Feiglin visite un bureau de vote à Tel Aviv et refuse de manger
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Feiglin visite un bureau de vote à Tel Aviv et refuse de manger

Le chef du parti Zehut prêche la liberté dans un quartier branché, affirmant qu'il veut apporter "un goût" de la liberté américaine en Israël

Des élèves de Sixième de Tel Aviv organisent une vente de pâtisseries pour collecter des fonds pour leur fête de fin d'année et proposent leurs pâtisseries au candidat du parti Zehut Moshe Feiglin devant un bureau de vote, le 9 avril 2019. Feiglin n'a pas acheté de pâtisseries. (Melanie Lidman/Times of Israel)
Des élèves de Sixième de Tel Aviv organisent une vente de pâtisseries pour collecter des fonds pour leur fête de fin d'année et proposent leurs pâtisseries au candidat du parti Zehut Moshe Feiglin devant un bureau de vote, le 9 avril 2019. Feiglin n'a pas acheté de pâtisseries. (Melanie Lidman/Times of Israel)

Les sympathisants qui espéraient rencontrer le chef du parti Zehut, Moshe Feiglin, dans une école secondaire huppée de Tel Aviv, ont perdu temporairement espoir mardi lorsque le candidat, en retard après une visite dans plusieurs autres bureaux de vote du centre, a dû annuler son dernier arrêt avant sa pause-déjeuner.

Mais heureusement, il y avait une vente de pâtisseries en cours, et cette journaliste est restée, séduite par les arômes des produits de boulangerie maison et de la machine à expresso dans la classe de sixième de l’école Gabrieli Carmel. Les enfants entreprenants ont récolté plus de 2 000 shekels (500 euros) en vendant les biscuits et gâteaux de leurs parents et la limonade fraîchement pressée pour financer la location du matériel son et lumière pour leur fête de fin d’année.

« Les brownies et le chocolat sont nos best-sellers, » dit Mika, 12 ans. « On se baladait avec des plateaux, on essayait de convaincre les gens d’acheter. Nous ne délivrons pas de reçus. »

Quand Feiglin a finalement changé d’avis et s’est présenté à l’école, située dans un quartier riche et gauchiste de Tel Aviv, il a poliment refusé les pâtisseries, disant qu’il était sur le point de faire une pause-déjeuner.

Feiglin, qui semblait détendu, vêtu d’un jeans (mais pas du col roulé noir qui est récemment devenu sa signature), est apparu comme le phénomène surprise de l’élection, avec un programme pro-marijuana et libertaire ultra-nationaliste. Il a dit qu’il était confiant quant aux résultats.

« Il y a une nouvelle génération en Israël qui sait quoi souhaiter : le goût de la liberté, le goût de la permissivité leur parle », a dit Feiglin au Times of Israel juste devant les isoloirs.

« Je pense que les anglophones d’Israël connaissent le goût [de la liberté]. Ce n’est pas un hasard si tant d’Israéliens vivent en Amérique. C’est parce qu’ils n’ont pas ce genre de liberté ici en Israël – la liberté économique, la liberté d’éducation, la liberté de parler entre eux sans se sentir menacés… C’est le message de Zehut, et c’est contagieux, c’est passionnant. »

« Au lieu d’aspirer à ce que vous aviez en Amérique, amenez l’Amérique ici », a-t-il ajouté.

Alors que le parti pro-cannabis Aleh Hayarok ne se présente pas aux élections générales pour la première fois en 20 ans, les partisans de la légalisation se sont peu à peu rapprochés de Zehut et Feiglin, qui ont fait de la légalisation un élément de son programme radical et iconoclaste.

A LIRE : Comment l’extrémisme du pro-cannabis Feiglin a disparu dans un nuage de fumée

Les derniers sondages de la campagne, à la fin de la semaine dernière, ont montré que Zehut obtenait cinq à sept sièges à la Knesset, composée de 120 membres. Si cela s’avère exact, Feiglin, éternellement exclu, pourrait être prêt à jouer le rôle de faiseur de rois lorsqu’il s’agira de former une coalition post-électorale, d’obtenir une représentation ministérielle et d’être bien placé pour exiger l’application de certaines de ses principales revendications.

Des élèves de sixième d’un collège de Tel Aviv organisent une vente de pâtisseries devant les isoloirs, le 9 avril 2019. (Melanie Lidman/Times of Israel)

Au début, alors qu’il cherchait à maximiser sa popularité, Feiglin a minimisé ses positions nationalistes et religieuses d’extrême droite. Mais au fur et à mesure que le soutien à Zehut s’est accru, il est sorti des nuages de la fumée de marijuana et a embrassé le purisme idéologique qui l’a vu s’insurger contre la pensée établie depuis le début des années 1990. Cependant, la sagesse politique établie ne s’est pas aliénée les électeurs ; au contraire, de plus en plus d’entre eux semblaient se diriger vers lui.

Une électrice de Tel Aviv, Adi Goldenzweig, doctorante à l’Institut Weizmann des sciences de la vie, a vu Feiglin en allant voter, et lui a demandé s’il autoriserait les représentants de la Knesset de son parti, qui défend la liberté et la libéralité, à voter comme ils le souhaitent sur les projets de loi ou s’ils seraient tenus de voter ensemble en bloc.

Feiglin a dit que sur les questions qu’il aborde dans son programme politique de 344 pages – maintenant le troisième livre le plus vendu en Israël – le parti votera en bloc, mais sur les autres questions, les membres pourront voter en leur propre conscience.

Adi Goldenzweig, 34 ans, une électrice de Tel Aviv, interroge le chef du parti Zehut Moshe Feiglin sur la liberté qu’il accordera aux députés de son parti, devant un isoloir à Tel Aviv, le 9 avril 2019. (Melanie Lidman/Times of Israel)

Goldenzweig a dit que même si elle appréciait le fait que Feiglin était un candidat beaucoup plus cohérent que les autres politiciens, qui semblent faire volte-face selon les caprices du public, elle était venue avec l’intention de voter pour le Parti travailliste et que sa discussion avec Feiglin ne changerait rien à son opinion.

« Je ne soutiens pas son programme économique et je me fiche du cannabis, dit-elle. « Et je ne voterais jamais pour quelqu’un qui ne peut pas me serrer la main. »

Raoul Wootliff a contribué à cet article.

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