Erdogan accuse le Conseil de sécurité d’ignorer le « massacre » des Palestiniens
Rechercher

Erdogan accuse le Conseil de sécurité d’ignorer le « massacre » des Palestiniens

Le dirigeant turc a promis de soutenir les Palestiniens "même si le monde entier tourne le dos", dénonçant les récentes réductions de l'aide américaine

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'adresse à la 73e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, au siège des Nations Unies, le 25 septembre 2018. (AP Photo/Richard Drew)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'adresse à la 73e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, au siège des Nations Unies, le 25 septembre 2018. (AP Photo/Richard Drew)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé mardi le Conseil de sécurité de l’ONU de « rester inactif » face au « massacre » des Palestiniens et s’est engagé à protéger Jérusalem « même si le monde entier tourne le dos ».

« Les massacres en Bosnie, au Rwanda, en Somalie, récemment au Myanmar et en Palestine ont tous eu lieu sous les yeux du Conseil de sécurité des Nations unies », a déclaré M. Erdogan dans son discours devant l’Assemblée générale des Nations unies.

Bien qu’il n’ait pas explicitement nommé les États-Unis, M. Erdogan a dénoncé les récentes réductions de l’aide aux Palestiniens par l’administration du président américain Donald Trump.

« Ceux qui se taisent face à l’oppression des Palestiniens, qui réduisent l’aide humanitaire qui leur est destinée, ne font que renforcer la détermination des oppresseurs », a déclaré M. Erdogan.

« Même si le monde entier tourne le dos, nous, la Turquie, continuerons à être du côté des Palestiniens opprimés et protégerons le statut historique et juridique de… Jérusalem », a-t-il ajouté.

Erdogan a tenu des propos similaires dimanche, lorsqu’il a dit qu’il défendrait Jérusalem contre les « envahisseurs » israéliens et contre ceux qui se livrent au « terrorisme d’État » contre les Palestiniens.

Dans un discours prononcé devant la fondation TURKEN à New York, le dirigeant turc a également déclaré qu’il poursuivrait sa bataille diplomatique contre Israël et les États-Unis pour l’avenir de la capitale israélienne, selon l’agence de presse Anadolu.

Une vue du mur Occidental et du dôme du Rocher, des sites parmi les plus saints pour les Juifs et les musulmans, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 6 décembre 2017 (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

M. Trump a pris la parole devant l’ONU plus tôt mardi et a rappelé sa décision de reconnaître officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y transférer l’ambassade des États-Unis.

« Les États-Unis sont engagés pour un avenir de paix et de stabilité dans la région, notamment la paix entre Israéliens et Palestiniens », a déclaré M. Trump devant cette organisation mondiale. « La reconnaissance de faits évidents fait avancer cet objectif, et non le contraire ».

Depuis qu’il a annoncé sa décision concernant Jérusalem en décembre dernier, le processus de paix israélo-palestinien est dans l’impasse, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, refusant de rencontrer les responsables de l’administration dont il affirme qu’ils ne remplissent plus le rôle de négociateurs impartiaux et se rangent du côté d’Israël.

Selon un reportage publié dans les médias israéliens la semaine dernière, Israël et la Turquie mènent des pourparlers dans le but de rétablir les relations diplomatiques entre les deux pays, qui ne sont rien de moins que tendues.

Des manifestants palestiniens lancent des pierres lors d’une manifestation au point de passage d’Erez avec Israël, le 18 septembre 2018, dans le nord de la bande de Gaza. (AFP PHOTO / Said KHATIB)

Après de violentes manifestations à la frontière de Gaza en mai, au cours desquelles plus de 60 Palestiniens, pour la plupart membres du Hamas et d’autres groupes terroristes, ont été tués, le dirigeant turc a imputé la responsabilité de ces morts à Israël, le qualifiant d’“État terroriste” qui commet un « génocide ». La Turquie a rappelé son ambassadeur et expulsé l’ambassadeur d’Israël, Eitan Naeh, et son consul à Istanbul.

Israël avait alors réagi en expulsant le consul général de Turquie à Jérusalem et en convoquant son adjoint à Tel Aviv pour qu’il se fasse sermonner.

Ces dernières semaines, la Turquie a rétabli son attaché économique en Israël.

Selon les chiffres de l’AP, plus de 130 Gazaouis ont été tués par les tirs israéliens depuis le début des affrontements hebdomadaires surnommés la « Grande marche du retour ». Le Hamas, l’organisation terroriste islamiste qui a pris le contrôle de Gaza en 2007 et cherche à détruire Israël, a reconnu que des dizaines de victimes palestiniennes étaient ses membres.

Israël a affirmé que ses interventions – et en particulier l’utilisation de balles réelles – étaient indispensables pour défendre la frontière et mettre fin aux infiltrations massives en provenance du territoire, et a accusé le Hamas d’encourager les manifestations et de les utiliser comme couverture pour tenter de commettre des attaques terroristes.

Au cours des manifestations qui se poursuivent, les manifestants ont également lancé des cerfs-volants et des ballons incendiaires en Israël, provoquant des incendies qui ont détruit des forêts, brûlé des cultures et tué du bétail. Au cours des six derniers mois, plus de 3 000 hectares de terres dans le sud d’Israël ont été brûlés par des incendies provoqués par les ballons, causant des millions de shekels de dégâts.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...