Décès de Robert Duvall, acteur dans « Le Parrain » et « Apocalypse Now »
"Son don phénoménal restera à jamais dans les mémoires. Il va me manquer", a réagi Al Pacino

Avocat de la famille Corleone dans les deux premiers volets du « Parrain » et lieutenant-colonel aimant « l’odeur du napalm au petit matin » dans « Apocalypse Now », l’acteur américain Robert Duvall est décédé dimanche à l’âge de 95 ans.
« Hier, nous avons dit adieu à mon cher mari, à un ami précieux et à l’un des plus grands acteurs de notre époque. Bob est décédé paisiblement à la maison », a écrit son épouse, Luciana Duvall, dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux lundi.
« C’était un acteur né, comme on dit […] Son don phénoménal restera à jamais dans les mémoires. Il va me manquer », a réagi Al Pacino, son partenaire dans « Le Parrain », dans un communiqué transmis à l’AFP.
Robert Duvall a connu son premier grand rôle au cinéma à l’âge de 31 ans, dans « Du silence et des ombres » (1962), adaptation du roman d’Harper Lee, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur.
Dans ce film, « il te bouleverse » sans prononcer un mot, a relevé l’acteur américain Alec Baldwin dans une courte vidéo d’hommage publiée sur Instagram après l’annonce de son décès.
Il a également incarné Adolf Eichmann dans un film de 1996 racontant la capture de l’officier nazi, principal instigateur de la Solution finale lors de la Shoah par des agents de l’agence de renseignement du Mossad.
C’est ensuite Francis Ford Coppola qui lui a confié ses rôles les plus marquants : Il a notamment incarné Tom Hagen, l’avocat du « Parrain » dans les deux premiers volets (1972 et 1974), et le lieutenant-colonel Bill Kilgore, amateur de surf, dans « Apocalypse Now » (1979).
Ce film sur la guerre du Vietnam, qui lui valut une nomination aux Oscars et le fit véritablement entrer dans la lumière, le voit prononcer l’une des répliques les plus célèbres de l’histoire du cinéma. « J’aime l’odeur du napalm au petit matin », lance son personnage, torse nu et coiffé d’un chapeau de cow-boy, en plein bombardement.
Francis Ford Coppola a ainsi salué sur Instagram « un si grand acteur et un élément si essentiel d’American Zoetrope [société de production qu’il a cofondée, NDLR] depuis ses débuts ».
Tyrannique dirigeant d’entreprise dans « Network : Main basse sur la télévision » (1976), militaire traitant sa famille comme des soldats dans « The Great Santini » (1979), Robert Duvall a remporté l’Oscar du meilleur acteur pour son interprétation, en 1983, d’un ancien chanteur de country alcoolique dans « Tendre bonheur ».
« Le western est à nous »
Son rôle préféré reste toutefois celui du Texas Ranger devenu cow-boy, Augustus McCrae, dans la mini-série télévisée « Lonesome Dove » (1989).
« C’est mon Hamlet », disait-il au New York Times en 2014.
« Les Anglais ont Shakespeare ; les Français, Molière. En Argentine, ils ont Borges, mais le western est à nous. »
L’un des rares regrets de sa carrière fut de ne pas avoir été retenu pour le casting des « Dents de la mer » de Steven Spielberg (1975).
Scénariste, réalisateur et producteur, il a dirigé cinq films, dont « Le Prédicateur » (1997), qu’il a écrit et dans lequel il incarne un pasteur évangélique en quête de rédemption.
Né en 1931 d’un père militaire et d’une mère comédienne amateure, il a étudié l’art dramatique, puis a passé deux ans dans l’armée avant de s’installer à New York pour se consacrer à sa passion pour le théâtre.
Il a partagé un appartement surpeuplé de Manhattan avec, entre autres, Dustin Hoffman. Un autre futur grand acteur, Gene Hackman, mort en février 2025, « traînait » alors avec eux, avait-il raconté à GQ en 2014.
Robert Duvall, qui se revendiquait républicain, vivait loin des paillettes, dans la campagne de Virginie, où sa famille avait ses racines. Il disait ne se rendre à New York et à Los Angeles que lorsque c’était nécessaire.
Avec sa quatrième épouse, l’actrice et réalisatrice argentine Luciana Pedraza, de 41 ans sa cadette, il s’était établi dans une ferme vieille de près de 300 ans. L’acteur n’a pas eu d’enfant.
Il aimait aussi Buenos Aires, la capitale argentine, « plus que tout autre endroit ».
Sur Instagram, l’actrice britannique Jane Seymour a évoqué « son amour du barbecue » et sa passion pour le tango. Le comédien et humoriste américain Adam Sandler a décrit sur le réseau social X un homme « drôle à en mourir ».







