Des ex-dirigeants à l’UE : rejetez un plan de Trump sans État palestinien
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Des ex-dirigeants à l’UE : rejetez un plan de Trump sans État palestinien

Signée par 37 personnalités, la lettre intervient après l'annonce de la semaine dernière de Netanyahu d'annexer les implantations en Cisjordanie

La haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse au siège de l'UE à Bruxelles, le lundi 11 décembre 2017. (AP Photo/Virginia Mayo)
La haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse au siège de l'UE à Bruxelles, le lundi 11 décembre 2017. (AP Photo/Virginia Mayo)

Dimanche, une trentaine d’anciens politiciens européens ont publié un appel pour que l’Union européenne réaffirme son engagement à une solution à deux États pour Israël et les Palestiniens et rejette tout plan de paix de Trump qui ne prendrait pas en compte les demandes palestiniennes.

La lettre, publiée dans le journal britannique Guardian, intervient alors que le Maison Blanche devrait bientôt publier son plan attendu depuis longtemps et dans le sillage d’une promesse électorale effectuée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’annexer les implantations de Cisjordanie.

La lettre, signée par plusieurs anciens Premiers ministres et ministres des Affaires étrangères, affirme que l’UE doit continuer de soutenir la présence « d’un état palestinien aux côtés d’Israël sur des lignes d’avant 1967 dans un accord mutuel, avec des échanges minimaux et égaux de terre ; avec Jérusalem comme capitale des deux états ; avec des accords sécuritaires qui prennent en compte les préoccupation légitimes et le respect de la souveraineté des deux camps et avec une solution équitable à la question des réfugiés palestiniens ».

Les officiels ont déclaré que l’Europe « devrait rejeter n’importe quel plan qui ne répond pas à ce standard ».

« Israël et les territoires palestiniens occupés (sic.) glissent vers une réalité à un seul état de droits inégaux. Cela ne peut pas continuer. Pour les Israéliens, pour les Palestiniens ou pour nous en Europe », prévenait la lettre, ajoutant que « ne pas réussir à saisir cette opportunité, à un moment de l’histoire où cet ordre est remis en question de manière sans précédent, aurait des conséquences négatives graves ».

L’implantation israélienne de Maale Adumim, en Cisjordanie, le 25 février 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Parmi les 37 ex-officiels qui ont signé la lettre, on trouvait l’ancien Premier ministre français Jean-Marc Ayrault, l’ancien Premier ministre suédois Carl Bildt, l’ancien Premier ministre italien Massimo d’Alema, l’ancien ministre européen des Affaires étrangères Javier Solana et deux anciens ministres des affaires étrangères britanniques, Jack Straw et David Miliband.

Vendredi, le secrétaire d’état américain Mike Pompeo a déclaré qu’il ne pensait pas que l’annonce de Netanyahu d’étendre la souveraineté israélienne aux implantations de Cisjordanie nuirait au plan de paix que l’Administration Trump prépare depuis longtemps. Ses commentaires semblaient indiquer que le plan américain ne prévoit pas d’état palestinien, ou même de contrôle palestinien de territoires importants en Cisjordanie.

Interrogé par le présentateur de CNN Jake Tapper pour savoir s’il pensait que « la promesse [de Netanyahu] d’annexer la Cisjordanie » pourrait nuire à la proposition américaine, Pompeo a répondu « je ne pense pas ».

« Je pense que la vision que nous allons présenter correspond à un changement significatif du modèle qui a été utilisé », a-t-il dit.

« Nous avons eu beaucoup d’idées pendant 40 ans. Elles n’ont pas permis d’obtenir la paix entre Israéliens et Palestiniens, a-t-il déclaré. Notre idée est de mettre en avant une vision qui a des idées nouvelles, qui sont différentes, qui sont uniques, qui s’efforcent de donner une nouveau cadre, une nouvelle forme à un problème inextricable ».

Il a dit que l’Administration Trump voulait « une meilleure vie » à la fois pour les Israéliens et les Palestiniens.

Dans des entretiens quelques jours avant les élections de la semaine dernière, Netanyahu a déclaré qu’il avait l’intention d’appliquer progressivement la loi israélienne sur toutes les implantations, et qu’il espérait qu’il pourrait y parvenir avec l’accord des Etats-Unis.

Excluant directement un état palestinien, dont il a dit qu’il « mettrait en danger notre existence », Netanyahu a promis de maintenir un contrôle sécuritaire israélien total sur la Cisjordanie et d’officialiser la souveraineté israélienne sur les plus de 400 000 Juifs israéliens dans les implantations. Cette mesure ne s’appliquerait pas seulement aux principaux blocs d’implantations, mais aussi aux implantations isolées, a-t-il indiqué.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, (à droite), accueille le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo à sa résidence de Jérusalem, le 21 mars 2019. (Crédit : Jim Young/Pool/AFP)

Netanyahu a également dit avoir déclaré au président américain Donald Trump qu’il n’évacuerait pas « une seule personne » de n’importe quelle implantation. Selon certaines informations, il pense que Trump le soutiendrait dans sa mesure de souveraineté sur les implantations si les Palestiniens rejettent le plan de paix de Trump.

Plusieurs groupes juifs américains importants, dont le mouvement Réformé et Conservateur, ont imploré Trump de retenir Netanyahu, affirmant dans une lettre publiée vendredi que la décision de souveraineté « conduira à un conflit plus fort entre Israéliens et Palestiniens, entravera gravement, pour ne pas dire éradiquera, la coordination sécuritaire efficace entre l’état d’Israël et l’Autorité palestinienne, et renforcera le mouvement BDS qui a l’intention d’isoler et de délégitimer Israël ».

La Maison Blanche a déclaré qu’elle dévoilerait son plan de paix après les élections en Israël, qui ont eu lieu la semaine dernière.

L’Autorité palestinienne a boycotté l’Administration Trump depuis sa reconnaissance en décembre 2017 de Jérusalem comme la capitale d’Israël, et a promis de s’opposer à la proposition. L’Administration américaine a coupé plus de 500 millions de dollars en aide palestinienne depuis le début du boycott palestinien. Les Palestiniens revendiquent Jérusalem est comme la capitale de leur futur état.

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