Des Juifs autorisés sur le mont du Temple pour Yom Yeroushalayim
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Des Juifs autorisés sur le mont du Temple pour Yom Yeroushalayim

Des Palestiniens ont lancé des chaises, des pierres sur la police suite à une rare décision de laisser entrer des non-musulmans sur le site pour les derniers jours du Ramadan

La police israélienne au mont du Temple le 2 juin 2019. (Police israélienne)
La police israélienne au mont du Temple le 2 juin 2019. (Police israélienne)

Dimanche matin, des affrontements ont éclaté entre des émeutiers palestiniens et la police sur le mont du Temple dans la Vieille Vlle de Jérusalem, alors que des centaines des Juifs ont été autorisés à se rendre sur le lieu saint pour célébrer Yom Yeroushalayim – le 52e anniversaire de l’unification de la capitale pendant la guerre des Six Jours.

Il s’agissait de la première fois en 30 ans que des non-musulmans étaient autorisés sur le site pendant les derniers jours du mois du Ramadan, qui coïncide cette année avec Yom Yeroushalayim.

La police a annoncé plus tôt dans la matinée que l’espace serait fermé aux Juifs et aux touristes, alors que la Cour suprême a débouté un recours s’opposant à la fermeture, laissant la décision finale à la police.

La police a déclaré dans un communiqué qu’une « émeute a été initiée par des jets de pierres, de chaises et de différents objets ».

« En conséquence, Doron Hadid, le général commandant le district de Jérusalem, a donné l’ordre aux forces de police d’entrer dans le mont du Temple et de contrôler les émeutiers », a-t-il ajouté.

Des articles palestiniens ont noté qu’au moins une personne avait été arrêtée et évacuée du site.

La police a ensuite déclaré dans la matinée que les affrontements avaient redémarré et que des centaines d’émeutiers lançaient des pierres et des chaises sur le personnel de sécurité israélien.

L’ONG de gauche Ir Amin a déclaré que la violence avait repris après que la police a fermé l’entrée de la mosquée Al-Aqsa et que des fidèles tentaient d’y entrer.

Des centaines de militants juifs sont arrivés tôt samedi matin à l’entrée du mont du Temple, demandant à avoir accès au site – le lieu le plus saint du judaïsme et le troisième plus saint pour les musulmans, qu’ils désignent comme la mosquée Al-Aqsa ou le Noble sanctuaire. Après une évaluation de la situation sécuritaire, la police a décidé de les laisser passer après avoir arrêté la manifestation musulmane.

Le site, une véritable poudrière, est toujours fermé aux non-musulmans pour les dix derniers jours du Ramadan, quand de nombreux fidèles sont présents sur le site. La dernière fois que le mont du Temple a été fermé aux Juifs pour Yom Yeroushalayim remonte à 1988, quand cela coïncidait aussi avec la fin du Ramadan.

Selon l’accord en place depuis la victoire d’Israël lors de la guerre de 1967, les non-musulmans sont autorisés à visiter le mont du Temple, mais pas à y prier. Les Juifs sont autorisés à entrer par petits groupes et à des horaires limités. Ils sont contraints de suivre des parcours prédéfinis, sont étroitement surveillés et ne peuvent pas prier ni montrer aucun symbole religieux ou national.

L’année dernière, plus de 2 000 Juifs ont visité le site pour Yom Yeroushalayim, sous l’étroite surveillance de la police.

Des chaises et autres objets lancés sur les forces de police par des émeutiers palestiniens au mont du Temple le 2 juin 2019. (Crédit : police israélienne)

Dans le même temps, des milliers de Juifs se sont pressés à proximité du mur Occidental, le lieu le plus saint où les Juifs sont autorisés à prier – pour marquer l’événement.

La police a été déployée en masse à Jérusalem et se trouvait en état d’alerte maximum dimanche, avec des mesures de sécurité plus strictes aux points de contrôle reliant la ville à la Cisjordanie, dans le sillage de l’attaque terroriste au couteau de vendredi matin perpétrée dans la Vieille Ville de la capitale. Deux civils israéliens ont été blessés – dont l’un sérieusement.

Un adolescent palestinien a poignardé deux Israéliens dans la Vieille Ville avant d’être abattu par la police israélienne.

L’événement le plus sensible attendu est la marche qui passera à travers les rues de la Vieille Ville dans l’après-midi et qui est fréquemment marquée par des tensions avec les Palestiniens locaux.

De nombreuses rues du centre-ville seront fermées entre 15 heures et 21 heures pour canaliser le défilé et d’autres festivités.

Des jeunes israéliens brandissent leur drapeau national lors d’une manifestation pour célébrer le Jour de Jérusalem, marquant l’unification de la ville après la Guerre des six Jours le 13 mai 2018. (Thomas COEX/AFP)

Ce que l’on surnomme la Marche du Drapeau, dans laquelle des adolescents religieux défilent dans la Vieille Ville avec des habits blancs et bleus, a provoqué des tensions en raison de son passage dans le quartier musulman.

Les commerçants palestiniens le long du parcours sont contraints de fermer leur boutique pendant le défilé, et l’on conseille aux résidents du quartier musulman de rester chez eux.

Ces dernières années, la marche a provoqué des incidents violents sporadiques entre des croyants palestiniens et israéliens.

Le mois dernier, la Cour suprême a rejeté un recours d’un groupe de gauche qui souhaitait modifier le parcours de la marche nationaliste.

Plus tard dans la journée, la cérémonie d’Etat pour Yom Yeroushalayim se tiendra à 18 heures sur la colline des Munitions, en présence du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

De nombreuses fêtes et événements auront lieu dans la ville dans la soirée et dans la nuit, dont un concert de « Nuit blanche » au parc Sacher, auquel devraient participer des milliers d’étudiants.

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