Covid : Les restaurateurs réclament l’annulation des amendes
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Covid : Les restaurateurs réclament l’annulation des amendes

Ils expliquent à la Knesset qu'ils ne peuvent pas payer les pénalités financières qu'ils doivent dans un contexte de manque de main-d'œuvre et de nouvelles restrictions

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Le marché de Sarona à Tel-Aviv accueille de nouveau des clients, le 21 avril 2021. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)
Le marché de Sarona à Tel-Aviv accueille de nouveau des clients, le 21 avril 2021. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Craignant un nouveau confinement, les restaurateurs sont allés à la Knesset lundi pour demander aux députés d’annuler les amendes reçues pour violation des restrictions mises en place dans le cadre de la lutte contre la pandémie.

Plusieurs confinements imposés dans le pays ont décimé de nombreuses entreprises, l’année dernière, avant que le déploiement du vaccin n’ait permis la reprise de la majorité des activités. Toutefois, la propagation du variant Delta, hautement contagieux, a entraîné des inquiétudes sur la possibilité de voir apparaître de nouvelles restrictions.

Les représentants des restaurateurs ont déclaré ne pas pouvoir assumer le coût des anciennes amendes, en particulier face à la perspective de nouveaux confinements qui pourraient encore nuire à leurs activités économiques.

« Nous parlons au nom d’un groupe entier d’entrepreneurs qui veulent faire savoir qu’ils ne peuvent pas payer les amendes », a commenté Hila Formosa Rafael, propriétaire d’un restaurant, auprès du site Ynet, peu avant la rencontre de la Commission économique de la Knesset qui a été organisée à ce sujet.

Michael Biton, du parti Kakhol lavan, avait réclamé une réunion urgente de la commission « parce qu’il comprend qu’il est terrible que les commerçants, qui hurlent ‘à l’aide’, se retrouvent dans l’obligation de payer ces amendes irrationnelles », a expliqué Lili Ben-Shalom, à la tête d’un groupe représentant les propriétaires de restaurant.

Le groupe a affirmé que les responsables avaient annulé les amendes qui avaient été données à des manifestants ou à des Israéliens qui avaient contrevenu aux restrictions pour des raisons religieuses mais qu’ils avaient maintenu celles qui avaient été distribuées aux entrepreneurs pour des infractions mineures, comme autoriser les clients à venir prendre leurs commandes à emporter au lieu de les livrer à domicile.

Ben-Shalom, propriétaire du restaurant Lela à Tel Aviv, a expliqué que les commerces devaient en moyenne 5 000 à 25 000 shekels d’amendes.

Elle a estimé qu’il n’était pas réaliste de demander aux restaurateurs de vérifier les Pass sanitaires – qui sont une preuve d’une vaccination contre le coronavirus ou d’une rémission de la maladie – de chaque client. Les allocations-chômage distribuées aux employés ont entraîné une pénurie de main-d’œuvre qui rend d’autant plus difficile la mise en vigueur des directives, a-t-elle continué.

Le groupe a indiqué qu’au cours des précédents confinements, les règles avaient souvent changé à l’insu des principaux concernés, sans explication claire, ou qu’elles avaient changé à la dernière minute, compliquant une mise en conformité avec les mesures adoptées.

Il a clairement établi devant les députés, pendant l’audience de la Knesset, que les restaurateurs ne pouvaient pas s’acquitter des amendes, se plaignant du dénigrement affiché par la police quand elle faisait appliquer les règles.

La commission a ordonné d’annuler les doubles amendes émises pour certaines infractions et d’étaler les paiements, sans annuler le reste des sanctions.

Biton a recommandé aux responsables d’émettre des mises en garde, de transformer certaines vieilles amendes en simples avertissements et de procéder à une « mise en œuvre informée » des restrictions.

Malgré plusieurs mois de quasi-normalité, l’économie israélienne est encore en train de se rétablir des effets de la première année de la pandémie. Le chômage est encore élevé même si le gouvernement a mis un terme à la plus grande partie des mesures de soutien appliquées pendant la crise de la COVUD-19 et les salaires sont encore en train de se rééquilibrer avec le retour des travailleurs sur le marché de l’emploi.

De leur côté, les responsables de la santé et les députés émettent de sévères mises en garde et des plaidoyers dans un contexte où le variant Delta entraîne une reprise des infections dans le pays.

Lundi, le directeur-général du ministère de la Santé, Nachman Ash, a expliqué que son bureau s’inquiétait du taux accru d’infection et qu’il réfléchissait à élargir les restrictions avec notamment des limitations imposées aux entreprises, dans les prochains jours. Le gouvernement, cette semaine, a réimposé des quarantaines obligatoires pour les voyageurs revenant de certaines destinations.

Selon un reportage qui a été diffusé dimanche par la Douzième chaîne, d’éminents ministres réfléchissent à mettre en œuvre un plan d’urgence pour soulager le système de soins et empêcher un quatrième confinement.

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