Des professionnels brésiliens de la santé protestent contre les retards de leurs permis de travail israéliens
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Des professionnels brésiliens de la santé protestent contre les retards de leurs permis de travail israéliens

Certains dentistes attendent depuis plus d'un an la validation de leurs qualifications, sans réponse

Une petite fille dans le fauteuil du dentiste (Crédit: Nati Shohat/FLASH90)
Une petite fille dans le fauteuil du dentiste (Crédit: Nati Shohat/FLASH90)

Un groupe d’immigrants brésiliens qui s’est trouvé dans l’incapacité de travailler dans sa profession dans le domaine de la santé israélienne, a demandé des permis de travail lors d’une session organisée mardi à la Knesset.

Des représentants des ministères de la Santé, de l’Intégration et de l’Education ainsi que de l’Agence juive ont écouté les doléances des dentistes, psychologues, physiothérapeutes, phonologues et autres professionnels qui attendent depuis un plus d’un an – dans certains cas sans réponse – la validation de leurs diplômes obtenus au Brésil.

« Les ministères doivent transmettre des messages plus clairs aux olim [nouveaux immigrants] de manière à ce qu’ils puissent être mieux préparés à faire l’alyah », a expliqué le législateur israélien Avraham Neguise du parti du Likud à JTA.

« L’alyah depuis le Brésil est très importante et nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faciliter aux Brésiliens l’entrée sur le marché de l’emploi dans leur profession ».

Neguise, né en Ethiopie et qui a immigré en Israël en 1985, est le président de la Commission pour l’immigration, l’intégration et les affaires de la diaspora.

Avraham Neguise, député du Likud et président de la commission pour l'Immigration, l'Intégration et la Diaspora de la Knesset. (Crédit :  GPO)
Avraham Neguise, député du Likud et président de la commission pour l’Immigration, l’Intégration et la Diaspora de la Knesset. (Crédit : GPO)

« L’idée est de prendre des initiatives concrètes, d’évaluer véritablement les situations actuelles au cas par cas et de commencer à remporter des victoires en effectuant des validations de diplôme réussies », a commenté Michel Abadi, président de l’organisation Beit Brésil, des propos repris par JTA.

Les universités brésiliennes offrent un programme de quatre ans pour les dentistes alors que les programmes israéliens durent cinq ans. La différence d’environ 800 heures d’études est considérée comme le plus grand défi à relever.

« La plupart des dentistes brésiliens ont un diplôme post-universitaire, ce qui ajoute encore 800 heures à leur CV. De plus, ils travaillent communément à des postes d’internes dans des communautés extrêmement défavorisées, ce qui leur donne une pratique unique qui peut être ajoutée à leur expérience », a déclaré l’avocat Osheria Stauber Franjovits.

« Nous voulons aider le ministère de la Santé à établir une comparaison détaillée, une équivalence mathématique, pour chaque sujet et chaque question matérielle ».

Selon l’Agence juive, l’immigration en Israël – ou alyah – depuis le Brésil a augmenté ces dernières années. En 2016, presque 700 Brésiliens ont immigré vers Israël, ce qui représente une augmentation de 350 % de la moyenne annuelle depuis que l’état d’Israël a été fondé en 1948.

En 2015, ce nombre s’élevait à 500. En 2014, 280 immigrants du Brésil sont arrivés en Israël.

« Les difficultés d’intégration, qu’elles soient sociales ou professionnelles, sont généralement spécifiques pour chaque pays et le Brésil ne fait pas exception à cela », a dit à JTA Yigal Palmor, directeur des affaires publiques et des communications de l’Agence juive.

« Je dirais que les Brésiliens jouissent généralement d’une image collective très positive parmi les Israéliens avec pratiquement aucun stéréotype négatif, et cela devrait faciliter d’autant plus leur intégration en comparaison à d’autres groupes d’olim ».

Rio de Janeiro, au Brésil. Illustration. (Crédit : Shutterstock)
Rio de Janeiro, au Brésil. Illustration. (Crédit : Shutterstock)

Début 2016, une nouvelle loi en Israël exonérait tous les dentistes nés à l’étranger qui pouvaient prouver cinq ans d’expérience. Plusieurs Brésiliens s’étant présentés dans le cadre de cette loi se sont entendus dire qu’ils seraient évalués par une commission professionnelle, et n’ont toujours pas reçu davantage d’informations sept mois plus tard.

« Le problème est devenu un phénomène. Ce n’est pas un problème individuel, personne n’a reçu de réponse », explique Frajnovits, dont l’expertise juridique consiste en la revalorisation des diplômes en direction des immigrants brésiliens.

« Nous pensons que c’est une manoeuvre visant à éviter le sujet, pour éviter de devoir dire oui. Des professionnels de haut-niveau, avec quinze ans de carrière, ont été traités de la même manière que d’autres qui présentent six années ou moins d’exercice. Aujourd’hui, personne ne peut travailler ».

C’est la troisième session organisée par la Commission pour l’immigration, l’intégration et les affaires de la diaspora consacrée à l’alyah brésilienne. Les précédentes ont eu lieu le mois dernier et au mois de mars 2016.

Environ 13 000 Brésiliens vivent actuellement en Israël, selon l’ambassade brésilienne de Tel Aviv. Le Brésil héberge environ 120 000 Juifs, selon le Congrès juif latino-américain.

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