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Des Iraniens aideraient la Russie à déployer les drones contre l’Ukraine – médias

Des membres des Gardiens de la révolution aideraient les troupes russes en Crimée alors que Moscou bombarde les infrastructures ukrainiennes

Des Ukrainiens courent alors qu'un drone explose contre un immeuble à Kiev, le 17 octobre 2022. (Crédit : AP Photo/Efrem Lukatsky)
Des Ukrainiens courent alors qu'un drone explose contre un immeuble à Kiev, le 17 octobre 2022. (Crédit : AP Photo/Efrem Lukatsky)

Téhéran a envoyé des formateurs militaires en Crimée, occupée par la Russie, pour aider les forces de Moscou à utiliser des drones iraniens contre l’Ukraine, selon des informations qui ont été transmises mardi.

L’Ukraine et ses alliés occidentaux ont accusé la Russie d’avoir déployé des drones fabriqués en Iran dans des attaques contre l’Ukraine, ces dernières semaines, alors que Moscou et Téhéran paraissent se rapprocher davantage.

La Russie a bombardé l’Ukraine à l’aide de drones kamikazes et d’autres armements dans ces frappes qui ont ciblé des infrastructures énergétiques et autres dans le pays. Selon l’Ukraine, les forces de Moscou auraient utilisé des dizaines de drones iraniens dans des attaques contre les civils, notamment à Kiev.

Les formateurs iraniens aideraient la Russie dans cette campagne depuis une base militaire située en Crimée, selon le New York Times qui a cité des responsables américains actuels et anciens qui ont eu accès à des informations figurant dans des documents de renseignement classifiés.

Un grand nombre de ces drones iraniens se trouvent en Crimée depuis qu’ils ont été livrés à la Russie, a précisé le reportage.

Ces militaires iraniens appartiennent au Corps des Gardiens de la révolution iraniens, une branche de l’armée qui est inscrite aux États-Unis sur la liste noire des organisations terroristes étrangères. Ce Corps a été déployé par la République islamique sur d’autres fronts étrangers, comme au Yémen.

La Russie avait initialement envoyé ses propres hommes en Iran pour les former à l’utilisation des drones mais les armes présentaient des problèmes à leur arrivée sur le territoire russe. La République islamique a alors envoyé ses formateurs en Crimée pour régler les dysfonctionnements, a noté le New York Times.

Les Iraniens ne sont pas sur la ligne de front et ils enseignent aux Russes la manière de déployer au mieux les drones. Il est difficile de dire pour le moment si ce sont les Iraniens qui sont aux commandes de ces derniers.

Le journal américain a signalé que les bombardements avaient détruit des infrastructures électriques et qu’ils ont tué des civils, notamment une femme enceinte qui se trouvait dans un immeuble résidentiel, a ajouté le New York Times.

Les pompiers au travail après une frappe au drone sur un immeuble de Kiev, en Ukraine, le 17 octobre 2022. (Crédit : AP Photo/Efrem Lukatsky)

L’Iran et la Russie ont nié utiliser les drones fabriqués au sein de la République islamique en Ukraine.

C’est le Daily Mirror, en Grande-Bretagne, qui a le premier signalé la présence des Iraniens en Crimée.

Mardi, CNN a fait savoir que des centaines de drones avaient été envoyés à la Russie et une source proche des services de renseignement américains a déclaré à la chaîne que des dizaines de formateurs iraniens avaient été envoyés pour assister les Russes.

Les drones appartiennent au modèle Shahed-136, utilisé pour les attaques sol-sol. Ces drones « kamikazes » transportent une petite ogive et ils s’écrasent dans leurs cibles, explosant au moment de l’impact. Ils ont une portée de mille kilomètres environ.

Parce que c’est un drone peu coûteux et qui a été produit en grande quantité, la Russie utilise le Shahed en Ukraine de manière croissante. Cela permet à la Russie d’éviter d’utiliser des avions sophistiqués en mettant les pilotes en péril, en épargnant également le stock limité de missiles de précision onéreux à longue portée de l’armée russe. Tirés depuis un lanceur placé sur un camion, se succédant rapidement, les drones peuvent voler à basse altitude et à petite vitesse, ce qui leur permet d’éviter d’être détectés par les radars.

Les Iraniens ont aussi envoyé à la Russie des drones Mohajer-6 qui peuvent transporter des missiles et effectuer des missions de surveillance, selon le New York Times.

Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont indiqué que ces livraisons de drones violaient une résolution adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU qui interdit le transfert d’armes iraniennes. Un responsable américain a ajouté que les pays Occidentaux allaient évoquer cet approvisionnement en drones lors d’une rencontre du Conseil de sécurité des Nations unies, a précisé CNN.

Les États-Unis ont averti, lundi, qu’ils prendraient des mesures contre les entreprises et contre les nations impliquées dans le programme de drones de Téhéran.

La Russie et l’Iran sont soumis à des sanctions occidentales qui bloquent les activités économiques et le commerce des armements dans les deux pays.

Le président Volodymyr Zelenskyy s’exprime depuis Kiev, en Ukraine, le 10 octobre 2022. (Crédit : Bureau présidentiel ukrainien via l’AP)

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué mardi que les frappes israéliennes avaient détruit environ 30 % des centrales électriques du pays en une semaine alors qu’il prenait la parole quelques heures après une nouvelle série d’attaques qui a coupé l’électricité dans les villes de toute l’Ukraine.

Lors des frappes commises dans la capitale de Kiev, lundi, les drones ont détruit un immeuble résidentiel, entraînant la mort de cinq personnes. Le maire de la ville, Vitali Klitschko, a signalé que 28 drones avaient été déployés dans le cadre d’une vague d’attaques successives.

C’est le deuxième lundi d’affilée que la Russie lance des attaques punitives qui, selon les observateurs militaires, semblent être la réponse apportée par Moscou aux défaites enregistrées sur le terrain.

Le Washington Post, qui a cité des responsables de la sécurité américains et alliés, a fait savoir dimanche que la République islamique programmait de fournir de nouveaux drones à la Russie en plus « de missiles sol-sol ».

Reuters a par ailleurs fait savoir mardi que Téhéran avait accepté de vendre à Moscou deux modèles de missiles balistiques sol-sol à courte portée, le Fateh 100 et le Zolfaghar.

L’Iran a déclaré mardi que les affirmations laissant entendre que ses drones se trouvaient entre les mains des Russes étaient « sans fondement », annonçant que le pays est prêt à en discuter avec Kiev.

Photo d’illustration : Un drone est lancé lors d’un exercice militaire en Iran, le 25 août 2022. (Crédit : Armée israélienne via AP)

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a dit qu’il avait suggéré au président Zelensky de rompre les relations diplomatiques avec l’Iran. Le mois dernier, Kiev avait pris la décision de revoir sérieusement à la baisse ses liens avec Téhéran en raison de ses livraisons d’armes présumées à la Russie.

Les frappes les plus récentes contre l’Ukraine ont aussi intensifié les appels lancés par Kiev à Israël, demandant au pays une assistance en matière de défense.

Le ministre des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, a indiqué que son pays prévoyait de soumettre une requête officielle à l’État juif, lui demandant une assistance immédiate en matière de défense aérienne.

Depuis les premiers jours de l’invasion, de hauts-responsables ukrainiens réclament à l’État juif la mise à disposition des systèmes de défense antimissiles israéliens – et en particulier le Dôme de fer – dans des discours publics et dans des conversations privées avec les décisionnaires à Jérusalem.

L’État juif, pour sa part, a refusé de manière répétée les demandes de Kiev – en particulier en ce qui concerne les systèmes de défense antiaérienne qui sont susceptibles d’être utilisés pour contrer les frappes russes. Jérusalem a toutefois fait part à de nombreuses reprises de sa sympathie face au calvaire vécu par les Ukrainiens.

Dans une rare expression d’unité entre des personnalités de la coalition et de l’opposition, le ministre de la Défense Benny Gantz et le chef du Likud Benjamin Netanyahu ont exprimé, mardi, la même volonté de ne pas changer la politique israélienne, une politique qui s’est jusqu’à présent refusée d’envoyer des équipements militaires défensifs à l’Ukraine.

Israël cherche à préserver ses liens – de plus en plus tendus – avec la Russie au cours de la guerre. C’est Moscou qui contrôle l’espace aérien syrien où l’État juif frappe des cibles liées à l’Iran, notamment le groupe terroriste du Hezbollah. Netanyahu a ajouté qu’il craignait que des armes israéliennes ne terminent entre les mains des Iraniens si elles devaient être envoyées à l’étranger.

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