Deux hauts responsables d’implantations accusent Trump « d’arnaquer » Israël
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Deux hauts responsables d’implantations accusent Trump « d’arnaquer » Israël

Le président du Conseil de Yesha affirme que Washington essaie de profiter de son soutien pour l'annexion de la Cisjordanie afin de forcer Israël à reconnaître un État palestinien

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le président du Conseil de Yesha David Elhayani (gauche) et le président du Conseil régional de Samarie Yossi Dagan. (Flash90)
Le président du Conseil de Yesha David Elhayani (gauche) et le président du Conseil régional de Samarie Yossi Dagan. (Flash90)

Jeudi, les responsables d’implantations ont fustigé l’administration Trump qui chercherait, selon eux, à « arnaquer » Israël avec son plan de paix.

« Des représentants du gouvernement américain [essayent de] vendre le plan A sous l’apparence du plan B. Il n’y a pas de plus grande arnaque que ça », a déclaré David Elhayani, le président du Conseil de Yesha, au site d’information Ynet. Il affirme que Washington tente d’utiliser son soutien à l’annexion pour forcer Israël à reconnaître la formation d’un État palestinien.

On ne sait pas exactement pourquoi David Elhayani a évoqué deux plans distincts. De fait, les États-Unis soutiennent à la fois l’annexion israélienne et la création d’un État palestinien contigu – s’il respecte une série de pré-requis – dans le cadre du plan de paix de Trump.

Mercredi, l’ambassadeur américain David Friedman a indiqué que les États-Unis étaient prêts à reconnaître l’annexion israélienne d’ici quelques semaines.

Dans un entretien publié mercredi avec le quotidien pro-Likud Israel Hayom, Friedman a déclaré qu’il revient à Israël de décider s’il veut procéder à l’annexion des implantations. Si Israël décide de le faire, Washington reconnaîtra la décision.

L’ambassadeur américain en Israël, David Friedman (4e en partant de la droite), visite l’implantation d’Efrat avec des dirigeants d’implantations, le 20 février 2020. (Autorisation)

Mais David Elhayani n’a pas semblé être impressionné.

« Ce n’est pas par hasard si l’ambassadeur Friedman n’a pas parlé [de l’acceptation par Israël] d’un État palestinien, mais plutôt du ‘plan Trump’. Il sait très bien que ce fait va entraîner l’opposition du public », a clamé David Elhayani à Ynet.

« Nous n’accepterons pas la création d’un État palestinien dans le cadre d’un processus [d’application de] la souveraineté [israélienne en Cisjordanie]. La souveraineté est importante pour la sécurité d’Israël, mais cela ne vaut pas la peine de céder le moindre centimètre de l’État d’Israël et de créer un État terroriste au cœur du pays », a ajouté Yossi Dagan, le président du conseil régional de Samarie.

Au final, les responsables d’implantations devront se faire à l’accord de coalition entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président de Kakhol lavan Benny Gantz récemment validé. Il autorise le dirigeant du Likud à commencer à présenter une loi sur l’annexion – mais dans le contexte du plan de Trump et en envisageant la création d’un État palestinien semi-autonome – à partir du 1er juillet.

Plusieurs des 24 municipalités israéliennes de Cisjordanie ont exprimé leur volonté d’accepter le plan Trump. Dans un communiqué en réponse à l’interview de Friedman, le maire d’Efrat Oded Revivi a appelé les autres responsables d’implantations à faire preuve de « courage… pour dire oui [au plan Trump], malgré les conditions et les défis posés par cet accord, et pour appliquer la loi israélienne en Judée et Samarie. De mon point de vue, c’est un moment formateur, et nous ne devons pas manquer cette chance de transformer une génération ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (G) et l’ambassadeur américain en Israël David Friedman (2e G) dans l’implantation d’Ariel, au nord de la Cisjordanie, le 24 février 2020. (Crédit : David Azagury/ Ambassade des États-Unis à Jérusalem)

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo se rendra en Israël la semaine prochaine. Il rencontrera le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz, ont annoncé mercredi plusieurs médias israéliens. On pense que le chef de la diplomatie américaine profitera de cette opportunité pour développer une coopération bilatérale sur l’annexion.

Il n’y a pas eu de confirmation officielle de ces informations, même si Pompeo a fait savoir aux journalistes qu’il ferait bientôt une annonce liée au déplacement, quand on l’a interrogé sur ses projets de visite en Israël.

Selon le plan de paix proposé par Trump, les États-Unis reconnaîtront la souveraineté israélienne sur certaines parties de la Cisjordanie après la fin d’une étude cartographique menée par un comité conjoint entre les États-Unis et Israël. En contre-partie, Israël devra accepter un gel de quatre ans des zones qui sont destinées à un futur État palestinien et s’engager à négocier avec les Palestiniens sur les bases du plan de paix de Trump.

L’Autorité palestinienne (AP) et la grande majorité de la communauté internationale a rejeté le plan. Des hauts responsables de l’Union européenne et des Nations unies ont déconseillé à Israël d’annexer certaines parties de la Cisjordanie. Pour le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, une telle décision « constituerait une violation grave du droit international ».

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