Deux morts dans une fusillade sous forme de règlement de compte près de Netanya
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Deux morts dans une fusillade sous forme de règlement de compte près de Netanya

Ce double meurtre sur la Route 57 a lieu quelques jours après la formation d'une unité policière d'infiltration pour combattre le crime dans la communauté arabe israélienne

La scène d'une fusillade meurtrière au carrefour de Nitzanei Oz, près de Netanya, le 2 septembre 2021. (Autorisation :  Yoni Uziyahu/ United Hatzalah)
La scène d'une fusillade meurtrière au carrefour de Nitzanei Oz, près de Netanya, le 2 septembre 2021. (Autorisation : Yoni Uziyahu/ United Hatzalah)

Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées par des coups de feu dans deux fusillades séparées, jeudi soir et vendredi matin, alors même qu’une vague de crime meurtrière continue à balayer la communauté arabe israélienne.

Yousef Takruri, 41 ans et Alkoubi Salame, 37 ans, sont morts sous un déluge de balles alors qu’ils se trouvaient dans une voiture sur la Route 57, dans la région de Sharon, au nord de Tel Aviv. L’incident s’est produit jeudi vers 23 heures.

Ces deux résidents de Qalansawe étaient déjà morts au moment où les secours sont arrivés sur les lieux, au carrefour de Nitzanei Oz, à l’Est de Netanya, ont fait savoir les services d’urgence du Magen David Adom.

La police a ouvert une enquête criminelle.

Selon les médias, les tireurs auraient pris la fuite. Il n’y a eu aucune arrestation.

Quelques heures plus tard, deux personnes ont été blessées par balle dans la ville de Jdeidah Makr, en Galilée. Selon la Douzième chaîne, un homme âgé de 21 ans a été grièvement blessé. Hospitalisé, il est maintenant dans un état stable. Une deuxième victime, âgée de 19 ans, serait dans un état modéré.

La police sur les lieux d’une fusillade mortelle qui a tué Leith Nasra à Qalansawe, le 19 mars 2021. (Capture d’écran : Ynet)

Cette série meurtrière de violence survient quarante-huit heures après l’annonce, par la police, du lancement d’une nouvelle unité d’infiltration chargée de s’attaquer aux crimes violents dans la communauté arabe israélienne. L’unité Sinaï réunira 45 agents qui se glisseront dans les lieux sensibles de la communauté arabe dans tout le pays, pour combattre le crime organisé.

Les villes arabes ont connu une recrudescence de la violence ces dernières années, le crime organisé étant considéré comme le principal moteur.

Il y a eu au moins 82 meurtres dans la communauté arabe cette année – un chiffre qui devrait dépasser celui des 96 qui avait été enregistré l’année dernière – le bilan annuel le plus lourd de mémoire récente.

Mardi, Muhammed Faiz Dhiab, 57 ans, a été abattu par des hommes armés à son domicile, dans la ville de Haïfa, au nord du pays. Le mois dernier, le conseiller de la ministre de l’Éducation sur les affaires arabes, Sahar Ismail, avait été tué par balle aux abords de son habitation dans la ville de Rameh.

La police a arrêté un suspect dans ce dossier, ont fait savoir les médias israéliens, jeudi, sans donner davantage d’information à ce sujet.

La scène du meurtre de Shara Ismail, 50 ans, à Rameh, le 15 août 2021. (Crédit : Police israélienne)

Dans un discours prononcé jeudi, le président Isaac Herzog a dénoncé avec force les violences mafieuses et il a appelé les autorités à agir sans attendre.

« Ce terrorisme est une menace pour nous tous », a-t-il affirmé. « C’est une urgence nationale et nous ne pouvons pas continuer à vivre ainsi. »

Les Arabes israéliens, de leur côté, mettent en cause la police, qui, selon eux, ne s’attaque pas aux puissantes organisations criminelles et détourne largement le regard face à ces violences – querelles familiales, guerres de gangs ou violences faites aux femmes.

Selon un rapport de la Knesset de 2020, quelque 400 000 armes illégales circulent en Israël, essentiellement dans les communautés arabes.

Le commissaire de police Kobi Shabtai a convoqué dimanche une réunion d’urgence sur la violence après que quatre Arabes israéliens ont été tués en l’espace de 48 heures.

Le mois dernier, le Premier ministre Naftali Bennett a déclaré que la violence et la criminalité dans les communautés arabes israéliennes constituaient une « calamité nationale », alors qu’il rencontrait de hauts responsables du gouvernement et de la police pour formuler un plan national de lutte contre ce problème.

Shabtai avait demandé l’aide de l’agence de sécurité du Shin Bet dans cette lutte contre le crime dans les communautés arabes israéliennes mais cette requête a été rejetée par le procureur-général et par le Shin Bet lui-même, qui ont estimé qu’une telle mission ne relevait pas de ses compétences.

Aaron Boxerman a contribué à cet article.

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