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Darmanin « ne retire rien » ses propos sur les rayons « communautaires »

Le ministre avait précisé ne pas critiquer "les consommateurs" mais "ceux qui leur vendent quelque chose" : "le capitalisme a aussi une responsabilité dans la société"

Illustration : Un rayon dans une épicerie de Tel Aviv, le 23 octobre 2019. (Photo : Times of Israel)
Illustration : Un rayon dans une épicerie de Tel Aviv, le 23 octobre 2019. (Photo : Times of Israel)

Gérald Darmanin n’a « pas un mot à retirer » à ses propos contre les rayons « communautaires » des supermarchés ayant suscité un début de polémique, a tweeté mercredi le ministre de l’Intérieur, au moment où le gouvernement est à l’offensive contre l’islamisme.

« Je n’ai pas un mot à retirer à mes propos », écrit le ministre : « Pas un. Oui le capitalisme a aussi une responsabilité dans la société, tout ne peut pas faire objet d’argent. Merci d’écouter mes propos en entier. Ils sont éminemment républicains. »

Mardi soir sur BFMTV, M. Darmanin s’était dit « toujours choqué d’entrer dans un hypermarché, de voir qu’il y avait en arrivant en rayon de telles cuisines communautaires ». « C’est comme ça que ça commence, le communautarisme », avait-il jugé.

« Moi, ça ne me choque pas », avait répliqué mercredi matin le président de l’Assemblée Richard Ferrand sur la même chaîne : « Quand je fais mes courses, je vais au rayon produits bretons, parce que je suis breton ».

« Dans ma circonscription à Châteaulin » (Finistère, NDLR), expliquait M. Ferrand, « il y a une grande entreprise qui exporte 500 000 tonnes de poulet par an vers l’Arabie saoudite, et c’est du poulet halal », et « cela permet à des filières entières de vivre. »

« Qu’on aille dans un hypermarché casher ou halal pour acheter des produits, chacun peut le faire, où est le problème ? » avait plaidé mardi soir Gérald Darmanin. Mais que « de grandes entreprises françaises » aient proposé à la vente « telle ou telle consommation tout à fait respectable », « parce qu’ils ont envie de gagner de l’argent sur le communautarisme, moi personnellement, ça me choque ».

M. Darmanin avait ensuite précisé ne pas critiquer « les consommateurs » mais « ceux qui leur vendent quelque chose ». « Je comprends très bien que la viande halal soit dans un supermarché. (…) Pourquoi des rayons spécifiques ? C’est ça que je regrette ».

« Ces propos puent la manipulation », a dénoncé sur Twitter Michel Edouard Leclerc, le président du Comité stratégique de l’entreprise. « On peut évidemment vendre du casher et du halal en étant patriote. J’invite les consommateurs et les salariés de la distribution à ne pas consacrer trop de temps à ces polémiques politiciennes », a-t-il ajouté.

Interrogé plus tôt à l’issue du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait estimé que « le jour où la question des rayons de supermarchés sera prioritaire pour le gouvernement, c’est que nous aurons réglé un certain nombre d’autres questions auparavant ».

Le député LR Eric Ciotti a approuvé de son côté M. Darmanin, estimant que l’existence de rayons halal « traduit cette lente et certaine dérive communautaire, cette pression communautaire » qui a pu être constatée aussi selon lui lorsque Décathlon avait proposé à la vente des « niqabs sportifs ».

« Un séparatisme de la viande en quelque sorte ? » a ironisé sur Twitter le député France insoumise Adrien Quatennens, appelant à « l’urgence d’un retour à la raison pour faire face à ceux qui nous menacent. »

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