Des récoltes palestiniennes brûlées lors d’un crime de haine anti-arabe présumé
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Des récoltes palestiniennes brûlées lors d’un crime de haine anti-arabe présumé

Des graffitis en hébreu ont été retrouvés sur des douzaines de bottes de foin qui ont été incendiées à Burin, en Cisjordanie, dans le cadre de nombreuses attaques agricoles

"Stop au terrorisme de l'agrilture" écrit à la bombe en hébreu dans le village palestinien de Burin, au nord de la Cisjordanie, le 8v juin 2018 (Autorisation : Yesh Din)
"Stop au terrorisme de l'agrilture" écrit à la bombe en hébreu dans le village palestinien de Burin, au nord de la Cisjordanie, le 8v juin 2018 (Autorisation : Yesh Din)

Des récoltes ont été détruites et des graffitis en hébreu retrouvés dans la nuit de jeudi, dans un village palestinien, dans ce qui semble être le dernier incident d’une récente série de crimes de haine attribués aux habitants extrémistes d’implantations juives en Cisjordanie, ont déclaré des militants vendredi.

Le groupe israélien de défense des droits de l’Homme Yesh Din a annoncé dans un communiqué que 85 bottes de foin appartenant à un agriculteur du village de Burin, dans le nord de la Cisjordanie, avaient été incendiées aux environ d’une heure du matin. Le groupe a ajouté que le foin était destiné à l’alimentation des moutons du fermier et qu’il se trouvait à environ 100 mètres de son habitation. Il n’y a pas eu de blessés.

La phrase « Stop au terrorisme de l’agriculture » a été retrouvée écrite à la bombe, en hébreu, sur une botte qui avait été laissée intacte, se référant aux attaques réciproques lancées par les Palestiniens et les Israéliens sur leurs biens respectifs.

Yesh Din a fait savoir qu’un groupe de soldats israéliens qui se trouvaient à proximité n’ont pas aidé le fermier à éteindre l’incendie, qu’ils avaient attribué à des résidents palestiniens des environs.

Le quotidien Haaretz a déclaré vendredi que la division de Cisjordanie de la police israélienne a ouvert une enquête sur l’incident, qu’elle appréhende comme un crime de haine.

Les restes des bottes de foin dans le village de Burin, dans le nord de la Cisjordanie, qui ont été brûlées lors d’un crime de haine présumé le 8 juin 2018 (Autorisation : Yesh Din)

Les attaques incendiaires et les actes de vandalisme contre les Palestiniens par des ultra-nationalistes juifs en Cisjordanie sont souvent désignés sous le terme d’attaques de type « prix à payer ». Ils sont menés ostensiblement en représailles contre des violences palestiniennes ou des politiques gouvernementales perçues comme hostiles envers le mouvement pro-implantation. Des mosquées, des églises, des groupes pacifistes israéliens et même des bases militaires ont été pris pour cible par les membres d’extrême-droite ces dernières années.

Le mois dernier, le Shin Bet a noté que les attaques des nationalistes juifs contre les Palestiniens ont nettement augmenté en 2018 par rapport à l’année dernière. L’agence de sécurité a déclaré qu’elle avait documenté 13 attaques « prix à payer » pendant les quatre premiers mois de 2018 contre huit incidents de ce type pour toute l’année 2017.

Des attaques récentes contre des Palestiniens ont compris l’abattage de douzaines d’oliviers, l’incendie d’une mosquée, des pierres jetées dans les vitres de voitures, des pneus crevés et des graffitis appelant au meurtre des Arabes.

Il y a deux semaines, Yesh Din avait diffusé une séquence enregistrée par des caméras de surveillance montrant des voyous qui n’ont pas été identifiés crevant des pneus et faisant des graffitis à l’aide d’une bombe de peinture sur un certain nombre d’habitations du village de Husan, en Cisjordanie, à proximité de l’implantation de Beitar Illit. Les résidents avaient découvert les mots « les Juifs ne se taisent pas » et « Husan éduque des jeteurs de pierres » peints sur un entrepôt et plusieurs maisons, dans la matinée de vendredi.

Quelques jours avant, environ 100 ceps de vigne avaient été détruits dans un village palestinien proche de Ramallah avec le message « Salutations d’Esh Kodesh » (en référence à l’avant-poste d’Esh Kodesh). De plus, les agriculteurs palestiniens du village de Bani Naim, près de Hébron, se sont plaints à la police de dégâts répétés commis sur leurs vignobles.

Les habitants d’implantations israéliennes ont également subi des dommages lors d’au-moins un incident attribué aux Palestiniens. Environ 150 ceps de vignes appartenant à un résident de l’implantation de Tomer, dans la vallée du Jourdain, ont été détruits pendant une nuit du mois d’avril. Les résidents des deux communautés ont attribué la responsabilité des dégâts aux Palestiniens.

Un cerisier incendié dans une attaque apparentée à un crime de haine dans l’implantation de Kfar Etzion, le 23 mai 2018 (Crédit : Yaron Rosenthal/Kfar Etzion Field School)

Le mois dernier, des agriculteurs israéliens de l’implantation de Shiloh ont accusé les Palestiniens vivant dans le village de Qusra, situé à proximité, de vandaliser leurs vignobles de manière répétée. Les résidents ont déclaré que des centaines de ceps de vigne avaient été arrachés et détruits.

La police a fait savoir qu’elle avait ouvert des enquêtes sur tous ces incidents, mais que seulement deux arrestations ont été effectuées.

Vendredi, le quotidien Haaretz a expliqué que deux mineurs israéliens ont été placés en détention pendant plus d’une semaine pour leur implication dans des actes de vandalisme similaires à ceux de vendredi. Selon l’article, le tribunal a placé une ordonnance de non-publication en liaison avec ce dossier.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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