Eglise vs. Mairie : Le Hamas appelle à renforcer « l’intifada Al-Quds »
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Eglise vs. Mairie : Le Hamas appelle à renforcer « l’intifada Al-Quds »

Le Saint-Sépulcre fermé pour la deuxième journée de suite, les terroristes jugent que la décision de Trump sur Jérusalem a dynamisé "la guerre religieuse contre les Palestiniens"

Un pèlerin prie devant la porte fermée de l'église du saint-sépulcre dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 25 févcrier 2018 (Crédit :AFP PHOTO / GALI TIBBON)
Un pèlerin prie devant la porte fermée de l'église du saint-sépulcre dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 25 févcrier 2018 (Crédit :AFP PHOTO / GALI TIBBON)

Alors que l’église du Saint-Sépulcre est restée fermée pour la deuxième journée consécutive dans un contexte de querelle avec la municipalité de Jérusalem sur une exemption de taxes qui a été annulée, le groupe terroriste du Hamas a appelé lundi à une escalade de « l’intifada Al-Quds » contre ce qu’il a qualifié de « guerre religieuse [menée par Israël] contre les Palestiniens et les lieux saints islamiques et chrétiens. »

Dimanche, les chefs de l’église ont annoncé qu’ils fermaient ce lieu de prière vénéré jusqu’à nouvel ordre pour protester contre les efforts livrés par la municipalité de Jérusalem pour faire régler aux églises des arriérés d’impôts prélevés sur les biens immobiliers non utilisés pour le culte, ainsi que pour dénoncer un projet de législation, à la Knesset, qui prévoit de confisquer les terres de l’église qui ont été vendues à des développeurs immobiliers privés.

Fawzi Barhoum, un porte-parole du Hamas qui contrôle la bande de Gaza, a fait savoir dans un communiqué que la querelle entre les églises et les autorités israéliennes illustrait « les répercussions dangereuses des décisions prises par le président Donald Trump et des politiques de son administration », ajoutant que ces dernières « ciblent l’existence et les droits des Palestiniens tout en renforçant l’Etat israélien raciste et extrémiste ».

Au mois de décembre, Trump avait annoncé que l’ambassade israélienne serait relocalisée de Tel Aviv à Jérusalem. Le mois dernier, Washington a indiqué que ce transfert aurait lieu au mois de mai.

Le porte-parole du Hamas Fawzi Barhoum, à droite, lors d’une conférence de presse avec un haut-responsable de l’organisation, Khalil al-Hayya, à Gaza, le 27 novembre 2017 (Crédit : AFP/MOHAMMED ABED)

Dimanche, l’Autorité palestinienne a également fait le lien entre la fermeture de l’église du Saint-Sépulcre et le plan américain de relocalisation de son ambassade.

« Il est temps que le président Trump et son administration réalisent quelles sont les conséquences de leur encouragement des politiques israéliennes d’occupation et d’exclusivité à Jérusalem », a déclaré le chef de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saeb Erekat, après l’annonce de la décision prise par l’église.

« La réalité dramatique de la population palestinienne en Israël, et en particulier celle vécue par nos églises, doit nous rappeler la nécessité de mettre un terme à l’occupation israélienne », aurait dit Erekat selon la page Twitter du département des négociations de l’OLP.

Dimanche, un porte-parole du gouvernement jordanien, Mohammad Momani, a expliqué que le royaume rejetait les mesures « systématiques » prises par les autorités israéliennes visant à altérer le statu-quo mis en place à Jérusalem et a vivement recommandé à Israël de « revenir immédiatement sur ses décisions prises contre les églises et de respecter ses obligations en tant que puissance occupante à Jérusalem-Est, conformément à la loi internationale ».

Un accord vieux de plusieurs décennies passé entre les églises et l’Etat a empêché la municipalité de Jérusalem de prélever des impôts sur les biens appartenant aux institutions chrétiennes.

Toutefois, la ville a récemment décidé, en citant un avis juridique provenant, selon elle, d’un expert en droit international, que cette exemption en direction des églises ne s’appliquait qu’aux biens utilisés « pour la prière, pour l’enseignement de la religion et toutes les nécessités liées au culte ».

Le maire de Jérusalem Nir Barkat durant un discours à l’inauguration d’une route à Jérusalem, le 7 septembre 2007. (Hadas Parush/Flash90)

Répondant aux propos tenus par le patriarche grec dimanche au sujet des « avis de recouvrement scandaleux » et des « ordres de saisie des avoirs, des biens immobiliers et des comptes bancaires appartenant à l’église », le maire de Jérusalem, Nir Barkat, a indiqué que les taxes ne seraient prélevées que sur les propriétés exploitées par l’église à des fins commerciales.

« L’église du Saint-Sépulcre et tous les lieux de culte sont exemptés de taxes municipales et c’est ainsi que ça continuera », a dit Barkat.

Mais les églises ont une dette de plus de 650 millions de shekels sur des opérations commerciales, a-t-il ajouté.

En réponse à la fermeture de l’église du Saint-Sépulcre, les députés ont reporté dimanche d’une semaine un débat d’une commission de la Knesset sur un projet de loi qui permettrait à Israël de confisquer les terres vendues par l’église à des développeurs immobiliers privés si des maisons ont été construites dessus.

Le patriarche grec-orthodoxe Theophile III annonce la fermeture de l’église du saint sépulcre en protestation contre les politiques israéliennes, le 25 février 2018 (Autorisation)

L’avancée de cette législation, initiée par la députée du parti Koulanou Rachel Azaria et soutenue par le ministère de la Justice, rencontre l’opposition féroce des responsables de l’église, qui ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme des tentatives de la part de l’Etat israélien de limiter leurs capacités à acheter et à vendre leurs seules véritables ressources – leurs biens immobiliers.

Azaria a déclaré que son projet de loi avait pour objectif de protéger les centaines d’habitants de Jérusalem – dans leur majorité – dont les habitations sont situées sur des terres qui, jusqu’à une période récente, appartenaient et leur étaient louées par les églises et en particulier par l’église grecque-orthodoxe – dans la plupart des cas, sous les termes de baux de 99 ans qui avaient été signés dans les années 1950 entre l’église et l’Etat, via le Fonds national juif (JNF/KKL).

Ces contrats spécifiaient qu’à l’issue du bail, toutes les constructions établies sur ces terres reviendraient à l’église.

Les habitants s’attendaient à ce que les baux soient prolongés.

Mais ces dernières années, pour effacer des dettes massives, l’église grecque orthodoxe a vendu de larges pans du patrimoine immobilier à des investisseurs privés et personne ne peut savoir si ces derniers renouvelleront les baux et, si tel est le cas, dans quelles conditions.

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