Des pilotes d’El Al refusent de transporter des Africains expulsés de force
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Des pilotes d’El Al refusent de transporter des Africains expulsés de force

L'acte est surtout symbolique car les migrants déportés volent généralement avec d'autres compagnies aériennes

Le premier avion Dreamliner acheté par El Al à l'aéroport international Ben Gurion, le 23 août 2017. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Le premier avion Dreamliner acheté par El Al à l'aéroport international Ben Gurion, le 23 août 2017. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Au moins trois pilotes d’El Al ont récemment annoncé dans des messages sur Facebook leur refus de participer à l’expulsion massive de demandeurs d’asile africains par le gouvernement. Les pilotes comptent refuser de les transporter au Rwanda ou en Ouganda après l’adoption d’une législation controversée autorisant leur expulsion.

L’acte est surtout symbolique car El Al ne vole pas directement vers le Rwanda et l’Ouganda et les migrants déportés volent généralement avec d’autres compagnies aériennes via l’Ethiopie ou la Jordanie.

L’Autorité de l’aviation et le syndicat des pilotes ont reçu plus de 7 500 appels demandant aux pilotes de ne pas participer à la déportation et de ne pas « envoyer les réfugiés dans un endroit où leur vie serait en danger », selon l’ONG Zazim.

Iddo Elad fait partie des pilotes qui ont fait connaître leur désapprobation du projet. L’homme a écrit sur Facebook ce dimanche qu’il refuserait de « conduire des réfugiés vers leur mort ».

Des manifestants érythréens scandent « Des réfugiés, pas des infiltrés » devant l’ambassade du Rwanda, à Herzliya, le 22 janvier 2018 (Melanie Lidman / Times of Israël)

« Je rejoins mes amis concernant ce sujet et je ne vais pas conduire des réfugiés vers leur mort. Je ne participerai pas à cette barbarie », a-t-il écrit.

Un autre pilote, Shaul Betzer, a lui écrit sur Facebook ce dimanche « qu’en tant que pilote et être humain », il lui était « absolument impossible de participer au transport de réfugiés vers un endroit où leurs chances de survie sont minces ».

Un troisième, Yoel Piterbarg, a souligné l’obligation juive de prendre soin des réfugiés. « Laissez les réfugiés rester ici et être pris en charge en tant qu’êtres humains. Les Juifs aussi étaient autrefois des réfugiés, voulant qu’on prenne soin d’eux plutôt qu’on les expulse », a-t-il écrit jeudi dernier.

Il a ajouté que les demandeurs d’asile ne devraient pas être expulsés « comme des chiens errants vers leurs pays où la souffrance, le viol des femmes et des filles et une mort agonisante les attendent ».

Le mois dernier, la Knesset a approuvé un amendement à la loi dite des infiltrés ordonnant la fermeture du centre de détention de Holot et les expulsions forcées de migrants et de demandeurs d’asile érythréens et soudanais à partir de mars.

Les amis de Tesfe Kidane, un demandeur d’asile érythréen déporté au Rwanda il y a deux ans, brandissent sa photo lors d’une manifestation devant l’ambassade rwandaise à Herzliya le 22 janvier 2018. Kidane a été assassiné en Libye en essayant de fuir vers l’Europe. (Melanie Lidman / Times of Israël)

Selon le ministère de l’Intérieur, on compte près de 38 000 migrants et demandeurs d’asile africains en Israël. Environ 72 % sont Erythréens et 20 % sont Soudanais. La majorité d’entre eux sont arrivés entre 2006 et 2012. Beaucoup vivent dans le sud de Tel Aviv et certains résidents et militants leur reprochent la hausse du taux de criminalité et font pression sur le gouvernement pour leur expulsion.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche que les dizaines de milliers d’Africains qui vivent illégalement en Israël n’étaient pas des demandeurs d’asile ou des réfugiés légitimes, mais plutôt des migrants économiques.

Ce lundi, plus de 1 000 demandeurs d’asile érythréens se sont rassemblés devant l’ambassade rwandaise à Herzliya afin de protester contre les expulsions forcées prévues.

Une centaine d’Israéliens se sont joints à l’évènement, dont dix étudiants en année préparatoire militaire qui organiseront une manifestation à Jérusalem contre les expulsions le 1er février.

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