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« Des traces d’humanité » : Une exposition en Normandie sur les Juifs de Sarajevo

Le journaliste Rémy Ourdan s’est plongé dans la longue et passionnante histoire des Juifs de Sarajevo, rendant hommage à un certain "vivre-ensemble"

« Des traces d’humanité », par Rémy Ourdan et Damir Sagolj. (Crédit : Damir Sagolj / Prix Bayeux des correspondants de guerre)
« Des traces d’humanité », par Rémy Ourdan et Damir Sagolj. (Crédit : Damir Sagolj / Prix Bayeux des correspondants de guerre)

Le journaliste et reporter Rémy Ourdan, qui travaille pour Le Monde, a démarré sa carrière en 1992, dans la ville assiégée de Sarajevo, aujourd’hui capitale de la Bosnie-Herzégovine.

Depuis, il n’a jamais cessé de s’intéresser à cette région et à ses différentes facettes. Dans une nouvelle exposition multimédia, « Des traces d’humanité », conçue avec son ami photo-journaliste Damir Sagolj, il s’est plongé dans la longue et passionnante histoire des Juifs de Sarajevo, rendant hommage à un certain « vivre-ensemble ».

L’évènement, présenté à l’Hôtel du Doyen à Bayeux (Normandie), en parallèle du Prix des correspondants de guerre, qui a eu lieu début octobre, est organisé jusqu’au 21 novembre.

« À travers l’histoire des Juifs de Sarajevo et de leurs voisins, voyage sur les traces d’une certaine idée de la coexistence, de la dignité et du courage. Ou, comme on dit à Sarajevo, une certaine idée du ‘voisinage’. Qu’est-ce qu’être voisins dans les pires moments que traverse une ville, une société, une nation ? Qu’est-ce que devenir un Juste en temps de guerre ? », interroge la note d’intention de l’exposition.

Dans un entretien avec France Culture, Rémy Ourdan explique que, « pendant le siège de Sarajevo, il y a eu beaucoup d’exemples de solidarité, d’entraide entre les habitants, et de luttes communes, car la ville n’avait pas d’armée, et aurait dû être conquise. Le fait que le siège ait duré quatre ans est une tragédie, mais aussi la belle histoire de la résistance d’une ville qui a réussi à se sauver elle-même. Dans le cadre de cette entraide phénoménale, j’ai assisté à des convois d’évacuation organisés par la communauté juive ».

« Pendant la Seconde Guerre mondiale, des musulmans et des chrétiens sarajéviens ont sauvé des Juifs, soit en les cachant, soit en les aidant à rejoindre les partisans dans les montagnes ou la zone italienne vers la Dalmatie. Ce que j’ai découvert en faisant des recherches, c’est que les enfants de ces survivants juifs, ont, à leur tour, aidé les enfants musulmans pendant le siège de Sarajevo. Partant de là, j’ai décidé d’étendre le sujet, au-delà de ces ‘Justes’, au concept de voisinage », a-t-il expliqué.

De ces faits, il en a d’abord tiré une série de six articles en 2019 sur les Juifs de Sarajevo, puis cette exposition, qui mêle des reportages journalistiques, des documents historiques et des œuvres artistiques.

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Dans sa série, publiée dans Le Monde, il avait notamment narré la saga du sauvetage de la Haggadah de Sarajevo, l’un des manuscrits sépharades les plus précieux au monde, et s’était intéressé aux « étonnantes coutumes » des rabbins sarajéviens.

Son travail sur le sujet l’a également mené à Jérusalem, qui est pour lui une autre ville symbole des fractures du monde d’aujourd’hui, comme jadis Sarajevo. Mais, là comme à Sarajevo, il a tenté de « mettre en lumière des traces d’humanité » afin de mieux rendre « hommage aux Justes » et à un certain « art de vivre ».

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