D’anciens militaires en faveur du retour de Washington dans l’accord iranien
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D’anciens militaires en faveur du retour de Washington dans l’accord iranien

Dans une lettre à Netanyahu et Gantz, d'anciens responsables militaires et des renseignements prônent un nouveau pacte mondial pour entraver les activités régionales de Téhéran

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait une déclaration à la presse concernant le programme nucléaire iranien, au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem le 9 septembre 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait une déclaration à la presse concernant le programme nucléaire iranien, au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem le 9 septembre 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Plus de 20 anciens responsables militaires et issus des services de renseignement israéliens ont envoyé un courrier au Premier ministre Benjamin Netanyahu et au ministre de la Défense Benny Gantz. Dans cette missive, ils font part de leur soutien à un retour des Etats-Unis dans l’accord sur le nucléaire conclu avec l’Iran, tout en appelant de leurs vœux un nouveau pacte international qui permettra d’entraver les activités militaires de Téhéran dans la région.

La lettre, initiée par l’ancien chef d’Etat-major adjoint Matan Vilnai — qui avait aussi été ministre Travailliste – salue les efforts livrés par l’administration Biden pour se réengager auprès de la république islamique.

« Nous saluons l’initiative américaine visant à amener l’Iran à se conformer… à l’accord sur le nucléaire, dans la mesure où cette initiative exige également de l’Iran de respecter pleinement ses obligations définies par la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU concernant le développement des missiles, ainsi que les accords portant sur les inspections de l’Agence internationale de l’Energie atomique », a noté la lettre.

Les Etats-Unis sont prêts à revenir dans l’accord sur le nucléaire si Téhéran « s’y conforme strictement », a commenté lundi le secrétaire d’Etat Antony Blinken.

L’administration Biden a également rejeté l’affirmation faite par l’administration Trump que toutes les sanctions des Nations unies à l’encontre de l’Iran avaient été réimposées. La démarche de Trump avait été ignorée par le reste du Conseil de sécurité et par le monde en général, et la majorité des membres de ce conseil réunissant quinze nations avait qualifié cette réimposition des sanctions « d’illégales », les Etats-Unis ne faisant plus partie de l’accord.

Le président américain Joe Biden (à gauche) et le guide suprême iranien Ali Khamenei. (Crédit : Collage, AP)

Washington a aussi assoupli les restrictions sévères appliquées aux voyages aux Etats-Unis des diplomates iraniens travaillant au sein de l’ONU.

Les anciens responsables de la Sécurité ont réclamé un « nouvel accord à long-terme qui s’attaquera aux failles et aux manques qui se sont révélés dans l’ancien ».

Ils ont estimé que l’administration Biden devait clairement définir les violations qui ne seraient pas tolérées de la part de la république islamique et ils ont souligné que les Etats-Unis n’autoriseraient pas Téhéran à se doter de l’arme nucléaire – même s’il devait y avoir un échec de la diplomatie.

Parmi les signataires du courrier, l’ancien chef du Mossad Tamir Pardo, l’ancien général de Tsahal Nitzan Alon, l’ex-conseiller à la Sécurité nationale Uzi Arad et plus d’une dizaine d’autres personnalités.

L’Etat juif a fait part de son opposition pleine et entière à la réintégration des Etats-Unis dans l’accord sur le nucléaire original, qui avait été conclu en 2015.

Netanyahu avait répondu vendredi à une annonce faite par Washington – la Maison Blanche avait fait savoir que les Américains étaient désireux de négocier avec Téhéran un retour dans l’accord sur le nucléaire – en disant que Jérusalem estimait que le pacte initial « posera les jalons de l’acquisition par l’Iran d’un arsenal nucléaire ».

« Israël reste déterminé à empêcher l’Iran de se doter d’une arme nucléaire et le positionnement du pays face à l’accord sur le nucléaire n’a pas changé », avait déclaré le bureau du Premier ministre dans un communiqué. « Israël estime que revenir à l’ancien accord posera les jalons de l’acquisition par l’Iran d’un arsenal nucléaire. Israël est en contact étroit avec les Etats-Unis sur le sujet ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu parle au président américain Joe Biden, le 17 février 2021. (Crédit : Bureau du Premier ministre)

Quelques jours plus tôt, Netanyahu s’était opposé aux détracteurs de son positionnement belliqueux peu de temps avant de s’entretenir au téléphone avec Joe Biden pour la toute première fois depuis son arrivée à la Maison Blanche – après quatre semaines d’attente qui avaient déconcerté les observateurs.

Parmi les sujets abordés lors de cette conversation, les deux hommes avaient discuté de « la menace iranienne et des défis à relever dans la région ».

L’accord de 2015 a pour objectif d’empêcher l’Iran de fabriquer une arme nucléaire. Téhéran nie avec véhémence vouloir développer un tel arsenal.

Israël, aux côtés de nombreux pays du Golfe qui s’inquiètent, eux aussi, de l’expansionnisme de l’Iran, espère qu’un pacte plus large pourra être négocié. Il comprendrait notamment des limitations à plus long-terme imposées au programme nucléaire, des restrictions sur les missiles balistiques de Téhéran, et la nécessité, pour la république islamique, de réexaminer ses soutiens apportés à ses groupes mandataires dans la région.

L’Iran a fait savoir que le pays mettra un terme à certaines inspections réalisées par l’Agence internationale de l’Energie atomique dans ses structures nucléaires si l’Occident, de son côté, ne se conforme pas à ses propres engagements précisés dans les dispositions de l’accord de 2015.

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