Echec d’une réforme du rabbinat après une erreur dans le vote de Mickey Levy
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Echec d’une réforme du rabbinat après une erreur dans le vote de Mickey Levy

Le président de la Knesset n'a pas pu changer son vote après avoir appuyé sur le mauvais bouton, ce qui a conduit à une égalité de 51-51 qui a torpillé la mesure

Le président de la Chambre des représentants Mickey Levy à la Knesset le 13 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le président de la Chambre des représentants Mickey Levy à la Knesset le 13 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un projet de loi qui aurait réformé le système de nomination des juges des tribunaux rabbiniques n’a pas réussi à passer lors de son troisième et dernier vote parlementaire jeudi matin parce que le président de la Knesset a accidentellement voté contre.

Le vote de Mickey Levy, du parti Yesh Atid, a placé la Knesset en situation d’égalité (51-51). Selon la procédure parlementaire, une égalité des voix équivaut à une défaite, ce qui tue le projet de loi jusqu’à ce qu’il puisse être réintroduit lors d’une prochaine session de la Knesset. Des sources de la coalition ont déclaré qu’ils essaieraient à nouveau de le faire approuver la semaine prochaine.

M. Levy a tenté d’obtenir une permission spéciale pour changer son vote après avoir réalisé son erreur, mais le conseiller juridique de la Knesset a décidé qu’il ne pouvait pas déposer un autre bulletin et le résultat du vote a été maintenu.

« En raison du fait que je ne peux pas changer le vote, mon vote, il n’y a pas de majorité pour la troisième lecture du projet de loi et le projet de loi ne passe pas », a annoncé Levy après la décision.

Il pourrait y avoir un autre examen judiciaire de la question, a-t-il noté.

Selon les règles de la Knesset, le président est habilité à décidé s’il permet à un membre de voter à nouveau s’il affirme que son vote a été émis par erreur ou n’a pas été enregistré.

Avant le vote, M. Levy a semblé quelque peu confus, appelant les législateurs à voter pour la deuxième lecture plutôt que pour la troisième. Lorsque l’égalité 51-51 s’est affichée sur un grand écran, le plénum s’est mis à chahuter. M. Levy a admis qu’il avait fait une erreur et a demandé aux législateurs d’être patients.

Le vote a eu lieu juste avant 10 heures du matin, après une nuit de débat en session plénière de la Knesset qui a commencé à 1 heure du matin.

Le projet de loi aurait élargi le panel qui choisit les juges rabbiniques pour inclure plus de représentants du gouvernement et plus de femmes.

Une session plénière à la Knesset à Jérusalem, le 14 juillet 2021 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Cette défaite marque le dernier d’une série de revers pour le gouvernement. La coalition, une alliance de huit partis issus de tout l’éventail politique, n’a qu’un mince avantage d’un seul siège sur l’opposition, ce qui signifie qu’il suffit d’un ou deux membres de la Knesset pour torpiller les affaires législatives de la coalition. Bien qu’il n’ait que quelques semaines d’existence, le gouvernement a déjà dû faire face à plusieurs cas où des objectifs législatifs ont été bloqués par une seule faction ou un seul législateur mutin.

Mercredi, Sharren Haskel du parti Tikva Hadasha a retiré à contrecœur une proposition visant à dépénaliser la marijuana avant sa première lecture, après qu’il est devenu évident que le parti islamiste Raam de la coalition ne la soutiendrait pas, privant ainsi la mesure d’une majorité.

La semaine dernière, l’extension de la loi sur le regroupement familial palestinien soutenue par le gouvernement n’a pas réussi à rassembler une majorité, après que le député de la coalition rebelle Amichai Chikli du parti Yamina a voté avec l’opposition contre cette mesure. Ce vote s’est également soldé par une égalité de 59-59, deux législateurs de Raam s’étant abstenus.

Les partis d’opposition ont célébré jeudi la défaite du projet de réforme des tribunaux rabbiniques.

« C’est un succès sans précédent », a déclaré le député de la minorité, Yariv Levin, selon Haaretz. « Un mois seulement s’est écoulé depuis la création de ce gouvernement d’imposteurs et, à chaque fois, nous parvenons à faire échouer les projets de loi du gouvernement. »

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