Deux médicaments pour la maladie de Gaucher efficaces contre la Covid-19
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Deux médicaments pour la maladie de Gaucher efficaces contre la Covid-19

L'Institut pour la recherche biologique, placé sous l'égide du ministère de la Défense a déterminé qu'utilisés simultanément, ces médicaments avaient des propriétés antivirales

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Photo illustrative d'un test d'ADN mitochondrial au laboratoire d'ADN Jan Bashinski du ministère de la Justice de l'État de Californie à Richmond, Californie, le vendredi 17 février 2012. (AP Photo/Jeff Chiu)
Photo illustrative d'un test d'ADN mitochondrial au laboratoire d'ADN Jan Bashinski du ministère de la Justice de l'État de Californie à Richmond, Californie, le vendredi 17 février 2012. (AP Photo/Jeff Chiu)

L’Institut pour la recherche biologique, placé sous l’égide du ministère de la Défense, a découvert que deux médicaments utilisés pour traiter la maladie génétique de Gaucher étaient également efficaces contre la Covid-19, et potentiellement contre d’autres virus, selon un communiqué du laboratoire mardi.

Comme l’un de ces médicaments – Cerdelga – a déjà été approuvé par l’agence du médicament américaine et le second – Venglustat – a presque terminé le processus d’approbation, leur utilisation pour les patients Covid-19 pourrait être accélérée, a déclaré le ministère de la Défense.

Dans le traitement antiviral proposé, les deux médicaments seraient administrés simultanément.

« Les deux médicaments en cours de développement sont actuellement testés pour leur efficacité dans le traitement des animaux infectés par le coronavirus », a fait savoir le ministère.

Les résultats d’un essai testant deux médicaments contre la maladie de Gaucher sur le coronavirus, publiés par l’Institut de recherche biologique le 26 mai 2020. (Crédit : Ministère de la défense)

Le laboratoire du ministère, qui est basé à Ness Ziona, a déjà publié les résultats d’une étude du traitement sur les souris, bien que l’article n’ait pas encore été revu par des pairs.

L’étude sur les souris a montré que les médicaments inhibaient la réplication des virus dans le corps des animaux infectés.

En plus d’être efficace contre le coronavirus, le traitement s’est également révélé efficace contre trois autres virus, le virus Neuroinvasive Sindbis, le virus du Nil occidental et le virus de la grippe A, ont écrit les chercheurs.

« Cela témoigne de leur potentiel à traiter efficacement diverses maladies virales – y compris les futures épidémies de nouveaux virus – une fois qu’ils seront cliniquement approuvés », a écrit le ministère.

La maladie de Gaucher n’est pas causée par un virus, mais est une maladie génétique courante chez les juifs ashkénazes. Les chercheurs ont découvert que les médicaments utilisés pour traiter cette maladie provoquent la création de molécules appelées glycosphingolipides qui semblent avoir une fonction antivirale, selon leur article.

L’Institut de recherche biologique a été profondément impliqué dans le développement de traitements et de vaccins contre le coronavirus depuis l’apparition de la maladie.

Le président Reuven Rivlin (d) visite l’Institut de recherche biologique, le 7 mai 2020. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

La semaine dernière, la Douzième chaîne a annoncé que le laboratoire avait mené à bien des essais de vaccins sur des rongeurs, ouvrant la voie à d’autres essais sur d’autres animaux, puis sur l’homme. Le laboratoire espère disposer d’un vaccin dans un an, voire plus tôt, selon le reportage.

Au cours des essais, deux groupes de rongeurs ont été infectés par le coronavirus, mais un seul groupe a été vacciné en premier. Alors que le groupe non vacciné est tombé malade, les rongeurs vaccinés sont restés en bonne santé.

Les essais sur les rongeurs sont une étape préliminaire clé dans le développement de médicaments et permettent de commencer des essais supplémentaires sur d’autres animaux. Si ceux-ci sont également concluants, les essais seront effectués sur des humains afin de vérifier l’efficacité du vaccin et d’éventuels effets secondaires.

Au début du mois, le laboratoire a rapporté avoir isolé huit anticorps qui, selon lui, pourraient être utilisés pour développer des traitements contre la Covid-19, et qu’il était en avance sur le reste du monde dans ces efforts.

Les anticorps ont été produits à partir de sang prélevé sur des patients atteints de la Covid-19 ayant développé des symptômes graves, avant de guérir. Le laboratoire espère combiner les anticorps en un traitement efficace contre le virus. Si les chercheurs parviennent à fabriquer le médicament, ils tenteront de le faire produire en masse par une société pharmaceutique internationale.

Ce développement ne serait pas utile pour la création d’un vaccin, mais constituerait plutôt une avancée vers un traitement médicamenteux pour ceux qui ont déjà contracté la maladie.

Une centaine de groupes de recherche dans le monde s’efforcent de mettre au point un vaccin, et près d’une dizaine d’entre eux en sont aux premiers stades des essais sur l’homme ou sont sur le point de commencer. Mais jusqu’à présent, il n’y a aucun moyen de prédire quel vaccin – s’il y en a un – fonctionnera en toute sécurité, ni même de nommer un précurseur.

Le Dr Anthony Fauci, principal expert médical du gouvernement américain, a averti que même si tout se passe parfaitement, la mise au point d’un vaccin en 12 à 18 mois constituerait un record de rapidité.

Le coronavirus a infecté des millions de personnes dans le monde entier et en a tué des centaines de milliers, selon le site web Worldmeter qui, selon les experts, sous-estime le véritable bilan de la pandémie. En Israël, plus de 16 700 cas de Covid-19 ont été diagnostiqués, pour 281 décès en date de lundi.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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