De nouveaux artefacts évoquent une bataille sur le mont du Temple durant la guerre des Six jours
Des balles et des douilles découvertes dans les décombres et examinées par le projet de tamisage sur le mont du Temple font naître des questions sur d'éventuels combats durant le guerre de 1967 pour le lieu le plus saint du Judaïsme
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Y a-t-il eu un combat sur le mont du Temple au cours de la guerre des Six jours ? De nouvelles trouvailles découvertes par le projet de tamisage sur le mont du Temple laissent au moins penser à des échanges de tirs sur le site le plus sacré du judaïsme durant sa reconquête en 1967 alors qu’il se trouvait sous le contrôle des Jordaniens.
Le projet de tamisage a repris littéralement le célèbre propos qui avait été tenu par le commandant des brigades de parachutistes Mordechai « Motta » Gur : « Le mont du Temple est entre nos mains ».
Depuis 2005, les archéologues professionnels et bénévoles du projet ont minutieusement pioché dans l’équivalent des 400 cargaisons de camion de terre qui avaient été enlevés illégalement en 1999 par le Waqf islamique jordanien qui administre le lieu saint durant une rénovation de la section des écuries de Salomon sur le mont.
Dirigé par le docteur Gabriel Barkay et Zachi Dvira (Zweig), le projet a été mené sous les auspices de l’Université Bar-Ilan avec l’aide de l’Autorité chargée des Parcs nationaux et de la fondation de la cité de David. Actuellement, malgré des assurances gouvernementales, il fait face à des incertitudes de type financier.
Parmi le demi-million d’objets fabriqués découverts durant le tamisage, des douzaines d’articles, dont des magasins de mitrailleuses, des balles, des pièces jordaniennes et des badges d’uniforme militaire qui, selon le projet, « pourraient être liés avec l’arrivée de l’armée israélienne sur le mont du Temple pendant la guerre des Six jours ».
En l’honneur de la réunification de Jérusalem, le projet de tamisage du mont du Temple présente une exposition temporaire de certains des artefacts en liaison avec la guerre des Six jours, des munitions anciennes, ainsi que des carrelages à motifs reconstitués qui ornaient les sols de la cour du temple de Hérode, sur la place centrale du quartier juif de la Vieille ville de Jérusalem (à côté de la bijouterie Moriah).
Conscients des conséquences d’éventuels dégâts commis à la mosquée al-Aqsa et au Dôme du Rocher, les tirs des Israéliens se sont positionnés de manière à épargner le mont du Temple. En effet, il est généralement estimé que peu de balles israéliennes ont visé le mont du Temple pendant la guerre et qu’il doit donc n’y avoir que peu de traces laissées par des armes israéliennes (toutefois, après la capture du site, il a été découvert que les Jordaniens avaient stocké des caisses d’armes sur le mont du Temple).
De 1948 à 1967, la Vieille ville de Jérusalem était une zone interdite aux Israéliens et, lorsque la guerre des Six jours a éclaté, Israël n’avait pas préparé de plan visant à recapturer la zone.
Selon le récit d’un témoin oculaire, le journaliste Abraham Rabinovich, rapporté en 2007, « lors de la seconde nuit de la guerre, le gouvernement s’est réuni pour décider du sort de la Vieille ville. Selon Rabinovich, le ministre de la Défense de l’époque, Moshe Dayan avait prôné d’entourer les murs de la Vieille ville et de l’assiéger. Il craignait des pertes humaines – et des retombées politiques internationales – s’il devait y avoir une bataille sanglante dans les lieux saints.
Deux autres ministres, écrivait Rabinovich, s’étaient opposés à la capture, tandis que le ministre des Affaires étrangères Abba Evan avait suggéré que toute conquête pouvait être considérée comme une réponse militaire apportée aux tirs d’obus.
Les trouvailles réalisées par le projet de tamisage témoignent d’une réponse militaire, à laquelle avait collaboré le rabbin Yoel Bin-Nun qui se trouvait aux côtés des parachutistes qui étaient entrés dans la Vieille ville par la porte du Lion.
« Alors que nous franchissions la porte vers le mont du Temple, les parachutistes ont tiré des rafales de mitrailleuse en l’air pour intimider les Jordaniens mais Motta Gur a immédiatement donné son ordre célèbre : « Cessez le feu ! Toutes les forces cessent le feu ! Un lieu saint, ne tirez pas. Le mont du Temple est entre nos mains », a raconté Bin-Nun aux chercheurs du projet de tamisage.
Les chercheurs se sont également entretenus avec Yaakov Goldfine, un sniper de la Brigade de Jérusalem entré dans la Vieille ville par la Porte des Maghrébins. « Je suis entré par la porte et je suis monté sur le mont du Temple. C’était facile de voir comment les Jordaniens utilisaient le mont du Temple comme fortification militaire. Malgré cela, les ordres qui nous étaient donnés étaient de ne pas tirer sur la Vieille ville avec de l’artillerie lourde ou de ne pas la bombarder depuis le ciel. La neutralisation des positions jordaniennes a été effectuée par l’infanterie et elle nous a coûté des vies », raconte Goldfine.
Pour marquer le cinquantième anniversaire de la réunification de Jérusalem, le projet de tamisage du mont du Temple expose un grand nombre de ses trouvailles susceptibles d’être liées à la guerre des Six jours. Parmi elles, le magasin d’un fusil mitrailleur de type Uzi, fabriqué en Israël – l’arme personnelle de tous les commandants de l’armée israélienne – ainsi que plusieurs balles de 9 mm.
Sur l’une des douilles découvertes de balle de 9 mm figure l’inscription indiquant une date de fabrication remontant à 1956. une autre a été fabriquée en 1952 et, selon le projet, porte les lettres en hébreu ‘MIT’, acronyme de l’industrie militaire israélienne. De plus, une cartouche à blanc de 7,62 mm a été trouvée, estampée de l’année 1957.
Selon le projet, « ces balles et ces douilles attestent du fait que durant la guerre des Six jours, des munitions vétustes ont été utilisées ».
Suite à la guerre de l’Indépendance, en 1948, les Israéliens avaient eu l’interdiction de monter le mont du Temple, une interdiction levée avec la recapture de 1967. Des pièces de monnaie trouvées par le projet de tamisage indiquent une présence israélienne après la guerre. Parmi les pièces découvertes, quatre pièces d’agora en aluminium ondulé, qui ont été frappées en 1967 et 1968.
Environ 40 pièces du royaume hachémite jordanien ont été également trouvées, qui dataient presque toutes d’avant 1967.
Selon le projet de tamisage, plusieurs artefacts jordaniens d’avant 1967 ont été également découverts dans les décombres déchargés par le Waqf, qui reflètent « la situation politique complexe sur le mont du Temple ».
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