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Des milliers de personnes affluent à Ouman malgré la guerre et les avertissements

Quelque 2 000 pèlerins juifs ont déjà atteint la ville ukrainienne ; ils sont arrivés par avion des pays voisins et ont pris le bus pour traverser la frontière

Judah Ari Gross est le correspondant du Times of Israël pour les sujets religieux et les affaires de la Diaspora.

Des Juifs prient dans une rue près de la tombe de Rabbi Na'hman de Breslev à Ouman, en Ukraine, le 20 septembre 2006. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
Des Juifs prient dans une rue près de la tombe de Rabbi Na'hman de Breslev à Ouman, en Ukraine, le 20 septembre 2006. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Quelque 2 000 pèlerins juifs ont déjà atteint la ville ukrainienne d’Ouman, malgré l’invasion russe en cours dans le pays, et des milliers d’autres arriveront avant la fête de Rosh HaShana de dimanche prochain.

En l’absence de vols directs vers l’Ukraine à cause de la guerre, les pèlerins israéliens ont pris des vols affrétés vers des villes d’Europe de l’Est proches des frontières de l’Ukraine, principalement la Moldavie et la Roumanie, puis un bus pour Ouman.

Quelque 10 000 Juifs, pour la plupart originaires d’Israël, devraient se rendre à Ouman pour la fête, malgré des mois d’appels répétés et sans équivoque des gouvernements ukrainien, israélien, russe et américain – et dans certains cas de leurs propres familles – à s’abstenir de le faire en raison de la guerre qui fait toujours rage.

« C’est comme être amoureux, il faut que j’y aille, un point c’est tout », a déclaré Avraham Burstein à l’AFP. « Ce serait bien si (Rabbi Nahman) était enterré à Londres, à Amsterdam ou à Berlin mais il a choisi d’être ici et il nous a demandé de venir chaque année pour Rosh HaShana alors nous devons y aller ».

Malgré les avertissements alarmants des différents gouvernements, la ville d’Ouman a procédé, ces dernières semaines, à l’ouverture soudaine et à l’expansion d’auberges, de restaurants casher et d’autres services de base – sans compter les abris anti-bombes – afin d’accueillir les milliers de pèlerins attendus dans les jours à venir.

« C’est un endroit auquel nous ne pouvons pas renoncer. Coronavirus ou pas, guerre ou pas – c’est impensable de ne pas venir », a déclaré Haim Weizhandler, de l’implantation de Beitar Illit, au correspondant de la chaîne publique Kan à Ouman.

Ouman abrite la tombe de Rabbi Na’hman de Breslev, le fondateur légendaire de la branche hassidique de éponyme, qui accorde une très grande importance à la joie et à la prière extatique individuelle.

Au cours de sa vie relativement courte – il est mort à Ouman à l’âge de 38 ans en 1810 – Rabbi Na’hman a souligné à ses disciples l’importance de célébrer la fête de Roch HaShana avec lui. Immédiatement après sa mort, ses disciples se sont rendus en pèlerinage annuel sur sa tombe à Ouman le jour de Rosh HaShana, le nouvel an juif.

D’abord relativement modestes, ces pèlerinages ont pris de l’ampleur, avec des milliers d’adeptes venus de toute l’Europe de l’Est, jusqu’à ce que la révolution communiste russe y mette un terme brutal. Avec la chute du rideau de fer, les hassidim de Bratslav ont de nouveau afflué à Ouman pour Rosh HaShana, d’abord par milliers, puis par dizaines de milliers.

Ces dernières années, les pèlerins n’étaient pas seulement des fidèles de la mouvance hassidique Bratslav, mais appartenaient aussi d’autres groupes juifs, car l’événement est devenu une fête d’envergure, mettant en scène à la fois l’extase religieuse et, souvent, la drogue ecstasy.

En 2018, les festivités ont pris une telle ampleur que le gouvernement israélien a établi un consulat temporaire dans la ville pour traiter des questions telles que les passeports volés ou perdus et d’autres questions. La police israélienne a également envoyé régulièrement un petit détachement d’agents en uniforme pour aider à maintenir l’ordre.

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