Erdogan menace de geler les relations avec Israël pour son soutien aux Kurdes
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Erdogan menace de geler les relations avec Israël pour son soutien aux Kurdes

Critiquant le référendum sur l'indépendance du Kurdistan irakien, le président turc affirme que le soutien israélien n'apportera aucune “légitimité” à cette initiative

Le président turc Recep Tayyip Erdogan à Ankara, le 1er juillet 2017. (Crédit : Adem Altan/AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan à Ankara, le 1er juillet 2017. (Crédit : Adem Altan/AFP)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré mardi qu’Israël devrait « revoir » son soutien à l’indépendance kurde irakienne, avertissant que l’appui apporté par l’Etat juif à cette initiative pourrait affecter de manière négative les relations entretenues entre Ankara et Jérusalem.

« S’ils ne revoient pas ce soutien, nous ne pourrons pas effectuer un certain nombre de démarches que nous sommes sur le point d’entreprendre avec Israël », a déclaré Erdogan selon l’agence de presse officielle Anadolu.

« Il n’est pas possible que nous prenions des initiatives avec ceux qui ne considèrent pas la Turquie comme un meneur de jeu dans la région. La Turquie est un meneur de jeu dans la région », a-t-il répété.

Malgré des années de relations étroites dans les domaines de la sécurité et des renseignements, les liens diplomatiques d’Israël avec la Turquie étaient tendus depuis l’arrivée au pouvoir d’Erdogan, une froideur qui a atteint son apogée quand des soldats israéliens ont mené une opération contre le Mavi Marmara au large de la bande de Gaza, lors de laquelle neuf ressortissants turcs avaient été tués après avoir violemment attaqué les militaires lorsqu’ils étaient montés à bord, au mois de mai 2010.

Le Mavi Marmara, navire turc participant à la flottille pour Gaza, visant à briser le blocus maritime imposé par Israël, en mai 2010. (Crédit : CC BY Free Gaza Mouvement/Flickr)
Le Mavi Marmara, navire turc participant à la flottille pour Gaza, visant à briser le blocus maritime imposé par Israël, en mai 2010. (Crédit : CC BY Free Gaza Mouvement/Flickr)

Même si Ankara et Jérusalem ont souscrit à un accord de réconciliation en août 2016 après des années de rupture suite à l’incident de la flottille, Erdogan a continué à réprimander en public l’Etat juif en des termes très durs pour ses politiques envers les Palestiniens et dans sa gestion du mont du Temple à Jérusalem.

Le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, a répliqué que la menace proférée par Erdogan était « vide ».

« La menace d’Erdogan de geler les relations si Israël continue à soutenir l’indépendance des Kurdes est vide. Les relations sont de toute façon creuses et nous ne prenons pas d’ordre de la part des Turcs », a tweeté Lapid, qui prône une approche plus agressive d’Israël envers la Turquie.

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