Eliezer Berland à l’allumage du feu de Lag BaOmer pour la dernière fois ?
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Eliezer Berland à l’allumage du feu de Lag BaOmer pour la dernière fois ?

Le ministère des Affaires religieuses affirme qu'aucune loi n'empêche la participation du rabbin condamné pour abus sexuels, mais dit préparer de nouvelles directives

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Le rabbin Eliezer Berland allume un feu de camp pour Lag Baomer à Meron, le 3 mai 2018. (Crédit : Shlomi Cohen/Flash90)
Le rabbin Eliezer Berland allume un feu de camp pour Lag Baomer à Meron, le 3 mai 2018. (Crédit : Shlomi Cohen/Flash90)

Pour la seconde fois depuis sa libération de prison, le dirigeant religieux d’une secte pour le moins marginale, condamné pour abus sexuels, sera honoré jeudi lors des cérémonies annuelles de pèlerinage dans le nord d’Israël.

Dans un contexte de protestations, le ministère des Affaires religieuses a dit être impuissant, vis-à-vis de la loi, et ne pas pouvoir empêcher Eliezer Berland d’allumer un feu de camp public lors des cérémonies de Lag BaOmer au mont Méron, dans la nuit de mercredi à jeudi, mais a indiqué qu’il rédigera de nouvelles directives visant à l’exclure à l’avenir.

Des centaines de milliers d’Israéliens sont attendus sur le lieu de sépulture de rabbin Shimon Bar Yochai, un disciple du sage Rabbi Akiva, du 2e siècle, vénéré pour son enseignement de la Kabbale, la mystique juive. Lag BaOmer commémore la mort de Bar Yochai et la révélation du Zohar, le texte de base de la mystique juive. Les feux de camp symbolisent la lumière qui émane de ces enseignements. Au cours de cette fête de 24 heures, des dizaines de rabbins, éminents dirigeants hassidiques pour la plupart, se voient confier l’honneur d’allumer un feu de camp, dont Berland.

La tombe de Méron, deuxième lieu de pèlerinage le plus visité en Israël, après le mur Occidental, est supervisé par une sous-division du ministère des Affaires religieuses.

Des manifestants protestent conter la participation du rabbin Eliezer Berland à la cérémonie de Lag BaOmer, devant le consulat de New York, le 19 mai 2019. (Crédit : Autorisation)

« Le ministère agit en accord avec la loi et les normes juridiques. Cette question a été soulevée sur le plan légal par des responsables du ministère de la Justice, et nous avons été informés que l’allumage par Berland ne peux pas être légalement interdit », a-t-il dit dans un communiqué mardi.

Le ministère a noté que les rabbins contactent le Centre national des lieux saints pour recevoir la distinction de l’allumage du feu de camp. Au fil des ans, le ministère a établi des critères, et notamment celui d’honorer « quelqu’un qui a un nombre important et conséquent de hassidim ».

« A la lumière des critiques publiques entendues cette année, nos conseillers juridiques établissent de nouveaux critères qui refléteront les éléments soulevés ces dernières années », a-t-il dit, soulignant qu’elles seraient destinées à exclure Berland, le dirigeant de la communauté Shuvu Bonim.

Le rabbin Eliezer Berland se couvre de son talit (châle de prière) au tribunal de première instance de Jérusalem, alors qu’il est jugé pour agression sexuelle, le 17 novembre 2016. (Yonatan Sindel/ Flash90)

La semaine dernière, le Centre israélien pour les Victimes des Cultes, a rédigé une lettre adressée aux autorités déplorant la participation de Berland à cet événement annuel, et a été ensuite rejoint par d’autres groupes de défense des droits des femmes.

Plusieurs dizaines de manifestants se sont également rassemblés devant le consulat israélien de New York pour protester contre la participation de Berland à la cérémonie de Meron, qui est financée par l’Etat.

L’an dernier, les tentatives d’empêcher Berland de prendre part à l’allumage des feux de Lag Baomer avaient échoué.

Le grand-rabbin ashkénaze David Lau a reconnu mardi la controverse, et en a attribué la « responsabilité au ministère des Affaires religieuses et non au rabbinat ».

Le grand-rabbin ashkénaze d’Israël David Lau lors d’une cérémonie spéciale pour les nouveaux immigrants d’Amérique du Nord au nom de l’organisation Nefesh BNefesh, à l’aéroport Ben Gurion dans le centre d’Israël le 15 août 2017 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

‘D’une part… nous savons que le pouvoir du repentir est très très grand. Y-a-t-il eu repentir ici ? C’est une question à laquelle je ne peux pas répondre. Très certainement, en tant que société, nous ne pouvons tolérer une situation où des hommes, des femmes ont des enfants qui sont blessés », a déclaré Lau à la radio israélienne, à propos de Berland.

Longtemps considéré comme un chef de culte aux yeux de milliers de fidèles issus de la communauté Breslev, Berland avait fui Israël en 2013 après qu’il a été accusé d’avoir agressé deux femmes, dont l’une était mineure.

Au terme de trois ans d’évasion et de fuites dans divers pays, Berland avait été condamné à 18 mois de prison en novembre 2016 après avoir été condamné pour deux chefs d’accusation d’attentat à la pudeur et d’agression dans le cadre d’un arrangement. Il avait été libéré après cinq mois d’incarcération, en partie pour raison de santé.

Il a depuis repris ses activités en tant que chef de Shuvu Bonim, qui a été désavouée par une bonne partie de la dynastie hassidique Breslev.

Berland a récemment été accusé d’avoir extorqué de l’argent à des patients en phase terminale, en échange de miracles.

Ultra-Orthodox men celebrate Lag BaOmer at Mount Meron (photo credit: Abir Sultan/Flash90)
Des ultra-orthodoxes fêtent Lag BaOmer au mont Méron (Crédit: Abir Sultan/Flash90)

Lag BaOmer est une fête juive qui marque le 33e jour du Omer, la période de deuil de 49 jours qui séparent Pessah de Shavouot. Durant cette période, les Juifs pratiquants ne se marient pas ou ne coupent pas leurs cheveux. Le 33e jour de cette période est appelé Lag BaOmer parce que les lettres lamed et gimel ont pour valeur numérique 33. Cette journée est marquée par des festivités, des feux de camp et des coupes de cheveux.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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