Explosifs dans des tribunaux rabbiniques : l’accusé écope de 3 ans de prison
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Explosifs dans des tribunaux rabbiniques : l’accusé écope de 3 ans de prison

Zion Cohen, 69 ans, a également été condamné à une amende de 10 000 shekels pour ses attaques motivées par la volonté de séparer religion et Etat

Entrée du tribunal rabbinique de Tel-Aviv (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Entrée du tribunal rabbinique de Tel-Aviv (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Un homme a été condamné à trois ans de prison pour avoir installé des explosifs dans des tribunaux religieux, dans le but de faire avancer son objectif visant à séparer la religion de l’Etat.

Le tribunal de Lod a également imposé à Zion Cohen, 69 ans, de payer 10 000 shekels d’amende.

Cohen a admis avoir mené ces attaques dans l’objectif d’empêcher que les services religieux soient offerts au public israélien laïc.

Les documents judiciaires montrent que Cohen a développé une colère contre l’establishment religieux après avoir appris que deux femmes de sa connaissance avaient déclaré avoir été agressées sexuellement par des hommes de la communauté religieuse. Sa colère s’est intensifiée après avoir lu sur les réseaux sociaux l’influence des tribunaux religieux sur la vie des Israéliens laïcs.

Le juge qui présidait l’audience, Ami Kobo, a noté que Cohen n’a fait que regretter que ses actions n’aient pas suscité plus d’attention.

« Même aujourd’hui, l’accusé a du mal à comprendre les conséquences de ses actes, et pense que ceux qui l’entourent ont réagi de manière disproportionnée à ses actions », a écrit Kobo.

Néanmoins, le juge a déclaré avoir pris en considération la santé mentale de Cohen, son âge et son absence de casier judiciaire. En outre, il a tenu compte du fait que ses attaques ont été programmées de façon à ne pas faire de blessés.

Selon l’acte d’accusation, au mois de janvier 2019, Zion Cohen, 68 ans, s’était fait passer pour un sans-abri, commençant à mener des missions de reconnaissance dans les bâtiments des autorités religieuses.

Au même moment, il avait suivi un stage de formation à la serrurerie et fait des expérimentations sur les matériaux de combustion dans un entrepôt de la région du Merom Golan où il résidait. Il avait acheté du matériel et des équipements et il avait commencé à produire des charges incendiaires.

Au mois de mai 2020, Cohen a pris ses explosifs et, encore déguisé en sans-abri, il les avait cachés dans six bâtiments accueillant les autorités religieuses – la Cour rabbinique de Petah Tikva, le Conseil religieux d’Ashdod, le Conseil religieux de Tel Aviv, la Cour rabbinique de Tel Aviv, le Conseil religieux de Kfar Saba et la Cour rabbinique de Kfar Saba.

Tous les explosifs s’étaient déclenchés en même temps, entraînant des dégâts à hauteur de dizaines de milliers de shekels. Ils avaient explosé au petit matin, un samedi, à une heure où les bâtiments sont supposés être vides. Il n’y a pas eu de blessés à déplorer.

La séparation entre la religion et l’Etat est un sujet (très) brûlant au sein de l’Etat juif – avec des débats sur des questions telles que les exemptions de service militaire bénéficiant aux jeunes ultra-orthodoxes, le mariage et le divorce civil, les zones de prières pluralistes au mur Occidental et les transports publics ou l’ouverture des petits commerces le jour du Shabbat.

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