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Des habitants d’implantations agressent des Palestiniens et des militants de gauche

Plusieurs personnes ont été blessées, une voiture a été brulée, aucune arrestation n'a eu lieu ; les dirigeants d’implantations se disent "horrifiés"

Un activiste israélien, ensanglanté après avoir été battu par des extrémistes juifs en Cisjordanie, près de l'avant-poste de Givat Ronen, le vendredi 21 janvier 2022. (Autorisation : Yesh Din)
Un activiste israélien, ensanglanté après avoir été battu par des extrémistes juifs en Cisjordanie, près de l'avant-poste de Givat Ronen, le vendredi 21 janvier 2022. (Autorisation : Yesh Din)

Vendredi matin, à Burin, en Cisjordanie, des extrémistes juifs ont attaqué des Palestiniens et des militants israéliens de gauche à coups de matraques et de pierres, faisant au moins six blessés et incendiant une voiture, selon la police, des témoins et des images tournées sur place.

L’armée et la police israéliennes ont été appelées mais seraient arrivées après le départ des agresseurs. Un porte-parole de la police a déclaré que les agents enquêtaient sur l’incident.

« La police agira avec détermination et force pour trouver les contrevenants à la loi, les capturer et les traduire en justice », a-t-il déclaré.

Des militants israéliens affiliés à l’association Rabbis for Human Rights ont déclaré être arrivés à Burin, près de Naplouse, vendredi matin, pour aider des agriculteurs palestiniens à planter des arbres sur des terres situées à l’intérieur des limites du village.

Environ une heure et demie plus tard, des dizaines de personnes masquées sont descendues de l’avant-poste israélien illégal voisin de Givat Ronen, brandissant des gourdins et des pierres. Au moins six Israéliens ont été blessés au cours de l’attaque, selon des témoins et des médecins. Le nombre de Palestiniens blessés n’a pas été précisé.

« Ils ont jeté des pierres contre les fenêtres de la voiture, ont versé de l’essence dessus, y ont mis le feu, puis ont jeté des pierres et ont frappé tous les volontaires à portée de main », a déclaré Daniel Roth, un activiste américano-israélien qui travaille avec l’organisation Rabbis for Human Rights, qui se décrit comme « la voix rabbinique de la conscience en Israël, donnant une voix à la tradition juive des droits de l’homme ».

Six Israéliens blessés lors de l’agression ont été hospitalisés à l’hôpital Beilinson de Petah Tikva. Certains ont été blessés à la tête, un homme aurait la main cassée. Daniel Roth a déclaré qu’un habitant d’implantation lui avait lancé une pierre à la tête mais qu’il avait fait barrage avec son bras.

Un porte-parole de Yitzhar et des avant-postes illégaux environnants a nié avoir connaissance de l’incident.

Le Conseil de Yesha, qui représente une grande partie des implantations, a publié une rare condamnation de cette violente attaque. Le conseil a jugé l’attaque « aberrante ».

Se disant « horrifié » par les images de la scène, le conseil a déclaré que « cette conduite grave est contraire aux valeurs du peuple d’Israël et nuit au mouvement des implantations. Ce n’est pas notre voie. Nous appelons les autorités à enquêter sur cet incident et à traduire les auteurs en justice ».

Un pompier éteint les flammes d’une voiture israélienne après qu’elle aurait été incendiée par des extrémistes juifs en Cisjordanie, près de l’avant-poste de Givat Ronen, le 21 janvier 2022. (Autorisation de Yesh Din)

Les responsables israéliens de la sécurité ont prévenu que la violence des extrémistes juifs en Cisjordanie avait augmenté ces derniers mois. Fin décembre, des responsables du Shin Bet ont déclaré au Times of Israel que la violence des extrémistes juifs avait augmenté de 50 % au cours de l’année écoulée.

Néanmoins, il y a de fortes divisions en Israël sur ce phénomène. Les politiciens israéliens de droite ont dénoncé la caractérisation des attaques comme « violences des habitants d’implantations », affirmant qu’il s’agit d’une tentative de salir tous les Juifs qui vivent en Cisjordanie.

« Il y a des éléments marginaux dans chaque communauté et il faut s’en occuper par tous les moyens, mais nous ne devons pas généraliser à propos d’une communauté entière », a déclaré le Premier ministre Naftali Bennett à la mi-décembre.

La plupart des violences seraient perpétrées par des extrémistes juifs qui vivent dans des avant-postes illégaux. Début janvier, le vice-ministre Yair Golan (Meretz) les a qualifiés de « sous-hommes », ce qui a suscité des réactions négatives. Il s’est ensuite excusé pour son choix de mots.

Après l’attaque de vendredi, Golan a tweeté de manière sarcastique : « Ok, donc ils ne sont pas des sous-hommes. Comment voulez-vous les appeler, alors ? »

Daniel Roth, qui participe régulièrement à des manifestations en Cisjordanie, a qualifié l’agression « d’acte de terrorisme grave ».

« C’était une journée très, très dure. Beaucoup de gens vont y repenser pendant longtemps, aussi bien les activistes israéliens que les Palestiniens de Burin, qui sont régulièrement confrontés à cette violence », a-t-il dit.

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