Rechercher

Des Israéliens d’origine ukrainienne vendent leurs biens pour soutenir leurs proches

"Je souffre presque physiquement. Mais qui aurait cru que les Maccabées triompheraient, ou Israël lors de la guerre des Six Jours ?", a déclaré une immigrante d'Ukraine

Des manifestants portant des pancartes et des drapeaux lors d'une démonstration contre l'invasion russe en Ukraine, devant le parlement israélien, à Jérusalem, le 28 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
?????
?????
????
Des manifestants portant des pancartes et des drapeaux lors d'une démonstration contre l'invasion russe en Ukraine, devant le parlement israélien, à Jérusalem, le 28 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90) ????? ????? ????

Des Israéliens d’origine ukrainienne vendent leurs biens afin de pouvoir envoyer de l’argent à leurs frères en Ukraine, selon un membre actif de la communauté.

« J’ai des amis en Israël qui ont commencé à vendre leurs tableaux pour pouvoir envoyer de l’argent aux orphelinats là-bas, et demandent aux autres de vendre leurs biens pour récolter de l’argent », a déclaré Sonja, qui a demandé à parler au Times of Israël sous un nom d’emprunt.

« Tous les membres de mon entourage font quelque chose. Certains écrivent à ce sujet. Il y a beaucoup d’initiatives de collecte de fonds pour envoyer des médicaments, des vêtements pour les enfants – toutes sortes de produits de base pour aider les gens là-bas qui ne peuvent pas partir pour de nombreuses raisons. »

Sonja, qui a immigré en Israël depuis Odessa à la fin des années 1980, poursuit : « Tous ceux à qui je parle sont du côté ukrainien. Nous le ressentons physiquement. J’ai l’impression qu’ils m’ont arraché un bras. Je pleure. Je me souviens de mon enfance et de tous les endroits que j’ai connus. C’est comme si je pouvais les sentir ».

« En Israël, nous sommes tous allés à l’armée. Nous comprenons ce que c’est que le service militaire. Là-bas, c’est différent. Beaucoup de femmes, n’ont absolument aucune expérience », poursuit-elle.

« En Israël, il y a des abris anti-bombes et tout est organisé », a-t-elle ajouté. « Cela fait partie de votre vie. En Ukraine, ils n’ont pas construit d’abris anti-bombes depuis 1945. Personne ne sait où se réfugier. »

Deux défenseurs civils armés discutent entre eux à l’intérieur d’un hôtel de ville à Kiev, en Ukraine, le 27 février 2022. (Crédit : Efrem Lukatsky /AP Photo)

« Les gens descendent dans des sous-sols qui ne sont généralement pas aménagés. Ou ils vont dans le métro », poursuit-elle. « J’ai des amis qui ont juste quitté leur maison et trouvé un bout de terrain, après avoir calculé où les bâtiments avaient le moins de chances de leur tomber dessus. Personne n’était prêt. »

Sonja a décrit la guerre comme « une tragédie biblique. C’est Caïn et Abel. C’est un frère plus puissant contre un frère plus faible.  Je ne peux pas croire que je vis dans un monde où ce genre de choses peut se produire. »

« Mon cœur est là-bas, pas seulement parce que je suis née à Odessa », a déclaré Sonja. « Je pense que les Ukrainiens se battent pour l’ensemble de l’Europe, avec beaucoup d’héroïsme ».

Elle a fait remarquer que l’on ne peut pas « comparer la capacité russe avec celle de l’Ukraine. Mais qui aurait cru que les Maccabées triompheraient [des rebelles juifs qui ont vaincu les Grecs de l’Antiquité pour établir la dynastie des Hasmonéens, qui a régné de 167 à 37 avant Jésus-Christ] ou qu’Israël gagnerait la guerre d’indépendance ou la guerre des Six Jours ? »

Sonja, qui a participé à une manifestation contre l’invasion à Tel Aviv samedi, est en contact permanent avec des amis sous les tirs.

Des manifestants brandissent des pancartes et des drapeaux lors d’une démonstration contre l’invasion russe de l’Ukraine, à Tel Aviv, le 26 février 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

« Je connais des familles qui sont restées là-bas parce que leurs hommes sont partis au combat », a-t-elle dit. « Je suis tellement fière de mes amis juifs qui sont prêts à agir et à protéger leurs maisons. J’entends et je sens leur patriotisme. Sans entrer dans la politique, il y a un moment où les gens là-bas ont senti qu’ils étaient véritablement responsables de la défense de l’indépendance de leur pays, rien de moins. »

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, lui aussi, est une source de fierté, a-t-elle ajouté. « Au moment de vérité, il a saisi l’opportunité que l’histoire lui a donnée d’une manière très héroïque ».

À l’exception d’un cousin au troisième degré, parti au combat, Sonja n’a plus que de la famille éloignée en Ukraine, avec laquelle elle n’était pas en contact. Maintenant, elle leur a tendu la main pour leur dire qu’ils peuvent utiliser son adresse s’ils veulent venir en Israël.

« J’ai l’impression de parler avec Odessa. Je vois des images. Je ressens presque physiquement la douleur », dit-elle. « Mais il y a une fierté nationale, il y a un sentiment de justice, et je suis convaincue que le soleil brillera à nouveau ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...