Eizenkot critique les ingérences politiques dans les affaires militaires
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Eizenkot critique les ingérences politiques dans les affaires militaires

Le chef d’Etat-major a déclaré à la commission de Défense de la Knesset que la plus grande menace à l’armée est la perte de la confiance publique

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Gadi Eizenkot, chef d'Etat-major de l'armée israélienne, rend visite aux troupes pendant un exercice, le 22 juin 2016. (Crédit : Yahav Trudler/porte-parole de l'armée israélienne/Flash90)
Gadi Eizenkot, chef d'Etat-major de l'armée israélienne, rend visite aux troupes pendant un exercice, le 22 juin 2016. (Crédit : Yahav Trudler/porte-parole de l'armée israélienne/Flash90)

Gadi Eizenkot, chef d’Etat-major de l’armée israélienne, a déclaré mardi à la commission des Affaires étrangères et de la Défense que la plus grande menace affrontée par l’armée est l’ingérence des politiciens qui réduit la confiance du public en l’intégrité de l’armée.

Pendant une réunion à huis-clos, dont des détails ont été transmis aux médias, Eizenkot a prévenu les députés que le discours politique sur l’armée nuit à l’armée israélienne.

Des députés présents à la réunion ont raconté qu’Eizenkot a noté qu’il y avait eu plusieurs incidents impliquant des politiciens s’exprimant de manière inappropriée sur des affaires militaires internes, et a indiqué l’attention particulière à l’affaire Elor Azaria, un soldat israélien inculpé d’homicide après avoir abattu un attaquant palestinien neutralisé à Hébron en mars.

Alors que l’armée avait lancé une enquête sur le tir, l’affaire est passée d’un cas juridique interne à Tsahal à une affaire publique que beaucoup de politiciens ont commenté pour leur intérêt propre, a déclaré Eizenkot.

Elor Azaria, un soldat israélien qui a tué un Palestinien à Hébron, à l'extérieur de la cour militaire de Jaffa, le 24 juillet 2016 (Crédit : Flash90)
Elor Azaria, un soldat israélien qui a tué un Palestinien à Hébron, à l’extérieur de la cour militaire de Jaffa, le 24 juillet 2016 (Crédit : Flash90)

« Beaucoup de choses ont été dites sans connaissance des faits, pour promouvoir des agendas qui n’ont rien à faire avec l’armée israélienne, a-t-il déclaré. Nous voulons une armée qui agit selon les ordres, les règles d’engagement, l’esprit de l’armée et les valeurs de l’armée israélienne. Si quelqu’un veut un esprit de gang, alors il le dirait. »

Même si le chef militaire a refusé de nommer les politiciens à qui il pensait, les ministres de l’Education Naftali Bennet et de la Défense Avigdor Liberman, qui était à ce moment député de l’opposition, ont soutenu Azaria avant son procès pour homicide, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu a eu son père au téléphone.

Eizenkot a également abordé d’autres sujets qui ont fait les gros titres, l’inculpation d’un général pour viol et la nomination d’un nouveau grand rabbin militaire controversé.

Le général Ofek Bouchris pendant une visite sur la base militaire de Tel HaShomer, le 22 novembre 2010. (Crédit : Flash90)
Le général Ofek Bouchris pendant une visite sur la base militaire de Tel HaShomer, le 22 novembre 2010. (Crédit : Flash90)

Le général de brigade Ofek Bouchris, dont la carrière a été accélérée par des promotions accordées par Eizenkot dans le passé, a été inculpé la semaine dernière pour avoir agressé deux subordonnées entre 2010 et 2012.

« Mon engagement envers Bouchris comme officier décoré n’est pas différent de mon engagement envers les soldats et les officiers qui ont été blessées [par lui] », a déclaré Eizenkot.

Le rabbin colonel Eyal Karim le 21 avril 2016. (Crédit : Diana Khananashvili/ministère de la Défense)
Le rabbin colonel Eyal Karim le 21 avril 2016. (Crédit : Diana Khananashvili/ministère de la Défense)

En ce qui concerne la nomination du rabbin Eyal Karim à la tête du rabbinat militaire, malgré des remarques contentieuses faites dans le passé, qui semblaient approuver le viol d’une femme ennemie en temps de guerre et s’opposer à l’incorporation des femmes dans l’armée, Eizenkot a déclaré que Karim avait reçu des recommandations positives des grands rabbins du pays et d’autres pendant un processus d’examen. Il a maintenu que Karim était la bonne personne pour ce poste.

Eizenkot a également répliqué à ceux qui ont accusé l’armée israélienne de ne pas en faire assez pour combattre le terrorisme.

« Il y a des soldats qui sont tués et blessés, et des centaines de soldats qui opèrent chaque nuit pour atteindre ces résultats et éliminer le terrorisme, il n’y a donc pas de place pour des déclarations sur une armée faible », a-t-il déclaré.

Ces dix derniers mois, l’armée israélienne a tué 166 « terroristes » en Cisjordanie, soit presque le même nombre que pendant les sept années précédentes, a révélé Eizenkot. De plus, 3 200 suspects ont été arrêtés, 200 armes saisies, et 20 tours utilisés pour fabriquer des armes ont été détruits.

Sur cette photo d'illustration du 10 février 2016, des soldats israéliens surveillent une machine permettant de creuser des trous dans le sol côté israélien de la frontière avec la bande de Gaza pour détecter des tunnels utilisés par des groupes terroristes palestiniens qui prévoient d'attaquer Israël. (Crédit : AFP/Menahem Kahana)
Sur cette photo d’illustration du 10 février 2016, des soldats israéliens surveillent une machine permettant de creuser des trous dans le sol côté israélien de la frontière avec la bande de Gaza pour détecter des tunnels utilisés par des groupes terroristes palestiniens qui prévoient d’attaquer Israël. (Crédit : AFP/Menahem Kahana)

Eizenkot a prévenu que les dirigeants du Hamas à Gaza s’étaient renforcés, tout en travaillant à restreindre les tirs de roquettes sur Israël.

Environ 2,2 milliards de shekels (524 millions d’euros) ont été dépensés pour trouver une solution à la menace des tunnels sous la frontière de Gaza, utilisés par les terroristes pour frapper en Israël, a-t-il déclaré, tandis que 300 autres millions de shekels (71,5 millions d’euros) ont été dépensés pour la barrière de la frontière de Gaza.

Dans le nord, le groupe terroriste libanais Hezbollah a des problèmes stratégiques sérieux en raison du coût de son implication dans la guerre civile syrienne, a-t-il déclaré.

Après la réunion, la commission a publié un communiqué appelant à maintenir l’armée israélienne à l’écart du débat politique pour lui permettre de mieux se concentrer sur sa mission sécuritaire.

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