Facebook suspend un outil de dialogue de Netanyahu après son discours anti-arabe
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Facebook suspend un outil de dialogue de Netanyahu après son discours anti-arabe

Le géant des réseaux sociaux estime que le Likud a violé les termes d'utilisation de la plateforme en affirmant que les responsables politiques arabes "veulent nous anéantir"

Le leader de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, filme le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant le débat sur le projet de loi des caméras à la Knesset de Jérusalem, le 11 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le leader de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, filme le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant le débat sur le projet de loi des caméras à la Knesset de Jérusalem, le 11 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Facebook a annoncé jeudi qu’il suspendait un agent de dialogue (chatbot en anglais) opéré par la page officielle du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour violation de sa politique sur le discours haineux, après un message diffusé par sa campagne qui mettait en garde contre les politiciens arabes israéliens qui « veulent nous exterminer ».

Un porte-parole du géant des réseaux sociaux a déclaré que l’agent de dialogue avait été temporairement suspendu pour 24 heures et que des mesures seraient prises contre toute future éventuelle violation des conditions d’utilisation.

« Après avoir examiné les activités de l’agent de dialogue de la campagne du Likud, nous avons déterminé une violation de notre politique sur le discours haineux. Nous avons également déterminé que celui-ci avait enfreint les règles concernant la période de temps impartie pour contacter des personnes. En conséquence, nous avons temporairement suspendu celui-ci pendant 24 heures. Si des violations supplémentaires devaient se produire, nous continuerons à prendre les mesures qui s’imposent », a déclaré le porte-parole.

Ayman Odeh, le chef du parti à majorité arabe, qui s’était plaint auprès de Facebook de l’outil conversationnel, s’est félicité de cette décision.

« Hier, nous avons directement contacté Facebook et leur avons demandé de cesser de donner une tribune à la dangereuse incitation à la violence de Netanyahu. Nous en constatons aujourd’hui les résultats. Nous avons gagné contre le projet de loi sur les caméras et nous avons également gagné contre l’incitation à la haine », a-t-il déclaré.

La suspension est intervenue après que l’outil de campagne en ligne du Likud de Netanyahu a appelé les électeurs à faire obstacle à la formation d’un gouvernement de gauche qui finira par conclure un partenariat avec les parlementaires arabes israéliens. Répondant aux critiques de la campagne, qui a exhorté les volontaires du Likud à adopter ce message de campagne pour convaincre les électeurs, le parti de droite en a désavoué mercredi le contenu, qu’il a décrit comme une « erreur commise par un agent de campagne », et assuré qu’il n’avait pas été approuvé par le Premier ministre. .

« Le Premier ministre Netanyahu n’a pas vu ces choses, ne les a pas approuvées, ne les approuve pas et s’y oppose », pouvait-on lire dans le communiqué du Likud. « Lorsque le contenu a été porté à son attention, il a demandé à ce qu’il soit retiré immédiatement. »

Netanyahu, dans une interview accordée à la radio jeudi, a de nouveau affirmé qu’il s’agissait d’une erreur de la part d’un employé de la campagne, soulignant : « J’ai des amis dans les pays arabes et j’ai du respect pour tout le monde. »

En réaction à l’agent de dialogue Facebook, Odeh avait qualifié mercredi le Premier ministre de « psychopathe » et s’est plaint à Facebook.

« Netanyahu est un psychopathe sans lignes rouges », avait-il accusé. « Il veut du sang. Ce criminel honteux continuera à nous saigner à tout point de vue tant que cela lui permettra d’éviter la prison. »

L’avertissement de Netanyahu sur le fait que sa défaite lors des scrutins de la semaine prochaine se traduirait par la formation d’une coalition de gauche avec le soutien arabe a été une pièce maîtresse de sa campagne, de même qu’autoriser les membres du parti à apporter des caméras dans les bureaux de vote

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