Israël en guerre - Jour 194

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En Israël, la désillusion des pacifistes du kibboutz Beeri

Aux dernières élections, le parti travailliste a remporté à Beeri plus de 35 % des voix (contre 3,6 % au niveau national) et le parti d'extrême-gauche Meretz, 16,4 % des suffrages

Photo d'illustration : Une maison détruite lorsque les terroristes du Hamas étaient entrés au kibboutz Beeri et dans 30  autres communautés voisines dans le sud d'Israël, le 7 octobre. Photo prise le 25 octobre 2023. (Crédit : Edi Israel/Flash90)
Photo d'illustration : Une maison détruite lorsque les terroristes du Hamas étaient entrés au kibboutz Beeri et dans 30 autres communautés voisines dans le sud d'Israël, le 7 octobre. Photo prise le 25 octobre 2023. (Crédit : Edi Israel/Flash90)

« J’ai cru à la paix avec Gaza mais je me suis trompé », lance depuis son lit d’hôpital Avida Bachar, du kibboutz Beeri, qui a perdu sa femme et son fils dans l’attaque sanglante du Hamas du 7 octobre.

M. Bachar, qui se définit comme un « homme de gauche », a été amputé d’une jambe après avoir été blessé par des tirs des terroristes du Hamas, qui ont pénétré le 7 octobre au matin dans son kibboutz.

« Il faut détruire l’ennemi car sinon on n’a aucun avenir possible », dit à l’AFP le quinquagénaire, qui veut que l’État « éradique » le mouvement terroriste islamiste palestinien, après avoir longtemps cru à une possible paix avec les voisins de Gaza.

Rejetant désormais toute éventualité de négociations, il explique que les Israéliens ont été victimes du « mal absolu » durant cette attaque.

Du côté israélien, au moins 1 200 personnes sont mortes depuis le début de la guerre, selon les autorités, en majorité des civils tués le jour de l’attaque menée par des une horde de terroristes du Hamas, d’une violence et d’une ampleur sans précédent depuis la création d’Israël en 1948. Ces massacres sont les pires menés contre le peuple juif depuis la Shoah.

Le village agricole de Beeri, situé à quatre kilomètres de la frontière avec la bande de Gaza, a été le théâtre de l’un des pires massacres commis sur le sol israélien : 85 de ses habitants ont été tués dans l’attaque, 30 autres sont présumés retenus en otages ou portés disparus.

Fondé en 1946, ce village est connu pour être un bastion de la gauche israélienne, devenue minoritaire ces dernières années en Israël.

Aux dernières élections législatives de 2022, le parti travailliste a remporté à Beeri plus de 35 % des voix (contre 3,6 % au niveau national) et le parti d’extrême-gauche Meretz, 16,4 % des suffrages.

Une autre rescapée du massacre, Inbal Reich-Alon, 58 ans, parle de « rupture ». « Cela me fait mal de dire cela, parce que j’ai toujours pensé qu’il y avait aussi des enfants, des femmes et des gens qui voulaient vivre en paix, et peut-être même aujourd’hui – mais il y en a davantage qui ne veulent pas de nous en vie », déclare cette fille de membres fondateurs du kibboutz, qui se définit comme « pacifiste ».

Alon Pauker, 57 ans, un des responsables du village, dit « souffrir pour chaque enfant tué à Gaza ». Il se désespère que le Hamas ait « assassiné nos enfants, nos femmes, nos vieillards et nos hommes pour le plaisir d’assassiner. » Et le Hamas « ne se reposera pas tant qu’il n’aura pas assassiné tous les Israéliens ou détruit l’État d’Israël », met-il en garde.

Vivian Silver, militante israélienne pour la paix née au Canada, dont il a été confirmé qu’elle a été tuée dans sa maison du kibboutz Beeri par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. (Autorisation)

Pourtant, certains veulent encore y croire comme Yonatan Zeigen, fils de Vivian Silver, une militante pacifiste israélo-canadienne de 74 ans, que l’on croyait disparue mais qui a été assassinée le 7 octobre.

« Elle défend des idées justes… Je reste sur mes positions : le seul moyen de vivre en sécurité, c’est d’avoir la paix », assure M. Zeigen, qui s’est installé à Tel-Aviv après avoir grandi à Beeri.

Mme Silver avait mis en place des programmes d’aide aux habitants de Gaza puis a aidé des malades gazaouis à obtenir des soins en Israël. Lauréate de nombreux prix pour ses activités pacifistes, elle était l’une des fondatrices du mouvement Women Wage Peace en 2014.

Aujourd’hui « triste et en colère », Yonatan Zeigen reste « confiant dans l’avenir, car il y a des gens des deux peuples qui veulent juste vivre et s’épanouir ». « On peut vivre les uns à coté des autres », maintient-il.

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