Israël en guerre - Jour 256

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Des amis d’étudiants juifs américains viennent en Israël et en repartent chargés d’informations

Le groupe de travail Maccabée fait venir des étudiants pour lutter contre l'antisémitisme et la désinformation sur les campus américains, où les partisans d'Israël ont moins d'amis

  • Des étudiants américains visitent le kibboutz de Kfar Aza, décimé par le massacre du Hamas le 7 octobre, dans le cadre d’un voyage dirigé par la Maccabee Task Force en janvier 2024. (Autorisation/Nir Rotman)
    Des étudiants américains visitent le kibboutz de Kfar Aza, décimé par le massacre du Hamas le 7 octobre, dans le cadre d’un voyage dirigé par la Maccabee Task Force en janvier 2024. (Autorisation/Nir Rotman)
  • Nir Moses, fils de l’ex-otage Margalit Moses, étreint un étudiant participant au voyage de la Maccabee Task Force en Israël en janvier 2024. (Autorisation / Nir Rotman)
    Nir Moses, fils de l’ex-otage Margalit Moses, étreint un étudiant participant au voyage de la Maccabee Task Force en Israël en janvier 2024. (Autorisation / Nir Rotman)
  • Des étudiants lors de leur voyage en Israël, en janvier 2024 avec la Maccabee Task Force,  font du bénévolat pour le Forum sur les otages et les familles de disparus. (Autorisation/Nir Rotman)
    Des étudiants lors de leur voyage en Israël, en janvier 2024 avec la Maccabee Task Force, font du bénévolat pour le Forum sur les otages et les familles de disparus. (Autorisation/Nir Rotman)
  • Aidan Bloomstine avec la guide de la Maccabee Task Force Reut Ben Shlomo en Israël, en janvier 2024. (Avec l'aimable autorisation de Nir Rotman)
    Aidan Bloomstine avec la guide de la Maccabee Task Force Reut Ben Shlomo en Israël, en janvier 2024. (Avec l'aimable autorisation de Nir Rotman)

NEW YORK – Après un premier semestre de manifestations anti-Israël quasi-ininterrompues et une atmosphère devenue difficile, sinon antisémite, pour les étudiants juifs, Aidan Bloomstine est bien décidé à faire changer les choses à l’Université de Californie du Sud, à Los Angeles.

« Students for Justice in Palestine [SJP] ont pris toute la place et absorbé toute l’énergie au premier semestre. Il nous faut récupérer une partie de cette énergie maintenant. L’objectif est d’accroître notre visibilité et réconforter les étudiants juifs », explique Bloomstine, étudiant en politiques publiques, dans une interview via Zoom avec le Times of Israel.

« Il est profondément choquant que des gens ignorent ouvertement les atrocités commises et soutiennent une organisation dont l’unique but est de terroriser les Israéliens et de les tuer », ajoute-t-il, en parlant de l’organisation terroriste du Hamas, qui a perpétré un massacre sans précédent le 7 octobre dernier, au cours duquel près de 1 200 personnes ont été assassinées dans le sud d’Israël – essentiellement des civils – et 253 ont été prises en otage et séquestrées dans la bande de Gaza. Le plus jeune otage a un an.

Se présentant lui-même comme un ami des étudiants juifs, sans pour autant être juif lui-même, Bloomstine vient de rentrer d’un voyage d’information de huit jours en Israël, début janvier, parrainé par la Maccabee Task Force (MTF). Tout comme il l’a fait pendant le voyage, Bloomstine continue de partager son expérience sur les réseaux sociaux avec ses pairs et les organisations du campus comme le groupe bipartite de défense des étudiants Trojans for Israel. C’est un travail qu’il est bien déterminé à poursuivre, même s’il n’est pas épargné par des réactions parfois négatives.

« En entrant dans mon cours de politiques publiques, cette semaine, plusieurs étudiants qui savaient que j’étais allé en Israël ont détourné le regard », confie Bloomstine, qui a 21 ans. « On m’a demandé si j’étais un suppot du gouvernement israélien. Mais je fais seulement part de mon expérience – ce que j’ai vu et entendu -.

En compagnie de 40 autres leaders étudiants, juifs et non-juifs, venus de dizaines d’universités américaines, il s’est rendu là où des milliers de terroristes dirigés par le Hamas ont assassiné, violé et kidnappé des civils le 7 octobre, pour écouter les témoignages de rescapés du massacre.

Aidan Bloomstine, étudiant de licence à l’USC, consulte une carte avec Grisha Yakubovich, dernier maire israélien de Gaza en 1994, du temps où Israël disposait d’une administration civile, lors du voyage de la Maccabee Task Force en Israël en janvier 2024. (Avec l’aimable autorisation de Nir Rotman)

Le défunt homme d’affaires et milliardaire activiste Sheldon Adelson et son épouse, la Dre Miriam Adelson, ont fondé la MTF en 2015 pour établir des liens forts avec les étudiants non juifs des campus en proie à des sentiments anti-Israël et antisémites. Le directeur exécutif de l’organisation, David Brog, expliquait avant l’année universitaire 2020 que l’organisation allait sous peu couvrir une centaine de campus aux États-Unis.

L’organisation travaille directement avec les organisations étudiantes du campus, recrute des étudiants – pour la plupart des leaders étudiants non juifs – et les envoie en Israël pour un voyage qui, contrairement au programme Taglit-Birthright pour jeunes juifs qu’Adelson a cofinancé, passe par la Cisjordanie et des réunions avec l’Autorité palestinienne.

Les campus sont devenus des champs de bataille

Depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre dernier, les incidents antisémites se sont multipliés partout dans le pays, plongeant les étudiants juifs de nombreux campus dans l’incertitude, en quête de soutiens. C’est pour cette raison que le MTF a eu l’idée de ce voyage en Israël, par temps de guerre, pour les anciens. L’idée est de s’appuyer sur les connaissances acquises pour repousser la vague d’antisémitisme et renforcer les liens entre Juifs et non-Juifs.

« Les campus sont devenus des champs de bataille. Nous voulons que des étudiants se renseignent sur ce qu’est la vie en Israël depuis le 7 octobre dans le but de faire changer les choses sur les campus à leur retour », a explique Ben Sweetwood, directeur national de la FIM.

James B. Romano, étudiant en deuxième année de droit à l’Université de l’Indiana, a déjà commencé ce travail.

James B. Romano, étudiant en deuxième année de droit à l’Université de l’Indiana, s’est rendu en Israël début janvier avec le groupe de travail Maccabee. (Autorisation)

« Il y a une tendance aux États-Unis à tout voir comme binaire, à ne pas essayer de comprendre les complexités. Maintenant que je suis de retour, je veux tendre la main à certaines personnes que nous avons rencontrées et les faire parler avec des groupes d’étudiants dont je fais partie », explique Romano, qui n’est pas juif.

En dépit des réactions négatives sur les réseaux sociaux, Romano fait part de son expérience à ses camarades de classe.

« Mes deux colocataires sont musulmans, et nous avons déjà parlé un peu du conflit. À mon retour, je leur ai montré mes photos et vidéos. Cela a vraiment aidé à humaniser la situation », précise-t-il, ajoutant avoir l’intention d’inviter des personnes que le groupe a rencontrées en Israël à s’adresser aux organisations étudiantes via Zoom.

Un tour d’horizon des atrocités

Les étudiants ont commencé leur voyage à Tel Aviv, où ils ont participé à une veillée en soutien aux otages sur la place devant le Musée d’art de Tel Aviv, rebaptisée Place des Otages. Au cours d’un repas avec Miri Eisin, colonel de Tsahal à la retraite et ancienne conseillère politique, ils ont pris connaissance de la situation géopolitique actuelle à laquelle Israël est confronté. Ils ont également rencontré Jonathan Elkhoury, chrétien israélo-libanais conseiller en matière de médias et de diplomatie publique.

Ils se sont rendus à Sderot où ils ont vu des abris anti-aériens et des maisons réduites à l’état de ruines. Ils ont rencontré des enseignants et des policiers, ainsi que des rescapés de la rave Nova, au cours de laquelle 360 personnes, essentiellement des jeunes gens, ont été torturés, violés, mutilés et tués. Ils se sont également rendus à Kfar Aza, kibboutz situé tout près de la frontière avec Gaza, où on leur a raconté de quelle manière les terroristes avaient semé la mort lors d’une soirée pyjama et montré des images d’une famille tentant de fuir en courant, avant d’être abattue par des terroristes depuis leurs camions. Ils se sont entretenus avec un secouriste de ZAKA qui leur a donné des informations, notamment sur la preuve des viols et agressions sexuelles.

Yoline Decomsa, étudiante à l’Université Florida Atlantic. (Avec l’aimable autorisation de Zina Rakhamilova, Social Lite Creative)

C’est ce type de témoignage oculaire que Yoline Decomsa, étudiante en première année à la Florida Atlantic University, utilise pour contrer la désinformation, notamment sur les réseaux sociaux.

« Je veux des sources d’information crédibles. Je sens qu’il est de mon devoir d’en parler », affirme Decomsa.

Même si cela signifie perdre des amis.

« J’ai perdu quelques amitiés à cause de ça, mais la plupart des affrontements ont lieu en ligne. Les étudiants ne viennent pas nous parler en personne – ils envoient un DM (message seulement visible par le destinataire) pour dire que ce n’est pas vrai. Ils peuvent réagir en arrêtant de vous suivre ou en ignorant ce que vous avez dit si cela ne correspond pas à leur vision des choses », précise Decomsa, disant son attachement à ce que la communauté juive sache que des non-Juifs comme elle les soutiennent, eux et Israël.

Jacob Wheeler, 21 ans et étudiant en journalisme à l’USC, a été invité à se joindre au voyage de la FIM en Israël et il ne se remet pas de ce qu’il y a vu.

« C’est une véritable zone de guerre. J’étais dubitatif à l’idée de m’y rendre, mais ma curiosité a été la plus forte. Je tenais à voir les choses de mes yeux », confie Wheeler.

Jacob Wheeler, étudiant en journalisme à l’USC, en reportage sur le site du massacre du Nova Music Festival, en janvier 2024. (Autorisation)

Tout comme Bloomstine, Wheeler est originaire de Sacramento et a fréquenté une école chrétienne de la maternelle à la Terminale. Et comme d’autres participants au voyage, Wheeler s’était déjà rendu en Israël avec MTF – expérience qui lui a été utile pour couvrir les manifestations pro-palestiniennes et pro-israéliennes pour Annenberg Media, de l’USC.

« Les étudiants du campus avaient tendance à discréditer ou minorer ouvertement les atrocités commises. Ce déni, cette ambivalence morale à propos de ce qui s’est passé sont profondément choquants », estime Wheeler.

De retour sur le campus, il a hâte de parler de ce qu’il a vu et entendu, et notamment de sa visite à l’hôpital Barzilai d’Ashkelon, où de nombreux blessés du 7 octobre ont été pris en charge. Ils y ont rencontré un médecin qui leur a confié s’être caché avec sa femme pendant 13 heures et avoir entendu les cris de ses voisins lorsque les terroristes les ont tués.

Mais c’est peut-être leur visite au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem, qui les a le plus touchés.

« Tout au long de ce voyage, j’ai fait de mon mieux pour ne pas me laisser envahir par l’émotion. C’était incroyablement difficile, mais ce qui m’a le plus touché, c’est le mont Herzl. Rien ne vous prépare à voir le contraste entre le respect dont font preuve les Israéliens envers le caractère sacré de la vie et le total manque de respect de la vie qu’a montré le Hamas », conclut Bloomstine.

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