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Des déficits budgétaires fragilisent les implantations et les villes frontalières

Dans son rapport annuel, Matanyahu Englman critique le gouvernement, entre autres, pour son manque de préparation aux cyberattaques dans les hôpitaux

Un agent de sécurité patrouille du coté de la clôture autour de l’implantation d'Efrat en Cisjordanie, le 8 avril 2022. (Crédit: Gershon Elinson/FLASH90)
Un agent de sécurité patrouille du coté de la clôture autour de l’implantation d'Efrat en Cisjordanie, le 8 avril 2022. (Crédit: Gershon Elinson/FLASH90)

Dans son rapport annuel publié mardi, le bureau du contrôleur de l’État a critiqué un large éventail d’organismes gouvernementaux et leurs décisions pour leurs manquements, notamment en ce qui concerne un financement insuffisant pour assurer la sécurité des citoyens vivant dans les implantations de Cisjordanie et près de la Ligne verte.

Selon le contrôleur d’État Matanyahu Englman, des déficits budgétaires ont conduit à de nombreuses brèches dans les clôtures de sécurité, un éclairage de sécurité insuffisant et un manquement d’autres installations nécessaires pour les quelque 900 000 citoyens vivant en Cisjordanie ou à proximité. Les infrastructures de communication entre les autorités locales et l’armée font également défaut, et pourraient « retarder la réponse des forces de sécurité en cas d’infiltration dans une implantation et nuire à la coordination, d’une manière qui pourrait menacer des vies. »

Ceci, écrit Englman, en dépit du fait que cette région soit « la zone la plus menacée » et qu’il existe des « défaillances reconnues » dans les mesures de sécurité nécessaires. Le commandement du front intérieur de Tsahal a approuvé un budget de 54 millions de shekels pour pallier ces défaillances dans les implantations du nord, mais seuls 34 millions de shekels ont été budgétisés dans la pratique, indique le rapport annuel.

Ce rapport de grande envergure prend également le gouvernement à partie pour l’insuffisance des cyberdéfenses dans le secteur de la santé, les dangers auxquels sont confrontés les ouvriers du bâtiment, les prix élevés et les normes médiocres de l’industrie des œufs, et les mesures prises par les procureurs pour clore les affaires criminelles, entre autres.

En ce qui concerne la cybercriminalité, Englman écrit que le système de santé israélien est particulièrement vulnérable aux cyberattaques qui pourraient mettre des vies en danger. Le rapport fait état d’une attaque massive au rançongiciel perpétrée en octobre contre l’hôpital Hillel Yaffe à Hadera, qui l’a contraint à fermer son réseau technologique pendant plusieurs jours.

Englman a déclaré que, malgré une série d’avertissements, le ministère de la Santé n’a pas encore transmis ses directives à l’intention des établissements médicaux en cas d’attaque de ce type et ne leur a fourni aucune instruction. Il a également noté que six ans se sont écoulés depuis que le gouvernement a créé la Direction nationale du cyberespace et l’a chargée de protéger les institutions nationales, mais que ces responsabilités et ces autorités n’ont toujours pas été délimitées.

Le contrôleur de l’État israélien Matanyahu Englman pendant une conférence du groupe ‘Besheva’ à Jérusalem, le 7 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le rapport reproche également aux procureurs la manière dont les enquêtes criminelles sont clôturées. Chaque année, écrit Englman, environ 21 000 affaires criminelles sont classées sans enquête complète et sans en informer les personnes concernées.

Parmi les affaires clôturées, 30 à 40 % le sont sans que le plaignant ou le suspect en soit informé, ce qui les empêche de faire appel de la décision ou de la raison de la clôture de l’affaire.

Le contrôleur a noté que, bien que le prix des œufs – qui sont considérés comme un produit de première nécessité – soit réglementé par l’État, le coût pour le consommateur est 41 % plus élevé que dans les pays de l’OCDE et 72 % plus élevé qu’aux États-Unis.

Englman a également noté que 32 ouvriers du bâtiment sont morts en Israël en 2020 et 2021 – un taux de 11 décès pour 100 000 ouvriers, contre 5 pour 100 000 dans l’Union européenne. Il a reproché au département de l’administration de la sécurité et de la santé au travail du ministère du Travail de ne pas superviser correctement les problèmes de sécurité, de ne pas collecter correctement les informations et de ne pas avoir de branche désignée pour traiter les enquêtes criminelles, malgré des recommandations antérieures.

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