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Des milliers d’universitaires signent une résolution favorable à un boycott d’Israël

Les membres de la Middle East Studies Association ont signé une résolution « approuvant l'appel palestinien à la solidarité sous forme de BDS »

Des étudiants vus à l'Université de Tel Aviv le premier jour de la nouvelle année universitaire, le 10 octobre 2021. (Crédit : Flash90)
Des étudiants vus à l'Université de Tel Aviv le premier jour de la nouvelle année universitaire, le 10 octobre 2021. (Crédit : Flash90)

JTA — Une organisation professionnelle universitaire consacrée à l’étude internationale du monde arabe et d’Israël a voté en faveur du boycott d’Israël, dans une résolution signée par des milliers de professeurs et d’universitaires du monde entier.

Les membres de la Middle East Studies Association (MESA) ont signé une résolution « approuvant l’appel palestinien à la solidarité sous la forme de boycotts, de désinvestissements et de sanctions », connue sous le nom de BDS.

La résolution appelle également à un « boycott universitaire » des institutions israéliennes, y compris les universités – un terme que les partisans du BDS définissent généralement comme la rupture de tous les liens formels avec les institutions. Mais l’association affirme qu’elle ne ciblera pas les étudiants ou universitaires individuels, que les universitaires israéliens seront toujours éligibles à l’adhésion et que chaque membre individuel du groupe a le droit de s’abstenir de participer au boycott.

« Nos membres ont voté pour répondre à l’appel à la solidarité des universitaires et étudiants palestiniens victimes de violations de leur droit à l’éducation et d’autres droits humains », a déclaré la présidente du groupe, Eve Troutt Powell, dans un communiqué.

« Le conseil d’administration de MESA s’efforcera d’honorer la volonté de ses membres et de veiller à ce que l’appel au boycott universitaire soit maintenu sans compromettre notre engagement en faveur du libre échange d’idées et de bourses d’études. »

Parmi ceux qui ont voté sur la résolution, 80 % l’ont soutenue, selon le groupe. Désormais, le conseil d’administration du groupe est chargé de trouver des moyens de « mettre en œuvre cette résolution ».

Powell n’a pas souhaité répondre à une demande de commentaire de Jewish Telegraphic Agency.

Le vote fait de MESA le dernier groupe d’universitaires à avoir approuvé une résolution BDS, et probablement celui dont les membres connaissent le mieux Israël et le Moyen-Orient. Parmi les autres organisations universitaires qui ont également approuvé une partie ou la totalité du BDS, citons l’American Anthropological Association, la Modern Languages ​​Association et l’American Studies Association.

Ces résolutions n’ont pas eu d’effets généralisés sur les universitaires israéliens. Mais les votes sont symboliquement significatifs sur la façon dont Israël est perçu dans les débats sur les campus universitaires.

Les critiques disent que de telles résolutions encouragent l’antisémitisme sur les campus, ou sont elles-mêmes de nature antisémite parce qu’elles pointent du doigt Israël dans le but de le censurer. L’AMCHA Initiative, un groupe de défense des campus pro-israélien, a programmé la publication d’une étude interne, affirmant que les professeurs qui soutenaient le BDS étaient plus susceptibles de favoriser un climat antisémite sur les campus. Une fois les résultats du vote annoncés, l’AMCHA a publié une déclaration qualifiant le vote de « moralement répréhensible et incroyablement dangereux ».

L’Anti-Defamation League (ADL) s’est dite « consternée » par le vote, qui, selon elle, « sape les principes académiques du dialogue et entrave l’engagement israélo-palestinien ». Il a appelé les nombreuses universités en lien avec MESA à se dissocier du vote.

Des militants du BDS à New York, le 15 mai 2021. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Mais MESA affirme que sa résolution porte sur la liberté académique et le dialogue, y compris la liberté des universitaires israéliens de critiquer leur pays sans crainte de représailles. Les universitaires israéliens qui publient des recherches ou des plaidoyers très critiques à l’égard de leur gouvernement ont parfois été confrontés à de violentes réactions sans la société israélienne, notamment en étant effectivement évincés de postes universitaires.

Le groupe compte plus de 2 800 membres du monde entier, dont 33 sont en Israël, et une forte majorité sont aux États-Unis. Il compte également  de nombreux membres institutionnels, ainsi que des départements d’universités telles que Brandeis et Columbia.

Son énoncé de mission inclut Israël dans une liste de pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord dont les études de ses membres sont « au centre des préoccupations », et déclare également que le groupe s’oppose à l’antisémitisme. Certains membres sont des professeurs d’études juives ou d’études israéliennes.

Ian Lustick, fondateur et ancien président de l’Association pour les études israéliennes, est l’un des membres juifs de MESA qui a voté pour la résolution BDS. Il a écrit dans un éditorial pour Mondoweiss, un site Web très critique envers Israël, qu’il soutenait la résolution « parce qu’elle est flexible et respecte la posture morale et les circonstances complexes affectant ceux dont le soutien est sollicité », ajoutant que lui-même n’avait aucune intention de couper les ponts avec les universités israéliennes.

L’Association pour les études israéliennes s’est opposée à la résolution BDS lors de la réunion annuelle de MESA en décembre, lorsqu’elle a été soumise au vote des membres à part entière. Bien que l’Association pour les études israéliennes soit actuellement membre institutionnel de MESA, elle débattra probablement de son association continue avec le groupe maintenant que la résolution a été adoptée, selon Lustick.

Un groupe universitaire rival, l’Association pour l’étude du Moyen-Orient et de l’Afrique, a été formé en 2007 en raison de ce que ses fondateurs ont qualifié de préjugé anti-israélien persistant de MESA. Son président, Asaf Romirowsky, a critiqué sévèrement le vote BDS de MESA avant les résultats finaux, affirmant que le groupe est « clairement une organisation de défense politisée ».

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