Des diplomates à la frontière nord alors qu’Israël réclame une FINUL plus forte
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Des diplomates à la frontière nord alors qu’Israël réclame une FINUL plus forte

Des représentants internationaux assistent à des briefings et ont visité un tunnel du Hezbollah, alors que Jérusalem demande que la FINUL surveille le sud du Liban sans restriction

Des diplomates étrangers visitent la frontière nord d'Israël avec le Liban alors qu'Israël appelle à renforcer le mandat de la force de maintien de la paix de l'ONU, la FINUL, le 10 juillet 2020. (Porte-parole de Tsahal)
Des diplomates étrangers visitent la frontière nord d'Israël avec le Liban alors qu'Israël appelle à renforcer le mandat de la force de maintien de la paix de l'ONU, la FINUL, le 10 juillet 2020. (Porte-parole de Tsahal)

L’armée israélienne et le ministère des Affaires étrangères ont accueilli vendredi 12 diplomates et ambassadeurs étrangers pour une visite de la frontière nord, alors qu’Israël cherche à obtenir un soutien international pour un mandat élargi de la mission de maintien de la paix des Nations unies au Sud-Liban.

Le Conseil de sécurité des Nations unies renouvelle le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban, ou FINUL, sur une base annuelle, le prochain renouvellement devant avoir lieu à la fin du mois d’août.

Dans une déclaration commune, l’armée et le ministère des Affaires étrangères ont indiqué que les diplomates avaient été informés par des hauts gradés de l’armée, dont le commandant de la division responsable de la frontière libanaise, ainsi que par des responsables des relations avec les forces internationales. Ils ont également visité un tunnel creusé sous la frontière par le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah à des fins offensives et découvert lors de l’opération Bouclier du nord de l’année dernière.

La déclaration n’identifie pas les diplomates mais précise qu’ils viennent de pays ayant une influence à l’ONU et de ceux qui contribuent à la force. Parmi les diplomates en visite figuraient des ambassadeurs de France, d’Italie et du Ghana.

Actuellement, la force comprend des membres de 45 pays et est dirigée par le général de division italien Stefano del Col.

Des diplomates étrangers visitent un tunnel terroriste du Hezbollah à la frontière nord d’Israël avec le Liban, alors qu’Israël appelle à renforcer le mandat de la force de maintien de la paix de l’ONU, la FINUL, le 10 juillet 2020. (Porte-parole de Tsahal)

Israël a pointé du doigt les six passages souterrains construits par le Hezbollah et détruits par Israël au cours de cette opération d’un mois, comme preuve que la FINUL ne dispose pas des outils nécessaires pour maintenir efficacement la paix le long de la frontière. Elle a exhorté le Conseil de sécurité à exiger l’accès à tous les sites et la liberté de mouvement au Sud-Liban pour lui permettre de veiller à l’application de la résolution 1701 qui a mis fin à la seconde guerre du Liban en 2006, et qui demande que tous les groupes armés en dehors de l’armée libanaise soient retirés du Sud-Liban.

« La mise en œuvre complète et efficace du mandat de la FINUL est nécessaire pour maintenir la stabilité régionale et empêcher le Hezbollah de se renforcer au Sud-Liban », a déclaré Avivit Bar-Ilan, chef de bureau à la division des Nations unies et des organisations internationales du ministère des Affaires étrangères. « Nous attendons des membres du Conseil de sécurité qu’ils adoptent une résolution qui permettra à la force de remplir sa mission sans limitations ».

Le général de brigade Shlomi Binder, commandant de la Division 91, également connue sous le nom de Division Galilée, a déclaré « L’armée terroriste du Hezbollah est présente [à la frontière] et travaille à déstabiliser la région. »

Il a ajouté : « La communauté internationale doit être consciente de la menace et agir contre elle ».

L’armée israélienne a effectué l’opération « Bouclier du Nord » entre décembre 2018 et janvier 2019, dans le but de localiser et de détruire les tunnels creusés par le Hezbollah dans le nord d’Israël à partir du Sud-Liban. Au total, les militaires ont déclaré avoir découvert six de ces passages et les avoir rendus inutilisables – soit en utilisant des explosifs, soit en les remplissant de béton – l’année dernière.

Des véhicules appartenant aux forces de maintien de la paix des Nations unies roulent sur une route le long de la frontière israélo-libanaise à proximité de la ville libanais de Kfar Kila, le 1er septembre 2019. (Ali Dia/AFP)

L’armée israélienne estime que les six tunnels ont été construits dans le but précis de permettre à des milliers de terroristes du Hezbollah d’organiser une attaque d’infiltration sur des cibles militaires et civiles dans le nord d’Israël, comme une manœuvre d’ouverture surprise dans une future guerre.

Les militaires considèrent que la découverte et la destruction de ces tunnels ont permis d’éliminer ce qui aurait autrement été une arme potentiellement dévastatrice dans l’arsenal du Hezbollah.

En janvier de cette année, l’armée israélienne a commencé à installer une série de capteurs souterrains le long de la frontière nord afin de détecter tout nouveau tunnel souterrain creusé en territoire israélien depuis le Liban.

Israël a mené deux guerres au Liban, une en 1982 contre des groupes terroristes palestiniens, et une autre en 2006 contre le Hezbollah, ainsi qu’un certain nombre d’opérations de moindre envergure.

Bien qu’elle soit considérée comme instable, la frontière n’a pas connu de combats importants depuis la fin de la guerre de 2006.

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