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Deux Juifs agressés à New York ; des dizaines de personnes manifestent

Les victimes ont été traitées de "sales juifs" parce qu'elles portaient un sweat-shirt de l'armée israélienne ; des activistes anti-israël ont mené une contre-manifestation

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

La conseillère municipale de New York Inna Vernikov mène une manifestation contre l'antisémitisme à Brooklyn, New York, le 2 janvier 2022. (Luke Tress/Times of Israel)
La conseillère municipale de New York Inna Vernikov mène une manifestation contre l'antisémitisme à Brooklyn, New York, le 2 janvier 2022. (Luke Tress/Times of Israel)

NEW YORK – Une centaine de manifestants se sont rassemblés dimanche à New York pour dénoncer l’antisémitisme après l’agression de deux hommes juifs dans une rue de la Grosse Pomme.

Blake Zavadsky et Ilan Kaganovich, tous deux âgés de 21 ans, ont été agressés dans le quartier de Bay Ridge à Brooklyn la semaine dernière. Blake Zavadsky pense avoir été pris pour cible parce qu’il portait un sweat-shirt de l’armée israélienne.

L’agresseur « n’a pas aimé ça, il m’a dit que j’avais cinq secondes pour l’enlever, puis il nous a traités de sales juifs et m’a asséné deux coups de poing au visage », a déclaré Blake Zavadsky.

La police de New York enquête sur cette agression considérée comme un crime de haine et n’a, pour le moment, procédé à aucune arrestation.

Après l’agression, les victimes ont contacté Inna Vernikov, conseillère municipale de New York, qui a organisé la manifestation de dimanche dans son district. Tous trois sont issus de familles juives qui ont quitté l’Europe de l’Est au cours des dernières décennies.

« C’est exactement ce que nous avons vécu en ex-URSS, c’est ce que nous avons fui. Enlevez votre étoile juive et nous vous laisserons travailler dans cette usine, changez votre nom de famille et nous vous admettrons dans cette université », a déploré Inna Vernikov.

« C’est ce que nous avons fui, c’est pour cela que nos familles nous ont amenés en Amérique et c’est exactement ce que nous voyons se reproduire dans ce pays », a déclaré Inna Vernikov, une républicaine.

« Nous avons fui vers ce pays pour la liberté, pour la sécurité, pour pouvoir simplement marcher dans les rues et ne pas avoir peur d’être juif, pour porter les vêtements que nous voulons, pour pratiquer librement notre religion. Nous ne nous laisserons pas intimider. »

Blake Zavadsky, dont l’œil était encore meurtri et injecté de sang suite à l’attaque de dimanche dernier, a déclaré : « Nous essayons de lutter contre l’antisémitisme. »

« La haine ne devrait exister nulle part. Il ne devrait y avoir aucun type de haine contre aucun type de religion, aucune culture et nous n’arrêterons pas de nous battre jusqu’à ce que tout cela soit terminé », a-t-il déclaré.

Des personnalités juives locales, dont l’ancien membre de l’assemblée de l’État de New York, Dov Hikind, l’ancien champion du monde de boxe, Yuri Forman, et le conseiller municipal de New York, Ari Kagan, étaient également présents.

Les manifestants portaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Mettez fin à la haine des Juifs » et scandaient des phrases tels que « Le sang juif n’est pas bon marché » et « Une attaque contre un seul est une attaque contre tous ».

Ilan Kaganovich, à gauche, et Blake Zavadsky lors d’une manifestation contre l’antisémitisme à New York, le 2 janvier 2022. (Luke Tress/Times of Israel)

La foule était composée de jeunes militants juifs, de familles et d’autres sympathisants.

Des activistes pro-palestiniens et des membres du groupe Neturei Karta, un groupe ultra-orthodoxe anti-sioniste mineur, ont organisé une contre-manifestation de l’autre côté de la rue. Les deux camps étaient séparés par une forte présence policière. Les officiers ont physiquement séparé les individus au moins deux fois, mais il n’y a pas eu de violence entre les deux camps.

Plusieurs voitures sont passées en brandissant des drapeaux palestiniens et les deux camps ont proféré des insultes de part et d’autre de la 86e rue.

La manifestation s’est terminée par une marche parallèle des deux camps dans la rue, entrecoupée par la police.

Des manifestants pro-palestiniens et ultra-orthodoxes à New York, le 2 janvier 2022. (Luke Tress/Times of Israel)

Les Juifs ont été le groupe le plus visé par les crimes de haine à New York l’année dernière.

La police de New York a signalé 144 attaques confirmées contre des Juifs entre janvier et octobre 2021, sur un total de 416 crimes de haine dans la ville. Les attaques contre les Juifs ont représenté 35 % de tous les crimes de haine, soit la plus grande proportion de tous les groupes.

Le rapport 2020 du FBI sur les statistiques des crimes de haine a montré que les crimes de haine antisémites représentaient 57 % de l’ensemble des crimes religieux.

La gouverneure de New York, Kathy Hochul, a dénoncé à plusieurs reprises l’antisémitisme et annoncé des financements et d’autres actions pour lutter contre l’antisémitisme.

Cet été, les tensions sont montées en flèche à New York dans un contexte d’hostilités entre Israël et le groupe terroriste du Hamas à Gaza. Les manifestations étaient pour la plupart pacifiques, mais des échauffourées ont éclaté entre les pro-palestiniens et pro-israéliens à plusieurs reprises.

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