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Erdan qualifié de raciste après avoir attribué la violence à la culture arabe

"Il s'agit d'une société très, très violente", a clamé le ministre de la Sécurité publique après les manifestations contre l'inaction de la police, suscitant de vives condamnations

Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan annonce les candidats au poste de chef de la police pour succéder à Roni Alsheich, le 13 septembre 2018. (Roy Alima/Flash90)
Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan annonce les candidats au poste de chef de la police pour succéder à Roni Alsheich, le 13 septembre 2018. (Roy Alima/Flash90)

Le ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, a attribué lundi la récente vague de violence dans les communautés arabes israéliennes à la culture de leurs résidents, déclenchant des accusations de racisme de la part de députés arabes.

« Il s’agit d’une société très, très — mille fois — très violente », a ainsi déclaré  Gilad Erdan à Radio Jérusalem. « Cela est lié à la culture là-bas. De nombreux conflits qui se règlent ici au tribunal sont traités avec un couteau ou une arme à feu là-bas. »

Il a également indiqué que dans la société arabe, « une mère donne à son fils la permission de tuer la sœur, car elle fréquente un homme qui ne plaît pas à la famille ».

Ses propos surviennent dans un contexte de manifestations contre la recrudescence de la criminalité et de la violence meurtrière organisées à travers le pays ces derniers jours, des milliers de manifestants s’étant rassemblés pendant le week-end.

Selon la police, plus de 70 meurtres ont été commis dans les communautés arabes cette année – presque autant que sur les deux années précédentes – alors que les Arabes, qui forment 20 % de la population générale, représentent plus de la moitié de toutes les victimes de meurtre dans le pays.

Les députés de la Liste arabe unie Ayman Odeh et Ahmad Tibi lors d’une manifestation contre les violences, le crime organisé et les meurtres récents au sein de la communauté arabe à Majd al-Krum, le 3 octobre 2019 (Crédit : David Cohen/Flash90)

« Au lieu d’assumer sa responsabilité de veiller à la sécurité de tous les citoyens du pays, Erdan préfère se cacher derrière des propos racistes et de rejeter la responsabilité sur ceux qui sont assassinés », a réagi Ayman Odeh, chef de la Liste arabe unie, dans un communiqué.

Il a également accusé le ministre, ayant autorité sur la police, de considérer les Arabes israéliens comme des « ennemis » et de refuser de les protéger contre les groupes criminels.

Le député Ahmad Tibi, numéro 2 de l’alliance des partis arabes, a fait savoir que sa formation était en train de discuter de la façon dont réagir aux commentaires de Gilad Erdan. Le ministre doit rencontrer jeudi les députés de la Liste arabe unie, une réunion décidée avant la tenue de ces propos.

Yousef Jabareen, également député de la Liste, a accusé Gilad Erdan de faire porter la faute aux victimes.

« La culture en faute est celle de la culture raciste au pouvoir qui perçoit les citoyens arabes comme des citoyens de seconde zone et des membres d’une culture inférieure », a-t-il ainsi écrit sur Twitter.

À la suite de ces critiques, Gilan Erdan a assuré que ces paroles avaient été déformées et sorties de leur contexte.

« Le principal responsable de la lutte contre le crime et la violence dans la société arabe est le gouvernement et la police », a-t-il twitté. « La population arabe… respecte la loi. »

Pour réduire la violence, a-t-il néanmoins ajouté, « il existe des normes culturelles dans des pans de la population arabe » qui doivent être dénoncées, « les crimes d’honneur, les vendettas, les meurtres familiaux et les armes illégales ».

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