Des leaders ultra-orthodoxes qualifient une vidéo de Lapid « d’antisémite »
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Des leaders ultra-orthodoxes qualifient une vidéo de Lapid « d’antisémite »

Le dirigeant de Yesh Atid a publié sur Twitter un clip parodique décrivant les responsables politiques haredim comme exigeant "tout l'argent d'Israël"

Yair Lapid du parti Kakhol lavan, le 31 mars 2019. (Saria Diamant/Kakhol lavan)
Yair Lapid du parti Kakhol lavan, le 31 mars 2019. (Saria Diamant/Kakhol lavan)

La communauté harédie est montée au front lundi après que le numéro 2 de Kakhol lavan, Yair Lapid, a tweeté une vidéo de campagne satirique décrivant les responsables politiques ultra-orthodoxes comme vénaux et corrompus, exigeant de grandes sommes d’argent en échange d’une promesse de loyauté envers le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le clip, qui se moque du Likud qui forcerait ses candidats aux prochaines élections à signer des promesses de loyauté, mettait en scène une conversation de groupe fictive sur la célèbre application de messagerie WhatsApp, dans laquelle les dirigeants de plusieurs petits partis sont appelés à soutenir la candidature de « Benjamin Netanyahu, premier du nom, messager de Dieu, leader de la droite et père des dragons ».

Dans la vidéo, le président du parti Shas, Aryeh Deri, répond en disant : « Vous voulez que je signe ? Donner trois autres billions de shekels pour les yeshivot », tandis que celui du parti Yahadout HaTorah, Yaakov Litzman, rétorque, « Je veux tout l’argent d’Israël ».

Dans la conversation fictive, le député nationaliste Betzalel Smotrich exige également l’annexion des implantations, et la dirigeante de son parti, Ayelet Shaked, demande à ce que Netanyahu affaiblisse la Cour suprême.

« Antisémitisme — il n’y a pas d’autre mot », a réagi Aryeh Deri sur Twitter.

Yaakov Litzman a également qualifié la vidéo d’antisémite, déclarant qu’elle franchissait une « ligne rouge » et qu’elle rappelait « des périodes sombres lors desquelles les Juifs étaient dépeints de persécuteurs avides ».

Yair Lapid a rapidement réagi, déclarant qu’il n’était pas prêt à accepter les critiques de quelqu’un qui « protège les pédophiles », une référence aux allégations selon lesquelles Litzman, vice-ministre de la Santé, auraient protégé des criminels sexuels dans au moins dix cas.

« Je ne suis pas impressionné quand ils hurlent ‘haine, haine’ à chaque fois que quelqu’un les critique. Il existe un vrai antisémitisme dans le monde : des Juifs sont abattus dans des synagogues. Ce n’est pas de l’antisémitisme. Nous continuerons à nous battre pour Israël en tant qu’État juif, démocratique, libre et libéral ». Selon lui, ce qu’il décrit dans sa vidéo humoristique relève d’une campagne politique légitime.

Litzman a également critiqué le n°1 de Kakhol lavan, Benny Gantz, estimant que s’il ne condamnait pas la vidéo, il était « entièrement et directement complice d’un crime haineux commis contre tout un secteur d’Israël ».

Tandis que le porte-parole de Benny Gantz a refusé de commenter le clip, le n°3 du parti, Moshe Yaalon, a assuré qu’il ne s’agissait « pas de mon style ou de celui de Gantz », ajoutant qu’ils n’étaient « pas favorables aux discours haineux ».

Le député de Kakhol lavan Asaf Zamir a indiqué à la radio de l’armée que la vidéo n’était pas non plus de son style « et qu’il ne l’aurait pas faite ».

« La force de la société israélienne provient de son unité, dans tous les secteurs — laïcs et religieux, Juifs et non-Juifs, gauche et droite. C’est comme cela que les dirigeants israéliens doivent se comporter actuellement », a déclaré plus tard Benny Gantz sur Twitter.

Faisant référence au jeûne de Tisha BeAv, durant lequel les Juifs pleurent la destruction du Second Temple, Gantz a rappelé l’adage selon lequel le Temple était tombé en raison d’une haine inutile et déclaré : Nous devrions adopter un style différent de celui de Netanyahu et se concentrer sur l’amour sans condition ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est fait l’écho des dirigeants ultra-orthodoxes et a accusé Lapid, d’incitation à l’antisémitisme.

« Cette provocation, par un candidat au poste de Premier ministre Yair Lapid, avec ses relents antisémites, prouve une fois de plus que Yair Lapid ne peut pas être autorisé à être Premier ministre », a-t-il dit.

« Incroyable ! Netanyahu, le plus grand provocateur de l’histoire d’Israël, m’attaque pour une blague sur WhatsApp. Hey, Bibi, est-ce que je dois commencer à pister [tes] blagues ? Le poison et la haine que tu répands sur la société israélienne depuis des années ? », a ensuite répondu Lapid à Netanyahu.

« Et au passage, ma blague portait sur les milliards que tu as donnés aux haredim, donc la blague ne les visait pas, elle nous visait nous. »

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