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Décès de Moshe Ha-Elion, auteur, poète et survivant de la Shoah

Moshe Ha-Elion est parti en Israël en juin 1946, sur un bateau d’immigrants qui a été intercepté par les Britanniques, puis a combattu au sein des forces militaires

Moshe Ha-Elion, en janvier 2016. (Crédit : Eyal Streett / CC BY-SA 4.0)
Moshe Ha-Elion, en janvier 2016. (Crédit : Eyal Streett / CC BY-SA 4.0)

Moshe Ha-Elion, poète israélien et survivant de la Shoah, est décédé en Israël le 1er novembre dernier, a rapporté la Fondation du Mémorial d’Auschwitz-Birkenau. Il était âgé de 97 ans et vivait à Bat Yam.

Né à Thessalonique en 1925, il a été déporté avec sa famille en avril 1943 à Auschwitz depuis la Grèce. Il était alors âgé de 18 ans. Après avoir survécu à ce camp, où il a passé 21 mois, jusqu’à 1945, il a connu les marches de la mort et est passé par les camps de Mauthausen, Melk et Ebensee jusqu’à sa libération, le 6 mai 1945.

Sa mère, sa sœur, ses grands-parents maternels, sa tante et un cousin âgé d’un an ont été gazés à leur arrivée à Auschwitz. Son oncle y a également été tué quelques mois plus tard. Son père était mort lui peu après l’invasion nazie de Thessalonique en avril 1941.

Moshe Ha-Elion est parti en Israël en juin 1946, sur un bateau d’immigrants qui a été intercepté par les Britanniques. Un moment emprisonné, il a finalement pu rejoindre Israël avant la fondation de l’État, et a combattu lors de la guerre d’Indépendance en 1948.

Il a épousé en février 1947 en Terre promise Hana Waldman, rencontrée en Italie, décédée en 2010.

Il a par la suite poursuivi sa carrière militaire, devenant colonel en 1976, alors qu’il servait depuis quelques années dans les forces de réserve. Il a ensuite travaillé au ministère israélien de la Défense et pour l’administration jusqu’à sa retraite.

De son expérience dans les camps, il en a tiré un mémoire : Le détroit de l’Enfer : la chronique d’un Juif de Salonique dans les camps d’extermination nazis d’Auschwitz, Mauthausen, Melk, Ebensee. Il a également écrit trois poèmes en ladino (et traduits en hébreu) sur ces souvenirs : « La djovenika al lager », « Komo komian el pan » et « En marcha de la muerte ». Moshe Ha-Elion a aussi traduit L’Odyssée d’Homère en ladino.

Il est retourné à Auschwitz à de nombreuses reprises durant sa vie et était le président de l’organisation des rescapés de la Shoah de Grèce en Israël. En 2017, il a été invité à allumer l’une des torches pour la commémoration annuelle de la Shoah.

En 2015, il déclarait : « Il y a deux ans, j’étais à Auschwitz, avec ma fille et ma petite-fille, qui était enceinte. Nous étions là, quatre générations, à l’endroit où ils ont essayé de me tuer. C’est ma victoire. »

83 % à 87 % des populations juives de Grèce ont été tués dans la Shoah, soit environ 60 000 personnes.

Moshe Ha-Elion laisse derrière lui deux enfants, six petits-enfants et neuf arrière-petits-enfants.

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