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Deux Iraniens détenus pour avoir travaillé avec un couple français arrêté en mai

Anisha Asadollahi et Keyvan Mohtadi travaillaient comme interprètes pour le couple accusé de rencontrer des représentants de syndicats iraniens et de tenter de provoquer des troubles

Illustration : La prison d'Evin en Iran. (Crédit : CC BY-SA 2.0 Ehsan Iran/Wikipedia)
Illustration : La prison d'Evin en Iran. (Crédit : CC BY-SA 2.0 Ehsan Iran/Wikipedia)

Deux Iraniens ayant travaillé comme interprètes pour un couple de Français arrêté en Iran en mai sont détenus eux aussi depuis plus d’un mois, a alerté mardi la mère de l’un d’eux dans un message vidéo.

Cécile Kohler, une responsable syndicale dans l’enseignement français et son conjoint Jacques Paris ont été arrêtés le 7 mai alors qu’ils faisaient du tourisme en Iran pendant les vacances de Pâques, selon une source syndicale française, tandis que Téhéran les a accusés de chercher à « déstabiliser » le pays.

Anisha Asadollahi et son mari, Keyvan Mohtadi, qui travaillaient comme interprètes pour le couple, sont eux aussi détenus depuis plus d’un mois et demi, selon la mère de Mme Asadollahi.

Ils ont été arrêtés le 9 mai lors d’un raid policier à leur domicile à Téhéran, affirme la mère, qui n’a pas donné son prénom, dans un message vidéo publié par la radio Zamaneh, basée aux Pays-Bas.

« Cela fait 48 jours que ma fille est en détention, dont 33 passés à l’isolement. Son mari Keyvan connaît le même sort », dit-elle dans ce message, dont une version a été publiée par le Centre pour les droits humains en Iran (CHRI), basé à New York.

« Pourquoi ? Pour avoir été les interprètes des deux Français ? », demande-t-elle, avant d’appeler à leur « libération immédiate et inconditionnelle ». « La prison n’est pas pour les écrivains et les traducteurs », ajoute-t-elle.

Le couple français a été accusé de rencontrer des représentants de syndicats d’enseignants iraniens et de tenter de provoquer des troubles.

Le ministère français des Affaires étrangères avait dénoncé des arrestations « sans fondement » et appelé à leur libération immédiate.

Les autorités iraniennes retiennent prisonniers plusieurs ressortissants étrangers pour des motifs jugés politiques par les pays occidentaux qui considèrent que Téhéran s’en sert comme moyen de pression dans les négociations sur le dossier du nucléaire iranien ou pour desserrer l’étau des sanctions internationales.

L’Iran est secoué par des manifestations régulières de professeurs contre leurs conditions de travail, et selon le CHRI, quelque 230 d’entre eux ont été arrêtés depuis la fin mai.

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