Rechercher

En visite à Auschwitz, Aviv Kohavi fustige le président iranien Ebrahim Raissi

Le négationnisme de l'Iran est la raison pour laquelle on ne peut pas lui faire confiance sur le nucléaire, a déclaré le chef d’état-major de Tsahal

Le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, prenant la parole au camp de la mort d'Auschwitz, en Pologne, le 19 septembre 2022. (Crédit : Armée israélienne)
Le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, prenant la parole au camp de la mort d'Auschwitz, en Pologne, le 19 septembre 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Le chef d’état-major de Tsahal Aviv Kohavi, a répondu lundi aux remarques du président iranien Ebrahim Raissi mettant en doute la Shoah, lors d’une visite au camp de la mort d’Auschwitz, lundi et a expliqué que ce révisionnisme était l’une des principales raisons pour lesquelles on ne pouvait pas faire confiance à Téhéran en matière d’armes nucléaires.

« Il n’est pas nécessaire d’être un historien ou un chercheur pour comprendre les horreurs de la Shoah ; il suffit d’être humain », a déclaré Kohavi.

« Quiconque ment et nie la douloureuse et solide vérité de l’histoire, peut facilement mentir aujourd’hui, et mentira naturellement à l’avenir », a-t-il déclaré, en faisant référence à Raissi.

« C’est un autre rappel que de telles personnes ne devraient pas être autorisées à posséder une quelconque capacité de développement d’armes de destruction massive », a-t-il ajouté, faisant référence au programme nucléaire iranien.

Depuis des décennies, Israël s’est donné pour mission d’empêcher l’Iran – qui appelle régulièrement à la destruction de l’État juif – de se doter d’armes nucléaires et s’est opposé au retour des États-Unis dans l’accord nucléaire avec l’Iran, estimant qu’il ne va pas assez loin pour freiner les ambitions nucléaires de Téhéran.

Les forces allemandes nazies ont tué environ 1,1 million de personnes, en majorité des juifs, dans le complexe d’Auschwitz-Birkenau, où s’exprimait Kohavi.

Le chef de l’armée est l’un des nombreux dirigeants israéliens qui ont exprimé leur indignation après les commentaires controversés de Raissi dans une interview de 60 Minutes diffusée dimanche, au cours de laquelle on lui a demandé : « Croyez-vous que l’Holocauste a eu lieu ? Que six millions de Juifs ont été massacrés ? »

Raissi a répondu que « les événements historiques devraient pouvoir être étudiés par les chercheurs et les historiens. Il y a quelques signes que cela se serait produit. Si c’est bien le cas, ils devraient permettre qu’ils soient étudiés ».

Le journaliste a alors rétorqué : « Donc vous n’en n’êtes pas certain, je comprends que vous n’en n’êtes pas certain ».

Raissi n’a pas contesté cette conclusion.

Les dirigeants iraniens ont un long passif de négationnisme et de révisionnisme de la Shoah.

Le Premier ministre Yair Lapid a réagi sur Twitter aux commentaires de Raissi en publiant quatre photos choquantes de la Shoah, avec la légende « Quelques signes ».

Le président Isaac Herzog a répondu à son homologue iranien en tweetant une photographie qu’il dit garder sur son bureau de l’avant-bras de la survivante de la Shoah Dora Dreiblatt Eisenberg, tatouée avec son matricule de prisonnière.

Le bras de Dreiblatt Eisenberg est tenu par celui de son arrière-petite-fille, Daniella Har-Tzvi, et le drapeau national israélien apparaît en toile de fond.

Herzog a accompagné l’image de la légende suivante : « M. Raissi, sur mon bureau à Jérusalem, il y a une photographie. Les chiffres parlent d’eux-mêmes », en référence aux chiffres tatoués par les nazis sur le bras du survivant de la Shoah.

Deborah Lipstadt, l’ambassadrice américaine chargée de surveiller et de combattre l’antisémitisme, a déclaré que les récents propos du président iranien Ebrahim Raissi sur la Shoah étaient « ridicules ».

Raissi s’exprimera lors de la 77e session de l’Assemblée générale des Nations unies dans le courant de la semaine. Il s’agit de sa première apparition à ce rassemblement annuel de dirigeants mondiaux.

L’envoyé d’Israël aux Nations unies, Gilad Erdan, a déclaré sur Twitter que les remarques de Raissi sur la Shoah étaient « choquantes » et a exhorté le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, à « refuser à ce négationniste une tribune mondiale depuis laquelle il va répandre l’antisémitisme et la haine ».

« Les Nations unies tomberont plus bas que jamais si elles offrent une tribune au boucher de Téhéran », a-t-il déclaré, faisant référence au fait que Raissi a autorisé des milliers d’exécutions de dissidents politiques lorsqu’il était à la tête du pouvoir judiciaire.

Raissi, un religieux ultraconservateur connu pour son hostilité envers l’Occident, est devenu président l’année dernière.

Israël considère l’Iran comme son plus grand ennemi et sa plus grande menace. L’Iran soutient depuis longtemps des groupes armés voués à la destruction d’Israël. Ses dirigeants ont appelé à rayer Israël de la carte et ont déjà fait des déclarations déformant l’histoire du génocide qui a tué six millions de Juifs ou niant son existence.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...