Des militants juifs pour le Kurdistan indépendant, dont BHL, promeuvent leur cause à New York et Jérusalem
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Des militants juifs pour le Kurdistan indépendant, dont BHL, promeuvent leur cause à New York et Jérusalem

Le vice-ministre de la Défense Eli Ben-Dahan et d'autres élus accueillent une délégation de Kurdes pour une conférence sur les relations avec Israël

Le philosophe et auteur français Bernard-Henri Levy à Paris, le 14 janvier 2016 (Crédit : AFP Photo/Joel Saget)
Le philosophe et auteur français Bernard-Henri Levy à Paris, le 14 janvier 2016 (Crédit : AFP Photo/Joel Saget)

A Jérusalem et à New York, des militants juifs pour un Kurdistan indépendant ont accueilli des événements faisant la promotion de leur cause avec la participation de responsables israéliens, français et britanniques.

Mardi, l’événement organisé à New York a été une projection – la première en son genre – d’un documentaire réalisé par le réalisateur juif français Bernard-Henry Lévy devant un public de 700 personnes consacré aux Peshmergas, les combattants kurdes qui luttent contre les terroristes de l’Etat islamique en Irak et en Syrie. Les missions britanniques et françaises aux Nations unies ont organisé cette séance au siège de l’ONU.

Par ailleurs, mercredi à Jérusalem, le vice-ministre de la Défense Eli Ben-Dahan et une douzaine d’autres députés ont accueilli pour la première fois à la Knesset une délégation de représentants kurdes issus de l’organisation Société kurde-européenne durant une conférence internationale intitulée « le Kurdistan et Israël : Ensemble vers la paix et la stabilité au Moyen-Orient ».

Aux Nations unies, le représentant permanent de la mission française, François Delattre, a évoqué « les droits historiques du Kurdistan » – signalant potentiellement un changement dans la politique étrangère officielle française qui ne mentionne que « du respect pour les droits légitimes des Kurdes ».

Delattre a également noté le combat « sans égal », comme il l’a appelé, mené par les Peshmergas – également le titre du film de Lévy – contre l’Etat islamique.

Lévy a expliqué que le documentaire, que lui et une équipe de quatre personnes ont commencé à tourner en 2015, tente de « démontrer le courage, la bravoure et l’abnégation des combattants kurdes qui ont gagné l’admiration du monde entier ».

Tandis qu’une majorité de votants au Kurdistan – une région semi-autonome d’Irak – ont soutenu l’indépendance dans un référendum qui a eu lieu au mois de septembre, le gouvernement irakien a dit qu’il ne reconnaissait pas ces résultats et a imposé des sanctions, notamment l’interdiction des vols aériens depuis et vers la zone semi-autonome kurde.

Dans un contexte de pressions exercées par Bagdad, les milices kurdes, le mois dernier, ont cédé des douzaines de positions avancées aux troupes de l’armée irakienne. Les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni et de nombreux autres pays se sont opposés à l’indépendance kurde, déclarant soutenir un Irak non-divisé.

Lévy, l’un des auteurs et commentateurs politiques les plus connus en France, a condamné cette politique dans un discours qui a précédé la projection.

« Les hommes forts de la région, ceux qui croient que l’homme est né pour obéir, les peuples pour se soumettre et les frontières pour être taillées dans la chair vivante de l’humanité – ces hommes, hélas, ont eu le dernier mot » au Kurdistan, a-t-il dit.

L’événement à la Knesset, organisé par la législatrice Ksenia Svetlova issue de l’Union sioniste, a été le tout premier où des responsables israéliens ont favorisé ouvertement l’indépendance kurde.

Israël a été l’un des premiers pays à soutenir l’établissement d’un état kurde suite à une déclaration sur le sujet faite par le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Israël, dans le passé, avait gardé le silence sur les ambitions nationales kurdes auxquelles s’opposait la Turquie – partenaire commercial majeur d’Israël et allié déterminant de l’Etat juif à une époque.

Des kurdes irakiens brandissent les drapeaux kurde et israélien dans les rues de la ville de Kirkuk, au nord de l’Irak, le 25 septembre 2017 suite à un référendum sur l’indépendance. (Crédit : AFP Photo/Ahmad Al-Rubaye)

Parmi les participants juifs non-israéliens à cet événement à la Knesset, qui a eu lieu le jour du 70ème anniversaire de l’adoption par les Nations unies d’un plan de partition pour la Palestine, Joël Rubinfeld, ancien chef des Juifs de Belgique et militant contre l’antisémitisme dans ce pays.

Au début du mois, Rubinfeld a lancé la Coalition juive pour le Kurdistan – un groupe qui cite les affinités entre les Juifs et les Kurdes et dont le conseil honoraire inclut le professeur de droit à Harvard Alan Dershowitz, Irwin Cotler, ancien ministre de la Justice du Canada, le rabbin Abraham Cooper, vice-doyen du centre Simon Wiesenthal et Serge et Beate Klarsfeld, le couple de chasseurs de nazis de France.

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