Pompeo : l’annexion de la Cisjordanie par Netanyahu ne nuira pas au plan de paix
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Pompeo : l’annexion de la Cisjordanie par Netanyahu ne nuira pas au plan de paix

Le secrétaire d'État américain a déclaré à CNN : "La vision que nous allons proposer va représenter un changement significatif par rapport au modèle existant"

Le secrétaire d'État américain Michael Pompeo lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 20 mars 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)
Le secrétaire d'État américain Michael Pompeo lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 20 mars 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré vendredi qu’il ne pensait pas que le discours du Premier ministre Benjamin Netanyahu sur l’extension de la souveraineté israélienne aux implantations en Cisjordanie puisse nuire au plan de paix que l’administration Trump a élaboré.

Ses propos semblent indiquer que le plan américain ne prévoit pas la création d’un État palestinien, ni même le contrôle palestinien d’un territoire substantiel contigu en Cisjordanie.

Interrogé par Jake Tapper, le présentateur de CNN, au cours d’une interview, pour savoir s’il pensait que Netanyahu « promettant d’annexer la Cisjordanie » pourrait nuire à la proposition américaine, Pompeo a répondu « non ».

« Je pense que la vision que nous allons présenter constituera un changement important par rapport au modèle qui a été utilisé », a-t-il ajouté.

« Nous avons eu beaucoup d’idées pendant 40 ans. Elles n’ont pas apporté la paix entre les Israéliens et les Palestiniens, a-t-il dit. « Notre concept est de proposer une vision qui a des idées nouvelles, différentes, uniques, qui essaie de recadrer et de remodeler ce qui a toujours été un problème insoluble. »

Il a déclaré que l’administration Trump souhaitait « une vie meilleure » pour les Israéliens et les Palestiniens.

Lors d’interviews réalisées quelques jours avant les élections, M. Netanyahu a déclaré qu’il avait l’intention d’appliquer progressivement la loi israélienne à toutes les implantations et qu’il espérait pouvoir le faire avec l’accord des États-Unis.

Excluant catégoriquement la création d’un état palestinien qui, selon lui, « mettrait notre existence en danger », Netanyahu a promis de maintenir en permanence le contrôle sécuritaire israélien global en Cisjordanie et de formaliser la loi israélienne sur les quelque 400 000 Juifs israéliens qui s’y sont établis. Cela s’appliquerait non seulement aux grands blocs d’implantation, mais aussi aux implantations isolées, a-t-il indiqué.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, (à droite), accueille le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo à sa résidence de Jérusalem, le 21 mars 2019. (Crédit : Jim Young/Pool/AFP)

M. Netanyahu a également déclaré qu’il avait dit au président américain Donald Trump qu’il n’évacuerait pas « une seule personne » de l’une quelconque des implantations, alors que selon certaines informations, il pense que Trump le soutiendra sur la souveraineté des implantations si les Palestiniens rejettent le plan de paix tant attendu de Trump.

Plusieurs grandes organisations juives américaines, dont les mouvements réformé et conservateur, ont imploré Trump de freiner Netanyahu, disant dans une lettre publiée vendredi que le mouvement de souveraineté « conduira à un conflit accru entre Israéliens et Palestiniens, sapera gravement, sinon complètement, la coordination réussie entre la sécurité et l’Autorité palestinienne, et stimulera les efforts comme le mouvement Boycott, désinvestissements et sanctions qui sont destinés à isoler et délégitimer Israël ».

La Maison Blanche a déclaré qu’elle rendrait publique sa proposition de paix après les élections en Israël, qui ont eu lieu la semaine dernière.

L’Autorité palestinienne a boycotté l’administration Trump depuis qu’elle a reconnu Jérusalem comme capitale israélienne en décembre 2017 et s’est engagée à s’y opposer. L’administration américaine a réduit de plus de 500 millions de dollars l’aide palestinienne depuis le début du boycott palestinien. Les Palestiniens revendiquent Jérusalem-Est comme capitale de leur futur état. Le consensus international est que le statut de Jérusalem doit être négocié entre les deux parties.

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