Être femme rabbin en France : une pratique rare
Rechercher

Être femme rabbin en France : une pratique rare

La pratique n’est pas très répandue en France, pourtant première communauté juive d’Europe

Delphine Horvilleur (Crédit : Jean-François Paga)
Delphine Horvilleur (Crédit : Jean-François Paga)

La France comptabilise aujourd’hui trois femmes rabbins, rapporte le site France 24.

L’histoire des femmes rabbin commence en Allemagne en 1935 lorsque Reginas Jonas se fait ordonner. Cette dernière mourra en 1944 à Auschwitz.

En France, cette pratique est très récente.

La première femme à devenir rabbin dans l’Hexagone est Pauline Bebe en 1990. Cette ordination avait à l’époque provoqué un « scandale« .

Elle est aujourd’hui rabbin de la Communauté Juive libérale dans le 11e arrondissement de Paris depuis 1995. Elle a suivi ses études rabbiniques à Londres et s’est fait ordonner à la synagogue de West London.

Depuis 1990, deux autres femmes se sont fait également ordonner et sont devenues rabbins en France.

Delphine Horvilleur s’est fait ordonner en 2008 à New-York. Elle est le rabbin du Mouvement Juif Libéral de France au centre Beaugrenelle depuis lors.

Delphine Horvilleur a étudié à New-York, où elle a « découvert un judaïsme aux visages pluriels, ouvert, créatif et égalitaire entre hommes et femmes » témoignait-elle dans une interview pour le magazine Psychologies en décembre 2013.

Dans cette même interview, elle expliquait que « l’étude est la valeur centrale et sacrée du judaïsme. La refuser aux femmes est une insulte à l’essence même de nos traditions. »

Cette dernière est aussi journaliste et directrice de rédaction du magazine Tenou’a.

Floriane Chinsky est la troisième rabbin de France. Elle est aujourd’hui le rabbin du Mouvement Juif Libéral de France dans l’est parisien (20e arrondissement) depuis 2014. Elle a été ordonnée à Jérusalem en 2005 et a été la première femme rabbin de Belgique avant de rejoindre la capitale française.

Cette pratique de femmes rabbins n’est pas répandue en France. Selon Delphine Horvilleur, une des raisons serait liée à l’organisation du culte en France qui se fait autour du Consistoire. Le Consistoire étant de « sensibilité orthodoxe » rapporte-t-elle à l’AFP.

Selon Pauline Bebe, au regard des textes, il n’y aurait pas « d’interdiction formelle ».

Floriane Chinsky souligne que l’enjeu actuel serait l’établissement d’une meilleure « collaboration entre hommes et femmes au sein même de la communauté » rapporte France 24.

Dans le domaine de la place du leadership féminin dans les communautés juives françaises, Delphine Horvilleur se veut optimiste. Selon ses propos, « les mentalités évoluent vite » même si ce leadership ne relève pas aujourd’hui d’une évidence.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...