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Des renforts de police pour Yom HaZikaron, mais avec ordre de faire profil bas

Les organisateurs des manifestations assurent qu’il n’y aura pas d'actions pendant les cérémonies, mais on craint des échauffourées entre les familles et les membres de la coalition

Des personnes se recueillant tandis que retentissent les sirènes de Yom HaZikaron, au cimetière militaire Nahalat Yitzhak de Tel Aviv, le 4 mai 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Des personnes se recueillant tandis que retentissent les sirènes de Yom HaZikaron, au cimetière militaire Nahalat Yitzhak de Tel Aviv, le 4 mai 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

La police se dit prête à renforcer sa présence lors des cérémonies de Yom Hazikaron, la semaine prochaine, de crainte que les opposants à la réforme judiciaire ne s’affrontent aux membres du gouvernement.

Selon une information de la Douzième chaine donnée mercredi, les policiers auraient reçu l’ordre de faire « profil bas » et de faire en sorte d’éviter les conflits avec les familles des victimes dont la mémoire sera honorée.

Les organisateurs des manifestations de grande ampleur qui secouent Israël depuis plusieurs mois ont assuré qu’ils n’avaient aucunement l’intention de mener d’actions au moment des cérémonies commémoratives.

« Nous ne faisons pas ça », a affirmé le leader de la contestation, Nadav Golan.

Malgré tout, les appels répétés d’organisations représentatives de familles de victimes pour que les politiciens se tiennent à l’écart des cérémonies continue d’alimenter la crainte d’incidents.

Selon cette même information, la police aurait reçu pour instruction de ne pas s’interposer entre les familles et les politiciens qui choisiront d’assister aux cérémonies, par crainte de remous publics si elle se heurtait à des familles dans les cimetières militaires.

Des réservistes de Tsahal protestant contre le projet de réforme du système judiciaire du gouvernement, à Ramat Aviv, le 1er mars 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Mercredi, une organisation représentant des réservistes opposés à la réforme judiciaire a appelé ses militants à ne pas manifester pour Yom HaZikaron.

« Pour Yom HaZikaron, nous ne manifesterons pas parce que nos cœurs seront tournés vers nos frères et sœurs d’armes tombés au combat. Nous nous recueillerons en leur mémoire, nous pleurerons et entourerons leurs proches de notre affection », a déclaré le groupe Frères d’Armes dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

« Nous appelons tous les frères et sœurs d’armes à laisser leurs tenues de manifestation à la maison, à ne pas les porter dans les cimetières. »

Des milliers de proches de soldats tombés au combat ont demandé que les politiciens ne prennent pas part et même s’abstiennent de prendre la parole lors des cérémonies prévues dans les cimetières militaires pour Yom HaZikaron mardi prochain, a déclaré le président de l’organisation de commémoration Yad Labanim, Eli Ben-Shem.

Ben-Shem a indiqué que des confrontations verbales, et même physiques, pourraient éclater dans les cimetières militaires si les ministres du gouvernement et les députés – en particulier ceux qui n’ont pas fait leur service – assistaient aux dites cérémonies dans les cimetières les plus emblématiques.

Tombes de soldats israéliens tombés au combat au cimetière militaire du mont Herzl à Jérusalem, le 19 avril 2023, à l’approche de Yom HaZikaron qui aura lieu le 25 avril. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« J’espère vraiment qu’ils [le gouvernement] comprennent à quel point c’est sensible », a déclaré Ben-Shem au micro de Kan, en parlant des cérémonies militaires de Yom HaZikaron.

Evoquant le tout récent projet de loi du gouvernement qui accorderait aux étudiants ultra-orthodoxes des yeshiva une exemption de principe du service militaire plus tôt encore qu’actuellement, Ben-Shem a déclaré que le fait, pour des politiciens qui n’ont pas fait leur service militaire, de participer aux cérémonies de Yom HaZikaron revenait à « allumer des feux de joie dans un cimetière ».

Ben-Shem et d’autres ont fait passer le même message au ministre de la Défense Yoav Gallant à l’occasion d’une réunion, ce mardi, mais Gallant s’y serait dit opposé, tout comme il aurait refusé une autre proposition de Yad Labanim consistant à rédiger les éléments de langage des politiciens qui assisteront aux cérémonies afin d’éviter leur politisation.

Ben-Shem estime à sept le nombre de cérémonies auxquelles prendront part des politiciens qui n’ont pas effectué leur service militaire, et notamment un événement à Beer Sheva, qui devrait donner la parole au chef du parti ultra-nationaliste Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, le ministre de la Sécurité intérieure.

Ben Gvir n’a pas effectué son service militaire, Tsahal ayant refusé sa présence en raison de son implication, à l’adolescence, dans les mouvements ultra-nationalistes.

« Il faut qu’ils fassent preuve de bon sens, sinon il y aura une catastrophe. Les cimetières [militaires] sont le saint des saints de l’État d’Israël. S’il devait y avoir des violences et des cris sur les tombes de nos enfants, ce serait dramatique », a déclaré le président de Yad Labanim, qui a lui-même perdu un enfant au combat.

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, assistant à une cérémonie organisée au Mémorial de Yad Vashem, à l’occasion de Yom HaShoah, à Jérusalem, en Israël, le 17 avril 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

La semaine dernière, Ben-Shem avait déclaré que pas moins de 8 000 familles avaient contacté son organisation pour demander aux politiciens de ne pas assister aux services.

Il a ajouté qu’il y avait une opposition particulièrement véhémente à l’idée de la participation de Ben Gvir à la cérémonie de Beer Sheva.

Le radiodiffuseur public Kan a fait savoir que Ben Gvir n’avait pas encore décidé s’il y assisterait ou non.

Mercredi toujours, le chef de l’opposition et président de Yesh Atid, Yair Lapid, a annoncé sa décision de ne pas assister au traditionnel allumage des flambeaux qui clôture Yom HaZikaron et ouvre Yom HaAtsmaout, en raison des profonds clivages issus du projet de réforme judiciaire du gouvernement.

La décision de Lapid fait suite à des informations publiées mardi selon lesquelles la ministre des Transports, Miri Regev, en charge de cette cérémonie, aurait prévu d’interrompre la diffusion en direct de l’événement et de passer un enregistrement des répétitions si la cérémonie d’allumage de la torche était interrompue par des manifestants.

Dans un message adressé à Regev mercredi, Lapid a tweeté : « Mon siège à la cérémonie d’allumage de la torche sera vide » et qu’elle ne lui avait laissé « aucun choix » en la matière.

Le chef de l’opposition Yaïr Lapid tenant une conférence de presse, à Tel Aviv, le 9 avril 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Selon des sources policières évoquées par la Douzième chaine, aucun élément ne permettrait à ce stade d’anticiper des risques d’actions de la part des manifestants anti-réforme lors de cette cérémonie.

À l’occasion d’une conférence de presse, mercredi, Regev a tenu à souligner que la diffusion ne serait interrompue qu’en cas d’incident grave, et a demandé à Lapid et au chef de Kakhol lavan, Benny Gantz, d’y assister, affirmant qu’elle leur « garderait un siège » et les contacterait pour en parler.

Contrairement à Lapid, et à la position de principe de Yad Labanim et d’autres organisations, Gantz a déclaré qu’il était du devoir des dirigeants politiques d’assister aux cérémonies officielles de Yom HaZikaron et Yom HaAtsmaout.

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