Ex-chef des renseignements : Netanyahu doit accepter l’aide militaire américaine
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Ex-chef des renseignements : Netanyahu doit accepter l’aide militaire américaine

Alors que les sénateurs américains font pression pour augmenter le financement, la Maison Blanche rappelle que l’aide proposée est la plus importante de son histoire

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Amos Yadlin pendant un événement organisé par IsraPresse pour la communauté francophone au Menachem Begin Heritage Center, à Jérusalem, le 22 février 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Amos Yadlin pendant un événement organisé par IsraPresse pour la communauté francophone au Menachem Begin Heritage Center, à Jérusalem, le 22 février 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu devrait accepter l’aide militaire proposée par l’administration américaine et ne pas « prendre un pari risqué » en attendant que le prochain président ne fasse une meilleure offre, a déclaré mardi un ancien directeur du renseignement militaire d’Israël.

Le général (retraité) Amos Yadlin a déclaré à la radio militaire que bien qu’il puisse être moins élevé que ne le souhaiterait Israël, l’accord sur la table représentera toujours la plus grande contribution jamais faite par les Etats-Unis à un pays étranger, et comprend des libertés importantes et sans précédent pour utiliser une partie de l’argent comme le souhaite Israël.

« Nous aurions voulu plus, nous pensons que les menaces stratégiques contre Israël justifient une aide plus importante, mais je pense que la bonne chose à faire est de signer pour 10 ans pour le montant que l’administration propose, avec des options pour le Congrès d’ajouter des fonds supplémentaires, comme cela s’est vu dans le passé », a déclaré Yadlin.

Alors qu’une large majorité des sénateurs fait pression pour augmenter l’aide étrangère à Israël, un officiel de la Maison Blanche a indiqué lundi que l’administration Obama était prête à offrir à Israël la plus grande aide militaire proposée à un pays au cours de l’histoire des Etats-Unis.

Le président américain Barack Obama et le Premier ministre Benjamin Netanyahu après une conférence de presse à la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 20 mars 2013. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Le président américain Barack Obama et le Premier ministre Benjamin Netanyahu après une conférence de presse à la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 20 mars 2013. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

L’aide actuelle, qui expire en 2018, s’établit à trois milliards de dollars par an, et, selon des rapports, Israël voudrait augmenter ce montant à cinq milliards. Netanyahu a sous-entendu qu’il pourrait attendre de négocier avec le successeur d’Obama pour essayer d’assurer un meilleur accord.

Yadlin, qui était auparavant attaché militaire d’Israël à Washington, a déclaré qu’attendre le prochain président pourrait remettre en cause tout l’accord.

« [Donald] Trump, qui est en voie de devenir le nominé républicain, a déjà annoncé qu’il limiterait l’aide étrangère américaine, et a même cité nommément Israël », a-t-il déclaré.

Le mois dernier, le favori républicain avait déclaré qu’Israël ferait partie de sa proposition pour que les pays récipiendaires de l’aide étrangère américaine remboursent les financements aux Etats-Unis.

Selon Yadlin, qui est maintenant directeur de l’Institut des études de sécurité nationale (INSS), il y avait l’été dernier une « bonne volonté réelle » de l’administration américaine pour s’occuper des préoccupations sécuritaires d’Israël, mais une dégradation des relations a depuis limité la capacité d’Israël à argumenter pour obtenir des augmentations plus importantes.

« La réduction des écarts aurait dû avoir lieu l’été dernier, a affirmé Yadlin. Mais en ce moment, il y a un manque de confiance entre les deux administrations, il y a de l’animosité, et par conséquent la chance de les persuader de nos préoccupations stratégiques est très faible. »

En novembre, Israël aurait complété sa « liste de courses » de matériel américain souhaité, qui inclurait une demande pour des V-22 Osprey, des avions qui seraient capables d’atteindre l’Iran.

Le système de défense Dôme de fer en action (Crédit : David Buimovitch/Flash90)
Le système de défense Dôme de fer en action (Crédit : David Buimovitch/Flash90)

Israël aurait cherché à obtenir les V-22 en 2012, quand il envisageait une frappe sur l’installation d’enrichissement d’uranium iranienne de Fordo, mais a ensuite décidé de ne pas les acheter en raison de contraintes budgétaires.

Dans le cadre d’un autre budget, l’administration américaine serait tout à fait disposée à financer le programme de défense anti-missile israélien : le Dôme de Fer (interception de missiles à courte portée), la Fronde de David (moyenne portée) et Arrow (longue portée), pour assurer qu’Israël puisse contrer les menaces de Gaza, du sud Liban et de Syrie, ainsi que de l’Iran qui développe inlassablement ses missiles balistiques.

Les Etats-Unis ont soit développé de manière conjointe soit financé les trois volets de ce programme.

Judah Ari Gross et Raphael Ahren ont contribué à cet article.

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