’exception d’une douleur à l’endroit de la piqûre.

« Nous recommandons à tous ceux qui ont reçu une transplantation d’organe d’aller se faire injecter une dose de rappel qui sauve des vies », a commenté le docteur Tuvia Ben Gal, directeur de l’unité d’insuffisance cardiaque de Beilinson, dans un communiqué accompagnant les résultats de l’étude.

Par ailleurs, selon un éminent expert, les données initiales qui sont actuellement rassemblées suggèrent que la troisième dose aide généralement à prévenir l’infection à la COVID-19.

« Les indications que nous recevons aujourd’hui sont, en effet, préliminaires mais elles sont très, très bonnes concernant la prévention de la maladie », a déclaré devant les caméras de la Douzième chaîne Gabi Barbash, ancien directeur du ministère de la Santé.

Il a ajouté qu’il y aurait des données plus sûres sur l’efficacité de la troisième dose dès le week-end prochain et noté que si les chiffres « restent tels qu’ils apparaissent aujourd’hui », le ministère de la Santé recommandera probablement aux Israéliens âgés de 40 ans et plus de se faire administrer un rappel.

L’État juif avait commencé à offrir une troisième dose de vaccin contre le coronavirus à tous les citoyens immuno-déprimés le mois dernier, citant des « preuves cumulées » qui indiquaient que ce public particulier n’était pas suffisamment protégé après les deux doses.

Un homme reçoit une troisième dose du vaccin Pfizer-BioNTech contre le coronavirus au Sheba Medical Center, le 12 juillet 2021. (Jack Guez/AFP)

La décision prise par le ministère de la Santé s’est basée sur les délibérations des médecins et des responsables israéliens. Elle a été prise avant l’autorisation du principe d’une injection de rappel sur les patients immunodéprimés par les régulateurs internationaux tels que la FDA (Food and Drug Administration) américaine.

Ce n’est pas la première fois que l’État juif devance les régulateurs américains ou européens : Début 2021, Jérusalem avait autorisé la vaccination des enfants immunodéprimés avant que la FDA ne prenne une décision dans ce sens.

Au cours du mois de juillet, Israël a lancé une campagne d’administration d’une troisième dose aux personnels de santé et aux citoyens de 60 ans et plus – une autre campagne pionnière en son genre.

Le ministère de la Santé a annoncé lundi que sur les 600 000 Israéliens environ qui ont reçu une injection de rappel, moins de 50 avaient fait part d’effets secondaires.

Les responsables tentent d’encourager les citoyens à aller se faire administrer les précieuses doses, espérant qu’une vague massive de vaccination dans les prochaines semaines pourrait aider à éviter un confinement qui pourrait s’imposer pour réduire la propagation du variant Delta du coronavirus, très contagieux.

Lundi, le Premier ministre Naftali Bennett a demandé au ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, et au Commissaire de la police israélienne, Kobi Shabtai, de renforcer les sanctions contre les éventuels contrevenants aux règles mises en place dans la lutte contre le coronavirus au cours des prochaines semaines – même si cela doit se faire au détriment d’autres opérations – afin d’aider à éloigner la perspective d’un nouveau confinement dans le pays, qui serait le quatrième depuis le début de la pandémie.

Un restaurant fermé dans la rue Dizengoff à Tel-Aviv, pendant un confinement national, le 6 janvier 2021 (Miriam Alster/FLASH90)

Sur une population de 9,3 millions de personnes, plus de 5,8 millions d’Israéliens ont reçu au moins une dose de vaccin. Presque 5,4 % ont terminé leur parcours vaccinal initial et presque 580 000 ont d’ores et déjà bénéficié d’une injection de rappel.

Ce sont plus de 6 000 personnes qui ont été testées positives au coronavirus dans la journée de mardi – un chiffre quotidien qui n’avait pas été enregistré depuis le début du mois de février. De plus, le nombre de cas graves frôle de près les 400.

Sur 130 669 tests qui ont été effectués lundi, 6 275 sont revenus positifs, soit un taux de positivité de 4,84 % — le taux le plus élevé au sein de l’État juif depuis le début du mois de mars.

Mardi matin, 648 personnes étaient hospitalisées après des complications de la COVID-19. 394 personnes sont dans un état grave et 64 sont placées actuellement sous respirateur.

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