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Des élus du Likud boycottent la radio militaire après la mise à l’écart de Bardugo

L'animateur ne présentera plus son émission quotidienne à 17 heures ; il conserve un programme le vendredi matin

Jacob Bardugo s'exprime lors d'une conférence du journal "Makor Rishon", le 8 décembre 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Jacob Bardugo s'exprime lors d'une conférence du journal "Makor Rishon", le 8 décembre 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

La radio militaire a annoncé jeudi matin que Jacob Bardugo, un commentateur de droite et soutien fervent de l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu, cesserait de présenter l’émission d’information quotidienne de 17 heures.

Selon la présidente de la station de radio, Galit Eltstein, cette initiative vise à clairement séparer information et engagement politique au sein de la station.

La radio de l’armée israélienne – Galei Tsahal – avait été considérée pendant de nombreuses années comme la première station de radio du pays. Gérée par l’armée et financée par les contribuables, elle n’était pas un outil de propagande gouvernementale ou militaire, mais un média crédible qui garantissait à la fois la liberté journalistique et l’impératif de Tsahal de ne pas s’aventurer dans les eaux troubles de la politique politicienne et partisane.

Bardugo continuera à animer l’émission du vendredi matin.

Une journaliste-soldate pour la radio militaire israélienne, le 11 novembre 2019. (Crédit : Moshe Shai/FLASH90)

Cette décision a entraîné l’indignation dans le cercle proche de Netanyahu, qui a déclaré qu’il boycotterait dorénavant la radio de l’armée. Amir Ohana, Galit Distel-Atbaryan, Yoav Kisch, Keti Shitrit et Ofir Katz ont fait savoir qu’ils refuseraient dorénavant d’y être interviewés.

Netanyahu a expliqué que le départ de Bardugo de son programme quotidien était « un scandale, et un nouvel exemple de la manière dont la démocratie et dont la liberté d’expression sont piétinés par la gauche. »

« On tente de réduire au silence le dernier animateur de droite au sein de la radio militaire », a-t-il dénoncé.

A LIRE : La radio militaire transformée en arme de Netanyahu contre l’Etat de droit ?

Depuis plusieurs années, Tsahal cherche à retirer la radio de l’armée de la compétence de l’armée et du ministère de la Défense. En janvier, Gantz a annoncé un plan visant à séparer la radio de l’armée de Tsahal une fois pour toutes, une mesure attendue depuis longtemps mais qui avait été retardée à plusieurs reprises afin d’éviter la fermeture définitive de la station.

L’exploitation et le financement, par l’armée, de cette station de radio dont les journalistes mènent des enquêtes sur l’armée israélienne elle-même, ainsi que sur les politiciens, ont longtemps été considérés comme anachroniques, coûteux, et éthiquement problématiques.

Des graffitis sur lesquels on pouvait lire « Armée – sortez de la radio. Un soldat n’est pas un journaliste » est écrit sur un bâtiment près du siège de la radio de l’armée à Jaffa, le 19 août 2015. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Galei Tsahal, comme on l’appelle en hébreu, est l’une des stations d’information les plus écoutées du pays. Elle réunit des jeunes soldats et des journalistes expérimentés.

La ligne éditoriale de la station en tant que média a toujours été difficile, car elle fonctionne simultanément, et parfois de manière discordante, comme un organisme d’information indépendant qui émet des critiques sur le gouvernement, et comme une branche de l’armée israélienne dédiée à la couverture des troupes et à la promotion du narratif de l’armée comme champ de consensus national.

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