Erreur dans une maison de retraite : une femme enterrée par la mauvaise famille
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Erreur dans une maison de retraite : une femme enterrée par la mauvaise famille

Les proches de Chaya Freeman n'ont appris sa mort que plusieurs jours plus tard, après que son identité a été échangée avec celle d'une autre patiente lors d'un transfert

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Photo non datée de Chaya Freiman avec son petit-fils, Elian Fitusi (Facebook)
Photo non datée de Chaya Freiman avec son petit-fils, Elian Fitusi (Facebook)

Une personne âgée résidant dans une maison de retraite et décédée de la COVID-19 la semaine dernière a été l’objet d’une erreur d’identification, et enterrée alors même que sa famille était rassurée sur son état de santé, a déclaré son petit-fils dimanche.

Pendant ce temps, une deuxième famille a été informée du décès de leur proche alors qu’elle était bien vivante.

L’identité de Chaya Freiman a apparemment été confondue avec celle d’une autre patiente atteinte du virus lors de leur transfert d’un établissement de soins à un autre, ce qui a conduit à cette erreur.

La famille de Chaya Freiman n’a appris son décès que trois jours après son inhumation, et seulement par hasard, après qu’une photo récente de la seconde femme – qui était censée être décédée – ait été envoyée au personnel de son premier centre de soins.

M. Fitusi a déclaré que la famille de Mme Freiman avait l’impression que les responsables lui avaient « menti ». « Nous n’avons aucune explication sur ce qui est arrivé à ma grand-mère et cela nous brise le cœur d’imaginer ce qu’elle a pu vivre, et que nous n’ayons même pas pu l’enterrer correctement selon la tradition et faire la shiva. »

Le ministère de la Santé a déclaré qu’il allait mettre en place un comité pour enquêter sur cette affaire, tandis que les deux maisons de soins impliquées se sont mutuellement accusées de l’incident.

La famille de Freiman a demandé au tribunal d’instance de Beer Sheva d’ordonner l’exhumation de son corps de sa tombe à Beer Sheva, afin de permettre une autopsie et de l’enterrer dans sa ville natale d’Ashkelon.

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Dans une longue publication sur sa page Facebook samedi, le petit-fils de Freiman, Elian Fitusi, a décrit la chaîne d’événements qui a conduit à l’incident.

Jusqu’à la semaine dernière, Freeman était résidente d’une maison de soins à Ashkelon, identifiée dans les médias israéliens comme la maison Naot Avi. Le 28 août, elle a été diagnostiquée comme malade de la COVID-19 et, conformément aux directives du ministère de la Santé, elle a été transférée dans un foyer de soins à Bnei Brak qui dispose d’une section dédiée au coronavirus, le centre Vatikim. Une autre résidente de Naot Avi, également atteinte de la COVID-19, a également été transférée dans l’établissement de Bnei Brak.

Les deux femmes ont été transférées avec des bracelets les identifiant, et les deux maisons de soins tentent aujourd’hui de savoir si les bracelets étaient corrects, se rejetant la faute l’une sur l’autre.

La mère de Fitusi a appelé deux fois le centre Vatikim pour demander des nouvelles de sa mère, Freiman, atteinte de démence grave, et on lui a répondu qu’elle allait bien, qu’elle mangeait et buvait, écrit-il.

En réalité, Freiman était déjà morte et avait été enterrée sous un autre nom. En raison de sa mort du coronavirus, les membres de la famille n’ont pas pu l’identifier personnellement. En revanche, une photo a été fournie à un parent assez éloigné de la deuxième femme, qui a accidentellement confirmé qu’il s’agissait bien d’elle.

Plusieurs jours plus tard, Naot Avi a envoyé des cadeaux de Rosh HaShana à ses patients traités au centre Vatikim, et a demandé au personnel de la deuxième maison de soins de photographier les résidents qui les recevaient. Une assistante sociale de Naot Avi a été stupéfaite lorsqu’elle a reçu une photo de « Chaya Freiman » recevant son cadeau, qui était en fait la femme qui était censée être morte quelques jours auparavant.

Fitusi a déclaré que sa famille a reçu la visite d’un membre du personnel de Naot Avi qui leur a annoncé que sa grand-mère était en fait décédée et avait été enterrée sous un autre nom.

Parallèlement, les proches de la seconde femme, qui venaient d’assister à ses funérailles, ont appris qu’elle était en fait toujours en vie. Jusqu’à présent, ils n’ont pas parlé de l’incident aux médias.

Selon Fitusi, les fonctionnaires semblaient eux-mêmes confus quant à ce qu’il s’est passé. Lorsque la famille a demandé des explications, « nous n’avons pas obtenu de réponses logiques. Tout ce qu’ils ont dit, c’est ‘nous sommes encore en train de vérifier' ».

Le ministère de la Santé a déclaré dimanche dans un communiqué qu’un comité d’enquête allait « examiner l’incident grave et regrettable au cours duquel une erreur d’identification a été commise lors de l’inhumation d’une femme décédée du coronavirus ».

Entre-temps, les deux maisons de soins ont toutes deux publié des déclarations dans lesquelles elles s’accusent mutuellement de ce qui s’est passé.

Naot Avi a déclaré dans un communiqué qu’il s’agissait d’une « conduite négligente » de la part du foyer de Bnei Brak et a insisté sur le fait que les bracelets d’identification corrects étaient sur chaque femme avant leur transfert. Cependant, le centre Vatikim a blâmé Naot Avi, affirmant que les patientes étaient arrivées avec des identités incorrectes et, dans une lettre, a averti Naot Avi d’un procès en diffamation à ce sujet.

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