Fin du conflit commercial entre Israël et l’AP
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Fin du conflit commercial entre Israël et l’AP

Le ministre de l'Agriculture a dit avoir rouvert la porte aux importations palestiniennes après que Ramallah a autorisé l'agneau israélien sur les marchés locaux

Des Palestiniens sur un marché de Bethléem, en Cisjordanie, le 30 août 2018 (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)
Des Palestiniens sur un marché de Bethléem, en Cisjordanie, le 30 août 2018 (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Israël et l’Autorité palestinienne (AP) ont annulé leurs interdictions respectives d’importation de fruits et légumes, mettant un terme à un court conflit commercial.

Le ministre de l’Agriculture Uri Ariel avait ordonné aux autorités de ne plus autoriser les importations de fruits et légumes palestiniens le 17 décembre, après que l’AP a donné pour instruction aux bouchers palestiniens de cesser d’acheter de l’agneau en provenance de l’Etat juif, avait expliqué lors d’un entretien téléphonique une porte-parole du ministre, Dalia Goldenberg.

L’AP avait répondu à l’interdiction des importations de fruits et légumes palestiniens, jeudi dernier, en interdisant à son tour l’entrée de fruits, légumes et volailles en provenance d’Israël.

Mais dimanche, Goldenberg a expliqué qu’Ariel avait levé l’interdiction de l’importation des produits palestiniens après la réception d’un message du ministre de l’Agriculture de l’AP Sufian Sultan indiquant que la présence sur le marché palestinien de l’agneau élevé au sein de l’Etat juif était à nouveau autorisée.

Les responsables du ministère de l’Agriculture de l’AP ont démenti qu’une décision ait jamais été prise sur l’interdiction de l’agneau.

« Au vu de la notification du ministre palestinien de l’Agriculture qui m’a affirmé autoriser l’entrée libre de l’agneau israélien sur le marché palestinien, j’annule mon ordonnance de blocage de l’entrée en Israël de produits issus de l’Autorité palestinienne », a dit Ariel dans un communiqué.

Le ministre de l’Agriculture, Uri Ariel, pendant la 14e conférence annuelle de Jérusalem du groupe ‘Besheva’, le 12 février 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Peu de temps après la déclaration d’Ariel, le ministre de l’Agriculture de l’AP a également fait savoir qu’il renonçait à son interdiction des importations de fruits, légumes et volailles israéliens.

« Le ministère de l’Agriculture a annoncé la reprise des autorisations d’entrée pour les produits qui étaient autorisés avant jeudi dernier… Après que la partie israélienne a renoncé à sa décision prise au détriment de nos agriculteurs, rouvrant une nouvelle fois ses postes frontaliers aux fruits et légumes palestiniens », a dit le site d’information de l’AP Wafa.

Dans une déclaration faite mercredi dernier, le ministère de l’Agriculture de l’AP avait fait savoir qu’il avait interdit, le 2 décembre, aux bouchers d’acheter de l’agneau auprès d’exportateurs israéliens. Selon le ministère, cette décision avait été prise après que le prix de l’agneau sur le marché palestinien est tombé en-deçà de son coût local de production.

Tareq Abu Laban, directeur de marketing du ministère de l’Agriculture, avait fait savoir que la décision ne concernait que l’agneau que les négociants israéliens font venir de l’étranger – soulignant qu’elle n’avait aucun impact sur la viande produite en Israël. Il avait expliqué que cette décision avait été prise pour des raisons économiques.

« Nous avons pris cette décision après que de nombreux agriculteurs locaux nous ont demandé de mettre un terme aux importations d’agneau. Nous l’avons fait pour protéger nos agriculteurs », avait-il noté mercredi dernier lors d’un entretien par téléphone.

Suzan Odeh, responsable de la communication au sein du ministère de l’Agriculture de l’AP, a répété les propos d’Abu Laban lundi.

Goldenberg, pour sa part, avait démenti les paroles d’Abu Laban et d’Odeh, insistant sur le fait que l’AP avait mis un terme à l’entrée de l’agneau élevé en Israël – et pas seulement issu des importations – sur le marché palestinien.

Elle avait aussi déclaré que « la décision de l’AP d’ordonner aux bouchers palestiniens d’arrêter d’acheter de l’agneau d’Israël » avait contrevenu au protocole de Paris, l’annexe économique comprise dans les Accords d’Oslo qui ont été signés au milieu des années 1990 par Israël et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Goldenberg n’avait pas pu fournir la clause spécifique qui avait été violée par l’AP.

Abu Laban avait également nié que la décision prise par le ministère de l’Agriculture palestinien soit venue contredire les accords passés entre l’Etat Juif et l’AP.

Un fermier palestinien récolte des pastèques dans le sud de la bande de Gaza, le 9 mai 2015. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Les responsables israéliens de la sécurité ont averti Ariel que sa décision pouvait entraîner une escalade des violences contre les Israéliens, avaient déclaré des responsables de la Défense à la chaîne d’information Hadashot, la semaine dernière.

« C’est une décision irresponsable et populiste qui a été prise à partir de considérations purement politiques et au détriment de la sécurité publique, notamment de la sécurité des habitants des implantations », avait dit un responsable de la Défense non-identifié à la chaîne de télévision. « Elle encouragera également les trafics et mènera à une hausse des prix en Israël ».

Goldenberg avait pris la défense de la décision d’Ariel, disant que le ministre ne cherchait qu’à mettre en oeuvre les accords passés entre les Palestiniens et Israël.

L’ancien ministre de l’Agriculture de l’AP, Walid Assaf, avait expliqué que les Palestiniens importent traditionnellement des fruits et des légumes à hauteur d’environ 700 à 800 millions de shekels chaque année, ainsi que 10 millions de shekels de volailles.

« Je pense qu’Israël va connaître des pertes majeures », avait commenté Assaf lors d’un entretien téléphonique.

Abbas Melhem, directeur du syndicat palestinien des agriculteurs, contacté par téléphone, avait dit que les exploitants palestiniens envoyaient environ 207 millions de shekels de produits en Israël, ajoutant que de nombreux secteurs de la Cisjordanie – et en particulier Tubas, Tulkarem et Jénine – s’appuyaient sur ces exportations de fruits et légumes au sein de l’Etat juif.

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