Rechercher

Après la mort de 2 bébés dans une crèche, Deri répond que les Haredim sont « plongés dans la précarité » par l’État

Selon le chef du parti Shas, la mort de deux bébés et les 53 enfants blessés s'explique par les mesures prises à l'encontre des réfractaires au service militaire - une idée partagée par Yahadout HaTorah

Le chef du parti Shas, Aryeh Deri, sur les lieux d'un incendie criminel présumé dans une synagogue, à Jérusalem, le 8 juin 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef du parti Shas, Aryeh Deri, sur les lieux d'un incendie criminel présumé dans une synagogue, à Jérusalem, le 8 juin 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef du parti Shas, Aryeh Deri, a semblé tenir la procureure générale, Gali Baharav-Miara, et la Cour suprême pour responsables, au moins en partie, de la tragédie survenue lundi à Jérusalem, dans laquelle deux bébés, Lia Goloventziz âgée de 4 mois et Aharon Katz, 6 mois, ont trouvé la mort et 53 bébés et jeunes enfants ont été blessés dans une crèche surpeuplée et non agréée du quartier majoritairement ultra-orthodoxe de Romema.

La police a déclaré que cet incident n’impliquait pas de matières dangereuses. Selon certaines informations, les enquêteurs examineraient la possibilité que le système de chauffage de cette crèche non agréée soit défectueux.

Les services d’urgence du service de secours du Magen David Adom (MDA) et de United Hatzalah ont initialement reçu une alerte de la crèche concernant un bébé de quatre mois environ, qui ne réagissait pas et n’avait pas de pouls.

À leur arrivée à la crèche, les équipes médicales ont découvert le deuxième bébé également inerte et dans un état critique.

Les deux enfants ont été transportés d’urgence à l’hôpital Hadassah et au centre hospitalier Shaare Zedek tout en recevant des soins de réanimation, mais leur mort a été prononcée à leur arrivée.

Selon le site d’information ultra-orthodoxe Behadrei Haredim, il s’agissait du premier jour de crèche pour l’un des deux bébés.

Des secouristes et des policiers sur les lieux d’un incident vraisemblablement lié à des substances toxiques dans une crèche, à Jérusalem, le 19 janvier 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Dans le même temps, les équipes de la police israélienne et des Services d’incendie et de secours ont travaillé à l’évacuation des 53 autres enfants de la crèche, qui présentaient tous des symptômes variables de détresse respiratoire.

Selon la chaîne publique Kan, la crèche accueillait des enfants âgés de quatre mois à trois ans.

Le ministère de l’Éducation a déclaré à Kan qu’il n’avait pas connaissance de l’existence de cette crèche et qu’aucune demande d’agrément ne lui avait été adressée.

Selon les médias, les deux bébés se trouvaient dans une pièce séparée des autres enfants, dans cette crèche illégale installée dans plusieurs appartements adjacents.

Le nombre de bébés confiés à la crèche n’était pas clairement établi pour les services de secours, a déclaré un membre de United Hatzalah à Ynet. C’est seulement lorsqu’ils ont pratiqué la réanimation cardio-pulmonaire sur les deux bébés et qu’ils ont commencé à entendre des cris provenant de l’intérieur du complexe d’appartements que cela est devenu évident.

« Nous avons entendu des enfants crier, nous sommes entrés pour vérifier et qu’avons-nous découvert ? Des enfants dans des placards, dans des poussettes, partout, cachés les uns sur les autres sous des couvertures », a-t-il expliqué.

Des secouristes sur les lieux d’un incident vraisemblablement lié à des substances toxiques dans une crèche, à Jérusalem, le 19 janvier 2026. (Crédit : Service de secours du Magen David Adom)

D’autres secouristes et ambulanciers ont rapporté des informations similaires, déclarant aux médias qu’au moins un enfant avait été trouvé endormi dans une salle de bain, près des toilettes.

Ils ont déclaré que le climatiseur fonctionnait à une température très élevée, qualifiée par Ynet de « mortelle ».

Le journal de la chaîne N12 a diffusé des vidéos montrant les conditions dangereuses dans lesquelles cette garderie non agréée du quartier de Romema s’occupait des tout-petits, comme en témoignent des images sur lesquelles on voit de jeunes enfants dormir dans des placards et sur des matelas autour des toilettes.

Selon les premiers secours, il y avait des bébés et des enfants qui dormaient dans des placards, des couloirs et même les toilettes.

Des images diffusées par le journal de la Treizième chaîne semblent montrer une très forte densité d’enfants.

Les secouristes ont déclaré aux médias israéliens qu’ils avaient couru dans le bâtiment, transportant plusieurs bébés et jeunes enfants à la fois.

Les parents qui se sont précipités sur les lieux au moment de l’incident n’ont pas pu retrouver leurs enfants dans le chaos, ont raconté des témoins au site d’information Walla.

« Les mères couraient après les ambulances à la recherche de leurs enfants », a déclaré un témoin, tandis qu’un autre a raconté qu’une femme s’était approchée de sa voiture et lui avait demandé de suivre l’une des ambulances qui emmenait son enfant.

Trois des employées de la crèche ont été placées en garde à vue pour être interrogées, a déclaré la police.

Selon l’Institut de médecine légale Abu Kabir, cité par les médias israéliens, aucun signe d’empoisonnement n’a été constaté sur les deux nourrissons. Au moins l’un d’eux était décédé bien avant l’arrivée des premiers secours.

Lors de la réunion hebdomadaire de son parti à la Knesset, Deri a insisté sur le fait qu’il est « interdit d’exploiter des crèches non agréées », mais « qu’en même temps, une profonde remise en question est également nécessaire ».

« Qui peut dire que ‘nos mains n’ont pas versé ce sang’ ? Lorsqu’une très grande partie de la population est soudainement plongée dans la misère, les gens sont contraints de chercher d’autres solutions, et les conséquences peuvent être dures et amères », a-t-il déclaré, faisant sans doute référence aux coupes budgétaires imposées aux Haredim à la suite de la décision rendue l’an dernier par la Cour suprême, qui a jugé illégales les exemptions du service militaire accordées aux ultra-orthodoxes.

Depuis lors, les yeshivot qui accueillent des réfractaires à la conscription ont vu leurs budgets réduits et la procureure générale a ordonné au ministère du Travail de supprimer les subventions pour les garderies destinées aux enfants des réfractaires.

Des secouristes sur les lieux d’un incident vraisemblablement lié à des substances toxiques dans une crèche, à Jérusalem, le 19 janvier 2026. (Crédit : Service de secours du Magen David Adom)

Interrogé sur l’existence d’un lien entre la réduction des subventions pour les garderies et la tragédie, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a répondu aux journalistes avant la réunion de la faction de son parti, HaTzionout HaDatit, que « nous avons l’obligation de protéger la vie de nos enfants et petits-enfants et de veiller à ce qu’ils soient placés dans des structures supervisées, légales et en règle ».

Smotrich a ajouté qu’il était « évident que lorsque l’on bloque l’accès du public aux systèmes agréés, un circuit parallèle se développe. Je ne peux pas dire qu’il n’existait pas auparavant… mais c’est désormais flagrant ».

Invité à dire si son parti voterait en faveur du projet de loi sur la conscription proposé par le gouvernement, Smotrich a répondu qu’une fois que la commission des Affaires étrangères et de la Défense aura terminé ses délibérations et présenté un projet de loi révisé, son parti prendra une décision sur la manière de voter.

Dans un communiqué publié alors que le drame se déroulait, le Conseil national de l’enfance a exigé une enquête immédiate de la police israélienne et du ministère de l’Éducation « non seulement sur la grave négligence, mais aussi sur la question de la licence d’exploitation de la crèche ».

Des passants sur les lieux d’un incident vraisemblablement lié à des substances toxiques dans une crèche non agréée, à Jérusalem, le 19 janvier 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

« Exploiter des structures d’accueil de la petite enfance sans licence, sans supervision et sans normes obligatoires revient ni plus ni moins à condamner des enfants à mort », a-t-il averti.

L’arrière-petit-fils du député haredi Meïr Porush (Yahadout HaTorah) figurait parmi les enfants évacués de la crèche, selon le site d’information Ynet.

Israel Porush, ancien maire d’Elad et grand-père du bébé, a indiqué que son petit-fils se portait bien.

« J’étais ici à Jérusalem, en pleine réunion, lorsque j’ai reçu un appel de mon fils me disant qu’il avait besoin de quelque chose d’urgent », a-t-il raconté à Ynet.

Les forces de secours et de sécurité intervenant sur les lieux d’un accident ayant fait de nombreuses victimes dans une crèche illégale du quartier majoritairement ultra-orthodoxe de Romema, à Jérusalem, le 19 janvier 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

« Nous sommes arrivés sur les lieux et les ambulanciers nous ont montré des photos des bébés », a-t-il ajouté.

« Dieu merci, le bébé est vivant, il respire et se porte bien. Je pense très fort aux autres enfants, ce n’est pas un moment facile. Je sais que certains enfants sont dans un état critique, c’est inquiétant et effrayant. »

Dans un communiqué, le parti Yahadout HaTorah a déclaré que la tragédie « s’est produite malgré des avertissements clairs et répétés, émis précédemment, condamnant explicitement les mesures sévères [contre les réfractaires au service militaire], mesures qui ont rendu les familles incapables de faire face au fardeau financier qui leur était imposé, entraînant une grave surpopulation dans les crèches qui n’avaient pas été fermées.»

« Il est devenu évident que les décrets relatifs à ces mesures portent une lourde responsabilité », ajoute le parti, faisant aussi apparemment référence à la Haute Cour de Justice et à la procureure générale Gali Baharav-Miara.

« J’avais déjà averti qu’il était urgent d’adopter la loi sur les crèches afin de garantir les droits des femmes, indépendamment de leur mari, mais malheureusement », cette demande est restée lettre morte, a pour sa part déploré Yisrael Eichler (Yahadout HaTorah).

En réponse aux critiques qui l’accusent d’antisionisme, Eichler rétorque que sa « famille est installée en Israël depuis 160 ans » et qu’il a été « élevé dans l’amour de la Terre sainte et de Jérusalem ».

Eichler, membre de la faction Agudat Yisrael du parti Yahadout HaTorah, venait de prêter serment comme vice-ministre et a démissionné conformément à la loi norvégienne. Il est remplacé par Yitzhak Pindrus, du parti Degel HaTorah. Eichler est devenu ministre malgré le fait que son parti n’ait pas réintégré la coalition.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.