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Enquête sur des menaces de mort adressées au député Ben Gvir

Le membre de la Knesset d'extrême-droite a reçu plusieurs images de balles, d'arme à feu et des messages de menaces à son encontre et à l'encontre de sa famille

Itamar Ben Gvir, chef du parti d'extrême droite Otzma Yehudit, tient un drapeau d'Israël à la porte de Damas, à Jérusalem, le 10 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)
Itamar Ben Gvir, chef du parti d'extrême droite Otzma Yehudit, tient un drapeau d'Israël à la porte de Damas, à Jérusalem, le 10 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

La police a fait savoir, dimanche, qu’elle avait ouvert une enquête sur des menaces de mort proférées, ces derniers jours, à l’encontre du législateur Itamar Ben Gvir.

Ben Gvir, à la tête de la faction Otzma Yehudit d’extrême-droite et qui s’est présenté à la Knesset sous l’étiquette du parti Sionisme religieux, a partagé sur Facebook plusieurs photos de menaces qu’il a reçues, notamment des photos de balles et d’arme à feu assorties de menaces de mort à son encontre et à l’encontre de sa famille.

La semaine dernière, Ben Gvir avait partagé un message écrit par un jeune Arabe résidant à Kafr Kana. La police a interrogé l’individu incriminé et elle est parvenue à prouver que son compte avait été piraté, comme le suspect l’avait affirmé de prime abord. Les forces de l’ordre recherchent dorénavant les véritables auteurs du message.

Selon Ynet, le député de l’opposition a reçu encore six nouvelles menaces ce week-end, des messages qui ont tous été transférés à la police.

Un message disait ainsi : « Tu quitteras votre maison au prix de ta vie et au prix de la vie des membres de ta famille ».

Un autre promettait de « te faire pleurer et hurler pour ta famille ». Un troisième disait : « On va t’ôter la vie, à toi et à ta famille », avec une photo des membres de la famille du député à la plage.

En réponse, Ben Gvir a déclaré dimanche que « les menaces proférées à mon encontre et à l’encontre de ma famille ne me dissuaderont pas à continuer à faire ce que j’ai à faire ». Il a néanmoins reconnu que « ce n’est pas plaisant de recevoir des menaces et des incitations à la violence tous les matins ».

Ben Gvir a accusé les services de sécurité du Shin Bet d’avoir encouragé ces menaces en « tenant des propos tels que ceux qui ont été attribués au chef du Shin Bet ». Il a noté que les membres de la coalition étaient, eux aussi, coupables dans leur « incapacité à condamner » des menaces antérieures.

Vendredi, au cours d’une initiative rare, le service de sécurité du Shin Bet a publié un communiqué public justifiant sa recommandation d’interdire au député d’extrême droite Itamar Ben Gvir de mener une marche nationaliste dans la Vieille Ville de Jérusalem la semaine dernière, affirmant que sa présence aurait entraîné un « préjudice significatif » à la sécurité d’Israël.

La déclaration du Shin Bet a été rendue publique quelques heures après de vives critiques de Ben Gvir à l’encontre de l’agence. Il avait accusé son chef, Ronen Bar, de passer plus de temps à contrôler ses déplacements qu’à lutter contre le terrorisme.

Le ministre des Affaires religieuses Matan Kahana a condamné les menaces de mort contre Ben Gvir.

« Je prends les menaces faites à la vie du député Itamar Ben Gvir très au sérieux. La violence n’a pas sa place dans le discours public. J’espère que les forces de sécurité attraperont rapidement ces criminels », a commenté Kahana, dimanche.

Le Premier ministre Naftali Bennett dans une réunion avec le chef du Shin Bet, Ronen Bar, à droite, son secrétaire militaire Avi Gil et d’autres responsables de la sécurité, le 2 avril 2022. (Crédit : Shin Bet)

Dans ce climat politique surchauffé, le Premier ministre Naftali Bennett et sa famille ont également reçu, la semaine dernière, deux lettres contenant chacune des menaces de mort et une balle de revolver.

La Douzième chaîne a indiqué que les deux lettres comprenaient des menaces directes contre Bennett, le sommant de démissionner de ses fonctions sous peine de voir sa famille en assumer les dures conséquences.

La deuxième lettre, reçue jeudi au domicile de Bennett à Raanana, a été adressée au fils de Bennett, Yoni, âgé de 15 ans.

Bennett n’a pas réagi publiquement à ces menaces. Cependant, la Douzième chaîne a fait savoir vendredi que le Premier ministre avait critiqué en privé les politiciens de droite qui ont accusé son gouvernement de trahir le pays.

La Treizième chaîne a indiqué que des proches de Bennett avaient récemment exprimé leurs craintes que les menaces soient sérieuses et qu’un homme politique puisse être assassiné dans un avenir proche.

Parmi les personnalités menacées figurent Bennett, la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked ou d’autres députés de Yamina, et Ronen Bar, à la tête du Shin Bet.

Les médias israéliens ont publié des dizaines de publications sur les réseaux sociaux dans lesquelles Bar apparaît notamment vêtu d’un uniforme nazi. Il y a aussi des photos de politiciens du gouvernement affublés de la moustache hitlérienne.

Ces messages évoquent les affiches des partis de droite qui s’étaient multipliées, peu de temps avant l’assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin, dans lesquelles il était apparu vêtu d’un uniforme nazi ou portant le keffieh palestinien.

Jeudi, la police militaire a arrêté un soldat soupçonné d’avoir menacé Bennett sur les réseaux sociaux, a fait savoir la chaîne Kan. Une enquête est en cours.

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