COVID : Sharon Alroy-Preis raconte sa vie sous les menaces
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COVID : Sharon Alroy-Preis raconte sa vie sous les menaces

La police lui a donné un boîtier permettant de sonner l'alerte face au harcèlement des anti-vax

Le docteur Sharon Alroy Preis, cheffe des services de santé publique au ministère de la Santé, au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 14 juillet 2021. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
Le docteur Sharon Alroy Preis, cheffe des services de santé publique au ministère de la Santé, au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 14 juillet 2021. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Sharon Alroy-Preis, médecin de carrière et directrice des services de santé publique au sein du ministère de la Santé, a raconté vendredi que les autorités lui avaient donné un dispositif permettant d’alerter la police en cas de potentiel danger suite au harcèlement qu’elle subit en permanence de la part des anti-vax et aux menaces dont elle fait l’objet.

« Ce n’est pas une période facile et il faut vous souvenir que si je suis fonctionnaire, je suis également un être humain et que j’ai une famille. Quand mon petit garçon de sept ans me demande pourquoi des gens restent devant la maison et pourquoi ils me traitent d’ ‘assassin d’enfant’, c’est très difficile », a expliqué Alroy-Preis devant les caméras de la Douzième chaîne.

Des dizaines d’anti-vax ont organisé une manifestation devant le domicile d’Alroy-Preis, le mois dernier, certains participants la qualifiant de « fille du diable » et « d’assassin nazi ».

« Quand mon fils de neuf ans m’envoie une vidéo de YouTube montrant les manifestants devant la maison et qu’il me demande : ‘Qu’est-ce que c’est que ça ?’, c’est très dur », a-t-elle continué.

Alroy-Preis a indiqué à la chaîne qu’après avoir reçu des menaces, un dispositif lui permettant d’alerter les forces de l’ordre lui a été remis.

« Les discours ont dégénéré, ils sont devenus abusifs, violents, sans aucune profondeur, dégradants et il faut faire quelque chose », a poursuivi Alroy-Preis.

Elle a ajouté qu’elle avait porté plainte pour les menaces reçues. « C’est un phénomène anormal dans une démocratie où un fonctionnaire se contente de faire son travail », a-t-elle affirmé.

Lundi, un individu qui intervenait via Zoom dans le cadre d’une réunion à la Knesset se serait laissé aller à une insulte au moment où elle était en train de parler.

Elle a précisé que cette personne qui a prononcé le mot « Bat zona » – « fille de pu… » – n’a pas encore été identifiée.

« C’est humiliant pour la Knesset qu’il n’y ait pas d’enquête ouverte là-dessus parce qu’un incident tel que celui-ci ne peut pas être passé sous silence. Je trouve difficile à croire qu’au 21e siècle, il ne soit pas possible de faire une enquête minutieuse et d’identifier qui est cette personne », a-t-elle ajouté.

Alroy-Preis a été très critiquée dans le passé, notamment par des membres du cabinet qui – tout en demandant l’anonymat lors de fuites auprès des médias – ont estimé qu’elle avait un positionnement trop extrême en faveur des restrictions mises en place dans la lutte contre la COVID.

Le Premier ministre Naftali Bennett et le ministre de la Santé Nitzan Horowitz avaient tous deux émis des communiqués, le mois dernier, prenant la défense d’Alroy-Preis, disant qu’ils ne toléreraient pas les attaques personnelles à son encontre et rendant hommage à une haute-fonctionnaire dévouée.

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